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 Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE -

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Dawn Souless

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MessageSujet: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 6 Nov - 3:28

[ Dans le Dortoir ]

Love letters burn,
romance is lost



    La lettre de Rain. Dawn la relisait pour la quinzième fois, assis sur son lit. Pour ne pas avoir à te parler. Alors c'était pour ça que Dawn n'avait pas pu le trouver. Et rien, dans cette lettre, ne ressemblait de près ou de loin à des excuses. Il devait y avoir une raison. L'adolescent se mordit la lèvre, tandis qu'il découvrait une fois de plus que son frère de cœur l'avait évité tout au long du trajet en train qui les avait menés à Swelty, se dit une fois de plus qu'il devait avoir continué une fois arrivé à l'école. Cela relevait de la malédiction ; on eût dit que le hasard servait le Nasteen. Injuste. Il se revit traverser les compartiments du train, interroger les gens. Ni Rain, ni Evangeline en vue. Soupirs.
    Et, pour la quinzième fois, il passa au paragraphe suivant. Insoutenable. Alors c'était ainsi. Que tout s'était passé. La guerre. Lui avait emmené Eleanor en France, avait échappé aux attentats magiques qui visaient les trains qu'ils avaient pris - comme quoi, la malchance d'Ellie les avait poursuivi à travers le pays - . Mais il n'avait jamais pris part directe aux combats. Rain, si. Pour la quinzième fois, ses doigts serrèrent le parchemin jusqu'à le froisser, et son cœur battit douloureusement. La première fois, il avait éprouvé de la surprise, et une douloureuse appréhension. A présent, et à partir de la dixième lecture, n'avait subsisté qu'une peur amèrement rétrospective. Comme si ce qui avait été écrit pouvait avoir été modifié. Et modifier le cours des choses. Les enfants. Il avait presque, à la découverte de la lettre de Rain, imaginé le fracas de leur course, la voix de Cassandre quand il avait lancé le Sortilège Impardonnable pour les sauver.
    Et puis, surtout, il avait entendu le hurlement de Rain. Il se rappela brusquement Ellie qui s'était plainte, qui voulait absolument aller voir Rain, le retrouver, où qu'il soit, et Dawn qui avait refusé. Par peur de la blesser. Il aurait dû accepter. Il aurait pu, peut-être, protéger Rain, empêcher que cela n'arrive. Espoir vain.
    Il aurait dû accepter. Puisqu'il ignorait la date de la chute de Rain, ce qu'il appelait sa chute, il serait peut-être arrivé après coup, mais il aurait pu rester avec lui à l'hôpital. Il faudrait qu'il aille remercier James. La peur de son frère de cœur lui trouait le ventre. Il se sentait terriblement mal.
    Et puis la lettre était interrompue. Big bro', I miss-, et c'était tout.

    Il replia la lettre, la rangea soigneusement dans le tiroir de sa table de chevet. Et s'allongea sur son lit, ses bras repliés sous sa tête. Et se releva, alla à la fenêtre pour faire entrer un peu d'air frais dans le dortoir. L'atmosphère qui y régnait lui semblait irrespirable. Il demeura quelques instants à la fenêtre, laissa son regard glisser sur le paysage.
    Rain.
    Il s'était méfié, d'abord, de ce Nasteen trop intelligent et trop malsain. Il n'avait pas apprécié qu'il fréquente Eleanor, surtout lorsque la blondinette était revenue vers Dawn en pleurs, un soir d'hiver. Mais il avait commencé à le fréquenter, comme ça. Et puis il s'était attaché à lui. De beaucoup.
    Il se détourna, les lèvres pincées. Après l'abattement venait l'agacement. Quoi, ce type ne voulait même pas lui faire partager sa douleur ? C'est pourtant ce que font les frères, non ? Même les faux frères. Il fallait qu'il se change les idées, ou il partirait une fois de plus à la recherche de son cadet. Il ouvrit son armoire, en grand.
    Des vêtements, des vêtements à perte de vue.




Dernière édition par Dawn Souless le Jeu 19 Mai - 8:09, édité 1 fois
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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 6 Nov - 4:00

    Se cacher n’avait pas été simple. En réalité, Rain aurait sans doute échoué sans l’aide de Leonard. L’agoraphobe semblait connaître le train par cœur et il leur trouvait un nouvel endroit où se réfugier toutes les dix minutes sans le moindre problème. A la base, esquiver Souless n’avait à voir qu’avec l’appréhension. Le fait qu’il n’avait pas la moindre envie de subir le regard triste et inquiet de cet abruti de Nissena. Puis, au fur et à mesure que les jours s’écoulaient, le mensonge commença à creuser son trou au milieu de cette idée. Que dirait donc Dawn après avoir été tant évité, traité comme un moins que rien inutile ? Pourtant, à aucun instant le cadet ne songea à la réaction de son bien-aimé frère de cœur. Sans doute parce qu’il savait que l’absolution lui serait accordée sans attente. Et sans raison également. Son rôle était celui de la victime par rapport à la guerre et de bourreau envers son ami. Les changements d’humeur de ce dernier ne lui faisaient plus rien à force. Si la colère venait, elle disparaîtrait après un moment. Un peu comme avec un autre individu qu’il connaissait. Assis sur son lit, dans le dortoir des quatrième années de Nasteen, le garçon jouait aux échecs sorciers avec First. Qui devenait de plus en plus redoutable par ailleurs. Le génie, de son côté, ne pouvait pas tricher comme il avait l’habitude de le faire aux cartes et cela l’agaçait. Le fait de perdre, de ne pas contrôler la situation. Pourtant, il fut le gagnant ce jour-là. Sans doute parce que son camarade n’était pas encore à son niveau. Les deux adolescents comprirent d’un regard échangé qu’ils avaient déjà passé assez de temps ensemble comme ça pour la journée et chacun retourna à ses activités. Lulu se perdit dans un devoir d’Histoire de la Magie qui traitait d’un sujet totalement endormant tandis que Clound était occupé à dévaliser son armoire.

    Généralement, son habitude était de prendre des habits à ses camarades lorsqu’il en manquait. Mais, puisqu’il ne parlait plus à sa source principale de hauts, la situation était critique. Visiblement, pendant que son frère se morfondait, lui vivait des drames à une échelle bien différente. Décidant d’utiliser ses goûts naturels, parfois franchement douteux, le jeune garçon décida de prendre ce qui lui passait sous la main. Il vira donc son uniforme pour se changer et, lorsque Leonard lui ordonna de se changer ailleurs, le génie lui tira la langue. Si l’autre était choqué, il n’avait qu’à aller voir ailleurs après tout. Et ailleurs se trouva ici être le parchemin sur lequel il écrivait. Un haut vert vif. Urg, son petit frère, même coincé en Angleterre, ne cesserait jamais de lui causer des problèmes. Il balança le morceau de tissu au fond de l’armoire et choppa une chemise bleue pâle qu’il enfila sans se poser de questions. Ceci avec un short noir un peu usé et un collant blanc en dessous avec des motifs d’étoiles. Sans compter la cravate violacée de Nasteen. Et… Les baskets. Urg. On ne frisait pas le mauvais goût. On s’y noyait. Et, très content de lui, le sale gosse ajouta une barrette violette dans sa chevelure. Et l’air effaré de First était simplement la preuve que ce dernier ne s’y connaissait absolument pas. En tout cas, c’est ce que Rain se força à croire.

    Bon, puisqu’il était habillé sublimement, la mission pouvait commencer. Ce jour-là, elle consistait à une visite éclair dans l’armoire de Souless et d’un embarquement de tout ce qui lui plaisait niveau hauts. Vous me demandez si notre cher Nasteen avait le moindre scrupule ? Bien sûr que non, voyons. Pas le moindre. Simplement, la présence de Dawn n’était pas prévue au programme. Cela, évidement, le gamin ne s’en rendit compte que bien trop tard. Son corps se retrouva figé lorsque son champ de vision, entouré par ses lunettes et la poudre médicale rouge habituelle, entra en contact avec une masse flamboyante bien connue. Demi-tour. Demi-tour. L’information est bien arrivée au cerveau mais ce dernier ne la prendra pas en compte, passez une bonne journée.

    L’individu aux goûts vestimentaires douteux songea qu’avec de la chance, Souless ne le verrait pas. Bien sûr, ce fut à cet instant qu’un autre élève du dortoir entra pour prendre un truc, en moins que cinq secondes, et qu’il trouva le moyen de les saluer tous les deux. A voix haute. Bon. Et dire que Rain se croyait sauvé. Son visage afficha une mine un brin inquiète. Pitié, que Dawn ne se tourne pas vers lui.


Dernière édition par Rain Clound le Sam 20 Nov - 7:23, édité 1 fois
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 6 Nov - 7:04

    La baguette magique, un instrument si pratique. Tout comme la parole, n'est-ce pas. Lorsque l'on réunissait et les deux, et si l'on ne maîtrisait pas les sortilèges informulés, il suffisait d'un instant pour exaucer presque tous ses désirs. Accio Rain. Raté. Quoi que pas tant que ça, mais notre joli rouquin l'ignorait encore. La seule vision de son armoire suffit à lui faire oublier son frère de cœur. A superficiel, superficiel et demi. Et Dawn, en plus d'être superficiel, était doté un goût fort sûr. Contrairement à un petit génie binoclard de notre connaissance. Mais reprenons.
    Devant Dawn, donc, Narnia. Le Narnia des vêtements. Mais encore fallait-il dévoiler ce monde caché aux yeux des humbles mortels qui ne pouvaient avoir accès à ce paradis de tissu.

    "Aparecium !"

    Il avait testé cette formule après avoir fait disparaître ses vêtements. Et n'avoir pas pu les retrouver. Il pensait auparavant que la formule ne fonctionnait que pour l'encre invisible et ce genre de chose, mais visiblement, elle marchait aussi pour les objets. Tant mieux, bien entendu.
    Donc, la formule eut pour effet de démultiplier la profondeur de l'armoire. Il y avait même une petite allée entre les deux côtés, qui permettait à Dawn d'avancer, entrant littéralement dans son armoire, et de fouiller dans les différents rayonnages qui s'articulaient comme une haie.
    Détail qui mérite d'être précisé : il avait révélé le secret à Rain.
    Ces derniers temps, ses fringues recommençaient à disparaître. Et il n'y avait QUE Rain qui puisse faire un coup comme ça. Seul lui était assez agaçant pour lui piquer des vêtements - et des noirs et bleus, en plus. Et puis des pulls trop grands. - et ne pas laisser de mot de remerciement ou d'explication.
    Seul lui l'évitait assez.
    L'énervement, car ce n'était pas de la colère, le reprit. Il s'exclama, tout seul dans son placard façon Narnia :

    "Merlin, si je l'attrape, je lui... Je lui..."

    La seule suite qui lui vint à l'esprit fut arracherai ses vêtements. Un rien tendancieux, ne lui en voulez pas, il n'avait pas du tout ce genre de chose en tête. Vraiment. Il voulait juste récupérer ses précieuses hardes.
    Mais il put, au prix d'un effort inconsidéré, reprendre sa concentration. Voilà ce qu'il lui fallait. Un pull. A sa taille, de laine, aux mailles larges qui laisseraient voir la blancheur de la peau de notre bel éphèbe. Un pull oversize, comme dirait l'autre. Et, hm, ce jean ajusté, un peu troué. Tout juste. Et porté avec des rangers ou des chaussures du genre, un peu montantes, ce serait parfait.
    Il ressortit, les portes-manteaux à bout de bras, s'évertua, toujours dos à l'entrée du Dortoir, à refermer la porte et à marmonner à voix basse la formule qu'il utilisait pour cacher son trésor.
    Entreprise ardue s'il en est. Il s'agissait de tenir sa baguette magique en même temps que trois cintres et une paire de bottes encore dans sa boîte. Il allait essayer pour la troisième fois de pointer sa baguette vers le bon endroit, quand il entendit une voix joyeuse.

    "Salut Rain ! Salut Dawn !"

    Et Dawn de répondre, fort occupé :

    "Salut !"

    Et de réaliser, tout à coup, qu'il y avait un problème. Rain était muet. Il le savait, cela, il l'avait lu dans la lettre. Et puis, aussi, il l'avait entendu dire. Les nouvelles allaient vite à Swelty. Et il savait aussi qu'avec le psychologue, bref, penser à cela allait encore l'énerver. Mais Rain étant muet, comment faisait-il pour prononcer la formule d'apparition de l'Armoire ? A moins qu'il n'ait encore progressé et qu'il ne maîtrise les sortilèges informulés. Ce gamin était désespérant.

    ...

    Salut Rain ? Rain ?

    "Rain ?"

    Rain, en effet. Dawn venait de se retourner, et contemplait à présent un Rain terriblement mal habillé. Sur le moment, le détail ne le frappa pas, quoiqu'il se fût irrémédiablement inscrit dans son subconscient. Rain mal habillé ! Mais revenons à l'essentiel ; Rain était là. Il marcha vers lui, surpris. Puis la seule chose qu'il trouva à dire fut étrangement idiote.

    "Tu ne m'évites plus ?"

    C'était bien Rain. Rain. Qui avait traversé la guerre et dont il n'entendrait pas la voix. L'agacement, l'énervement, la futilité, la joie, tout cela s'évapora en une seconde. Son regard se teinta de tristesse. De soulagement aussi, à peine. Un sourire.
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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 6 Nov - 9:24

    Vous croyez vraiment que quelqu’un qui ne peut pas parler et qui est aussi malin n’est pas capable de trouver un moyen de détourner le piège posé par son frère de cœur protéger ses affaires. Et accessoirement les faire tenir à l’intérieur. Quelle hérésie. Il est évident que le sale gosse qui ne vaut rien en magie pratique a été aidé. Par un être guère plus doué que lui dans le domaine mais qui lui devait un service. Jouer les coursiers n’est pas franchement la passion de Rain. Alors il s’est servi de son ami en échange. L’entraînant dans le dortoir du Nissena sans se soucier de ses protestations. Le plan est toujours le même, puisque l’on ne change pas une équipe qui gagne. Il faut attendre que Souless descende prendre son petit déjeuner. Alors l’on entre. La baguette du Nasteen aux yeux violacées est utilisée pour ouvrir la route vers Narnia. Le monde magique de l’armoire étant presque totalement recouvert par des vêtements et des chaussures, il est difficile d’y entrer ou d’en sortir mais après quelques semaines, l’habitude remplace le côté pénible. Au début, des gens les arrêtent, juste par curiosité. Que font ces gamins à l’air innocent avec de grandes piles de vêtements. Et les deux jeunes gens un brin mauvais mentent, l’un en silence, l’autre à voix haute. Qu’il est beau de voir la jeunesse soutenir les elfes de maison dans leur dur labeur en allant nettoyer du linge eux-mêmes. La bêtise des plus grands les sidère. Ils gardent le silence en continuant leur chemin sans rien ajouter.

    Quelques écharpes blanches se sont ajoutées à la celles du plus âgé. Tandis que son cadet ayant un an d’avance a entassé le reste de ce qu’ils ont emprunté de façon momentanée dans la sienne. Un pull en cachemire a cependant été sérieusement blessé, écrasé par d’autres affaires, des chaussures surtout. En le trouvant, le gamin a été un brin ennuyé. Puis, la victime a été étouffée derrière d’autres. Les preuves disparues, il n’y a plus personne pour l’accuser. Et aucun être sain d’esprit ne chercherait le cadavre sous une pile de pyjamas. C’est ainsi que la situation est vue par les yeux bleutés en tout cas. Quand à l’histoire des sortilèges informulés, il faut prendre en compte le fait que aucun des deux Nasteen n’était capable de lancer ceux qu’il devrait savoir de façon parfaite. Certains étaient même carrément ratés. Rain se consolait cependant par la dispense obtenue grâce à son mutisme et qui le dispensait de toute pratique avec une baguette. Un grand soulagement pour celui qui n’arrivait à trouver de l’intérêt que dans ses lectures.

    Dawn. Souless. Cet idiot qui ressemblait à un majordome débordé devant apporter dans la seconde des tenues à un maître arrogant et agaçant. Le corps du garçon resta immobile à observer le second se débattre avec ce qui l’encombrait tout en tentant, vainement, de lancer le sort qui permettrait de tout arrêter. Cela était ridicule. Comme à chaque fois avec celui qui exagérait tout et qui était incapable de rester constant. Qu’apportait le changement de plus que la stabilité ? Rain ne le comprenait pas. Pourtant, l’esprit de son cher frère de cœur semblait toujours moins encombré que le sien. Une pointe de jalousie se dessina dans son cœur à cette pensée. Ce n’était pas comme s’il était en mesure de le formuler de toute manière. Peut-être que le flamboyant allait chuter. Son corps se retrouverait écrasé sous une pile de vêtements. Quelle fin horrible et hilarante. Non, rien n’était drôle là dedans. Plus rien ne le serait jamais. Le rire était mort, les plaisanteries se faisaient lourdes et seuls les hurlements résonnaient, encore et encore.

    La vision des yeux qui oscillaient entre le bleu et le vert le troubla un instant. C’était comme se noyer et être tiré de l’eau en même temps. Un sentiment si difficile à exprimer. Alors il le laissa approcher. Comme pour accueillir la colère, qui ne durerait pas, il le savait. Jamais son aîné ne pouvait rester trop longtemps en colère, surtout pas contre son petit frère. Quel terme dénué de sens. Ils n’avaient rien en commun ou presque. Les mots lui auraient arrachés un sourire hautain quelques mois plus tôt. C’est comme un jeu. Tu m’as trouvé. Que vas-tu faire avec le prix de ta victoire ?

    Le silence resta. La tête du plus jeune fit un lent mouvement de droite à gauche. Non, l’ignorer n’était plus ce qu’il souhaitait faire. A présent, tout semblait si simple et compliqué à la fois. Trop d’incertitudes, de sentiments qui devaient restés enfouis, loin. Le dortoir était dénué de présence autre qu’eux. Aucun témoin, aucun rire moqueur. Juste… Qu’est-ce qui restait d’abord ? Lentement, Clound fit un pas en avant, puis il posa son front contre le torse du plus âgé, tout en soupirant, sans émettre le moindre son. Je suis rentré. Tu m’as manqué.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 6 Nov - 11:21

    Le prix de sa victoire. Non. Ce n'était pas une victoire. Un échec, une cuisante défaite. Rain ne parlait pas, Rain le considérait avec ce silence hurlant, avec ces yeux défiants. Dawn, d'un geste presque soigneux, déposant les cintres et la boîte à chaussures sur son lit. Il y eut un moment de silence, ce silence qui resterait, et puis d'immobilité surtout. Enfin, un mouvement. Non.
    La poitrine de Dawn se souleva, légèrement, s'abaissa. Un soupir de soulagement, peut-être, à peine esquissé. Il tendit les bras au moment juste où Rain faisait un pas vers lui. Et le reçut contre son torse.
    Ses bras, lentement, se refermèrent autour de son frère de cœur. Sans trop l'étreindre, d'abord, puis en se resserrant plus autour de lui. Il baissa la tête ; sa joue contre la tempe de Rain.
    Il resta longtemps comme ça, dans l'immobilité parfaite de Rain. Ferma les yeux. Le corps frêle contre lui, le souffle qu'il sentait, mesuré, lent. Dawn tremblait un peu, comme s'il avait peur de briser cet être si fragile qui s'en remettait enfin à lui. L'une de ses mains se leva, abandonnant l'autre dans le dos de son cadet, effleura timidement les cheveux noirs, puis s'y enfouit, y demeura. Il appuya la tête du garçon contre son épaule, rageusement. Avec toujours, pourtant, cette douceur un peu apeurée.

    "Tu m'as manqué aussi, Rain."

    Non qu'il lise dans les pensées de qui que ce soit - la legilimencie était encore pour lui un art mystérieux. Dont, d'ailleurs, il n'avait même pas encore entendu parler. Il se rappelait juste, instinctivement, le bout de parchemin plié et soigneusement rangé dans le tiroir clos, à côté de son lit. Il se revit, fugacement, se réveiller la nuit, murmurer Lumos et fouiller dans le tiroir, déplier le papier déjà froisser et relire les mots, s'attarder sur les derniers, inachevés. Il imaginait alors, toujours, la scène, se mordait les lèvres et serrait les poings jusqu'à saigner, fermait les yeux en frissonnant. Les yeux meurtris de Rain. Sa gorge se nouait tandis qu'il s'imaginait ceci, précisément, cette scène de retrouvailles durant laquelle il n'entendrait pas la voix de son frère.
    Son cœur battit douloureusement. Il serra un peu plus Rain contre lui, le prit par les épaules, l'écarta de lui. Son regard clair flamboyait de colère.

    "Pourquoi tu ne m'as pas dit où tu étais ? J'aurais pu venir ! J'aurais pu ne pas te laisser seul !"

    Mensonge. Il n'osa pas détourner les yeux. Le laisser seul... Il l'avait fait dès le début. Il n'aurait pas dû. Mais s'il n'avait pas emmené Mademoiselle en France, que serait-il arrivé à la fillette, si petite ? Elle serait restée avec eux ? Alors que Cody se battait, qu'Elena ramenait des malades et des blessés, qu'ils avaient trouvé l'appartement dévasté à leur retour ? Il n'imaginait pas la petite tête blonde immobile, sans vie.
    Tout comme il n'avait pas imaginé Rain pris dans les combats.
    La guerre est une bien affreuse chose, n'est-ce pas ?
    Cela lui fit mal. Il secoua légèrement Rain - légèrement bien sûr, sans le blesser, sans le transformer en prunier non plus, si je puis me permettre cet écart de genre -.

    "Pourquoi tu m'as évité ?"

    Oh, il était capable de comprendre sans même obtenir de réponse. Question rhétorique. Il l'attira à lui, de nouveau. Sa gorge était nouée. Plus de trace de colère.

    "Pardon. Je te crie dessus" - exagération notoire - "alors qu'on vient de se revoir. Et que tu m'as manqué. Énormément manqué. Et que tu as fait la guerre... Lil' bro."

    La guerre. Il aurait voulu effacer ses horreurs de l'esprit de son frère de cœur. Il s'écarta de lui, avec douceur, glissa sa main sur sa joue, lentement. Dans ses yeux, plus de tristesse. La joie si douce de le retrouver. Il se pencha vers lui pour déposer ses lèvres sur les siennes, un instant.

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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 6 Nov - 21:47

    L’ennemi était partout. Toute personne dont le visage était caché par une cape lui inspirait une sensation de froid intense qui traversait ses veines. Son frère de cœur n’était peut-être qu’une illusion destinée à le piéger après tout. Le calme revint cependant, de façon mitigée, dans son esprit, après un instant. S’approcher n’allait pas lui attirer de problèmes. Le contact avec son aîné lui manquait. Même si le gamin n’appréciait guère d’être dans les bras de quelqu’un, là c’était une situation où aucune autre alternative n’existait. La fragilité de son frère de cœur le troubla quelques secondes. Il avait oublié que l’autre, même en étant plus grand était gracile tout autant que sublime. Le léger tremblement qui traversait son corps, par exemple, le fit se blottir un peu plus contre lui, comme s’il n’était pas celui qui souhaitait être rassuré. Cela ruinait un brin sa réputation de sale type mais qu’importe. Dawn le connaissait mieux que la majorité des gens. L’on pouvait même aller jusqu’à affirmer que seul son jumeau avait un contact plus fort avec lui. Les mots étaient réconfortants. Même si cela était plus une évidence qu’autre chose. En écrivant la lettre, il s’était rendu compte que dire la vérité était difficile. Et, juste avant de réduire le courrier non terminé en morceaux qui auraient connu une fin tragique dans la cheminée de la salle commune, il alla l’envoyer, comme pour s’en débarrasser. Sauf qu’avouer ce qu’il avait ressentit ne l’aidait pas le moins du monde à aller mieux.

    Le moment cessa. La petite bulle de paix et de calme, l’oasis de l’absolution, se brisa d’un seul coup. Lorsque le frêle gamin fut écarté pour que l’autre puisse mieux s’adresser à lui. Son regard, entouré de rouge et caché par ses lunettes, devint immédiatement plus dur, avec un soupçon d’orage à l’intérieur. Il aurait pu. Rain savait qu’il aurait été dans l’incapacité de le faire. C’était une évidence. Ce fut pour cela que sa tête se tourna de gauche à droite, d’une façon étrangement lente. Dawn ne devait pas se faire du mal en tentant d’imaginer un univers alternatif où tout le monde serait encore là, entier et heureux. Se faire secouer ne lui fit pas le moins du monde plaisir et il manqua de s’écarter, avec violence. Cependant, son frère de cœur se calma assez rapidement et le génie réajusta ses binocles en lui adressant un regard encore plus noir que le précédent.

    Une étreinte, de nouveau. Le côté guimauve de son cher ami lui avait échappé. Malheureusement. C’était sans doute aussi un brin pour éviter cette partie là de la personnalité de son vis-à-vis qu’il avait préféré rester dans son coin, avec comme seule compagnie celle de First et de Sullivan. Quoique les regarder se battre ne l’amusait plus tant que ça après quelques heures. Les combats. La guerre. Dawn se trompait. Ceux qui font la guerre sont les soldats entraînés, qui savent ce qui les attend. Les enfants au milieu de tout cela ne sont que des victimes. Des témoins de leur propre malchance qui ne peuvent rien faire pour améliorer leur sort. Une bataille avait déjà fait assez de dégâts comme ça. Pas besoin d’avoir été un combattant. D’ailleurs, à aucun moment le garçon n’avait utilisé sa baguette dans le combat. Ce qui n’avait pas empêchée cette dernière de se casser à moitié durant sa chute. Bah, ce n’était pas comme s’il en avait encore besoin après tout.

    Son esprit était perdu dans ses souvenirs lorsque les lèvres de Souless touchèrent les siennes. Le mordre lui vient immédiatement à l’esprit mais le temps lui manqua comme le geste ne dura qu’un instant. Alors, le génie lui donna un coup de poing, assez léger, dans l’épaule, tout en soupirant. Son air redevint moins colérique après cela et il alla s’asseoir sur le lit de son frère. Des phrases apparaissaient dans sa tête, pour disparaître dès qu’elles touchaient sa gorge. Et l’autre ne pouvait sans doute pas lire sur les lèvres. La solution qu’il trouva lui vint d’une façon étrange. Peut-être parce qu’elle venait d’un livre moldu lu récemment. Sans qu’il ne se lève, ses doigts se tendirent et attrapèrent la main de son amant. Lentement, la main gauche de Rain commença à tracer des lettres dans la paume de son aîné, tout en prenant du temps pour qu’il comprenne bien ce qu’il tentait de lui dire. Dawn était assez sensible au niveau de son épiderme donc cela marcherait peut-être.

    Shut up.

    La guerre, c’était bien la dernière chose dont il avait envie de parler à cet instant. D’autres sujets de monologue existait sans nul doute pour que le Nissena puisse s’exprimer sans embêter son cadet. Comme sa sublime tenue des plus classes par exemple. Quoique le garçon n’avait pas franchement envie de se faire renier pour mauvais goût vestimentaire. Bien que, à ses yeux, il était magnifiquement bien habillé.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Dim 7 Nov - 1:09

    Ses lèvres frémirent, et un léger sourire se glissa sur son visage. Connaissant un rien les manies de Rain, Dawn n'avait pas laissé ses lèvres s'attarder sur celles de son cadet. Non qu'il ait l'habitude de les embrasser, n'est-ce pas. Ce n'était après tout pas comme si la bouche de Clound était des plus attirantes, fines et pourtant charnues, toujours agressives et parfois si tendres, ce n'était pas comme si mêler sa salive à la sienne était l'un de ses passe-temps favoris, ni comme si ses baisers étaient différents de ceux des autres. Rain était bien jeune.
    Et pourtant, l'on n'aurait pas dit. Il semblait à la fois plus fragile et puis adulte que la moitié des élèves de cette école. Sans doute un vague syndrome du chevalier secourable, n'est-ce pas. Dawnie ne résistait jamais aux jolies demoiselles en détresse. Non que Rain soit à proprement parler une demoiselle. Malgré la beauté de ses traits, malgré, stop, passons.
    Donc, le rouquin s'attendait à être mordu. Évidemment. Quiconque s'emparait des lèvres du farouche Nasteen devait s'y attendre. Il s'écarta donc, un petit rire à la bouche, le laissa s'asseoir sur son lit.

    Le geste le surprit. Il lui laissa sa main, sans comprendre ce que l'autre allait faire. La méthode qui allait être adoptée lui était encore étrangère, en fait. Les sourcils légèrement haussés, il passa sa main libre dans ses cheveux à la couleur flamboyante, les ébouriffant encore un peu plus. Visiblement perplexe.
    Les doigts qui effleuraient sa paume, dessinaient une forme qu'il connaissait. Une ondulation, une vague ? Pourquoi une vague ? Et verticale, avec ça. Hm. Il fixa son regard sur le visage concentré de Rain, puis comprit. Ah... La lettre suivante était un H.
    Shut up.

    Hm. Il lui avait fallu se concentrer sur les lettres, éviter de penser aux frissons qui remontaient le long de son bras. Dawnie, sensible aux chatouilles ? Du tout, ne vous avisez certainement pas d'essayer. Sans être excellent en cours, il a tout de même un ou deux maléfices dans sa manche. Avec un imperceptible hochement de tête, il accepta. Tant pis. Il lui demandera ce qu'il avait fait cette année, comment allait Leonard, et puis Cassandre aussi. Cassandre qui, s'il avait bien compris, était l'un des rares amis d'Elena. Un ami d'Elena... Cette proposition semblait tellement incongrue. L'idée que l'Indienne, incroyablement belle et incommensurablement fascinante, puisse avoir des amis, puisse être humaine, était assez incroyable. Enfin. Il ouvrit la bouche, reculant un peu pour croiser les bras. Il rabaissa les yeux vers Rain pour lui parler à nouveau.

    "Tu..."

    Et ses bras retombèrent, ballants, le long de son corps. Ses lèvres s'ouvrirent légèrement, ses yeux s'agrandirent. Il resta figé, abasourdi, tout son être exprimant une stupeur et une horreur indicible.

    "R-Rain... Lève-toi, s'il-te-plaît..."

    Sa voix vacilla, il porta sa paume à son front. Peut-être était-il fiévreux, peut-être voyait-il mal, peut-être devait-il prendre du repos. Ce n'était peut-être, sans doute, que pure hallucination de sa part. Il fallait que ce ne soit que pure hallucination. Il lui sembla que sa raison frissonnait, prête à s'enfuir pour éviter le choc. Mais il était trop tard. Ses prunelles avaient vu, l'information avait été transmise de la cornée jusqu'au cerveau, et il en demeurait muet, lui aussi, dans un état léthargique proche de la Stupéfixion. Peut-être était-ce d'ailleurs cela ! Peut-être un élève était-il arrivé derrière lui et l'avait-il stupéfixé. Sinon, comment expliquer autrement la vision d'horreur qui s'imposait à lui, dans un brouillard de bien mauvais augure ?
    Il tendit la main, dans un élan de courage, la laissa retomber.

    "Rain... Tu... Tu as..."

    Dawn frissonna, avala difficilement sa salive. Ses pupilles étaient dilatées par le dégoût, ses narines frémissaient.

    "Rain, tu portes un collant à étoiles."

    Il fut réduit au silence, incapable de faire sortir un mot de plus de sa gorge nouée. Son regard se détacha des jambes - outre cela magnifiques - de l'adolescent, remonta lentement. Il ne pensa même pas à s'arrêter sur les hanches. Il lui fallait vérifier. Le reste. Aussitôt. Ne pas laisser cela perdurer. Le short était noir, un peu usé. Cela allait. Relativement. Un soupir de soulagement gonfla sa poitrine, prêt à jaillir si le reste demeurait aussi raisonnable. Mais non. Sur la chemise bleue - qui aurait pu, au demeurant, être regardable -, une cravate aux couleurs de Nasteen. Violette.
    Son soupir se défila comme un ballon de baudruche.


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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Jeu 11 Nov - 0:00

    La première fois qu’une paire de lèvres s’était posée sur les siennes pour un baiser, ce n’était point avec Dawn. Son frère jumeau avait été une victime parfaite. Et puis, la simple idée de partager quelque chose d’aussi important avec un autre être leur tordait le cœur. Un brin de romantisme en ce bas monde. L’échange avait été maladroit. Leurs visages s’étaient cognés et les dents du cadet avaient mordu la langue de son frère, sous le choc. Cela n’avait cependant été qu’un détail face à l’arrivée de leur mère dans la pièce. L’idée de s’écarter l’un ne l’autre ne leur vint qu’après. Trop tard en fait. Le rire, si spécial, dont Rain a d’ailleurs hérité, de leur charmante génitrice résonna dans la pièce quelques secondes plus tard, tandis que les sangsues s’étaient enfin séparées. Une dizaine de minutes fut nécessaire pour calmer leur mère, qui, visiblement, était partie dans un fou rire des plus étranges. Ce qui, au demeurant, ne choqua pas tant que ça sa progéniture. Après tout, ils avaient des gênes communs. Tout cela pour dire qu’elle leur expliqua, sur son ton habituel un brin froid et amusé, qui avait tendance à être parfait pour chasser les gens qui venaient leur vendre des choses, qu’ils manquaient visiblement d’expérience. Et, de façon totalement calculée, elle leur conseilla de s’entraîner pour frôler la perfection en prévision du prochain bal organisé par sa charmante sœur. Histoire d’encore plus se faire mal voir et d’être critiquée allégrement à cause du comportement de ses fils. Il n’y avait rien de plus savoureux pour Larssina Clound que d’être vue comme une personne étrange dont il fallait se méfier. Pour conclure cette charmante anecdote, j’aimerais ajouter que les jumeaux ne se sont pas embrassés au bal.

    Dawn. Ce charmant jeune homme, aux traits de garçon androgyne, avait été le second baiser. Plus violent. D’une saveur différente. Un soupçon de pêche et d’innocence. Son frère de cœur était un cas à part. Capable de le comprendre presque aussi bien que le faisait Azel. Jusqu’à un certain point en tout cas. Il était évident que le lien entre les jumeaux restait supérieur à tout autre.

    La surprise de son aîné le tira un peu de sa rêverie au sujet de son premier baiser. Qui était terriblement baveux dans ses souvenirs. A certains instants, celui dont l’esprit virevoltait sans jamais se poser avait des émotions étranges, qui ne semblaient pas s’accorder à la situation. Ainsi, son état actuel paraissait décalé par rapport au calme qui régnait entre eux quelques secondes plus tôt. Et la source du trouble du Nissena lui échappait totalement, pour une fois. Sans être capable de protester, ses lèvres s’écartèrent d’ailleurs pour se refermer aussitôt, le corps frêle se leva et il tourna sur lui-même, comme pour faire admirer sa tenue à celui qu’il considérait comme la seconde personne la plus importante à son existence.

    Le tissu blanc étoilé qui collait à ses jambes appartenait à son frère, qui n’avait pas franchement les mêmes goûts vestimentaires que Rain. Le Nasteen trouvait cependant la pièce de vêtement des plus adaptées à la situation et sa tête effectua un mouvement de haut en bas qui fut sans doute comme un marteau échappé sur le crâne de son flamboyant vis-à-vis. Eclat de fierté dans son regard bleuté tandis qu’il retournait s’asseoir sur le lit. Ses doigts fins accrochèrent le poignet de Dawn, puis sa paume et il inscrivit une question, en la rendant aussi simple que possible pour la raccourcir. Est-ce que son frère de cœur aimait sa tenue ? Il n’attendit même pas sa réponse pour le lâcher

    Nul doute que Dawn abhorrait tout ce qui la composait. Cela n’empêchait cependant point le gamin de s’accrocher à son bon goût qui ne l’était pas et à son sale caractère habituel. Celui qui avait raison resterait sa propre personne et aucun autre. Ses chaussures furent retirées, lui permettant de s’allonger sur le lit, son dos se reposant contre le matelas si doux. Profitant du choc de celui qui avait l’air d’un poisson qui vous fixait dans un aquarium, Rain songea qu’il avait vraiment impressionné son frère de cœur au vu de la surprise qu’il affichait. L’ombre d’un sourire se dessina sur ses lèvres. Le fait d’avoir été bien vu par celui qui lui servait de réserve de vêtements lui plaisait. Ses yeux dévièrent, enfin, vers le pauvre garçon en état de choc. Hm, quelque chose n’allait peut-être pas. Si ça se trouve, Souless avait réalisé le décès d’un de ses pulls en cachemire. Un soupir échappa au cadet qui lui lança un regard interrogateur. Un problème grand-frère ?

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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 13 Nov - 7:02



    Tout cela n'allait pas. Du tout. La pâleur du visage de Dawn touchait au sublime. Un ange de marbre, un ange figé dans une douleur inextinguible. On l'eût cru banni du jardin d'Eden, ou chassé de la maison de ses pères, condamné à errer de ville en ville, à voir l'œil d'un dieu en sa tombe le fixer encore et encore. Oui, l'œil était dans la tombe et regardait Dawn. Oui, Dawn, oui, assassin ! Dawn allait assassiner l'estime de Rain pour ses vêtements. Il se sentait déjà coupable. Déjà, oui, parce qu'il voyait son jeune frère de cœur tourner sur lui-même avec une grâce indéniable, son regard dénué de toute honte, fier presque, orgueilleux même. Dawn aurait voulu tomber à genoux, se flageller avec ses cordes nouées de soie - parce que bon, de la vraie corde, faut quand même pas abuser -, réciter des Merlin Noster. Tout cela n'allait pas du tout.

    Mais enfin, il n'était pas en Sixième Année, ni même à Nissena, pour rien. Dawn, en effet, n'aimait pas blesser, et cela se ressentait souvent. Comme par exemple lorsqu'il quittait une demoiselle au moyen d'une lettre et non face à face. Ou alors lorsque, désemparé, il regardait ladite demoiselle pleurer et, soudain, lui désignait, avec un goût parfaitement sûr de chasseur de prime, un garçon superbe qui passait par là. Celui-là, il le lui réserverait, c'était promis, nul et nulle autre n'y toucherait. Sinon elle, elle qui ne méritait que la perfection, l'étoile dont il avait été le ver de terre. Il obtenait des rires parfois, dans les bons jours, de tristes sourires dans les pires. Des gifles aux périodes intermédiaires.

    Mais il était toujours sincère. Et en Sixième Année, comme je l'ai dit : à l'âge, donc, de prendre ses responsabilités. Ou presque. La veille, il avait encore congédié sa dernière conquête par chouette interposée. Mais passons. C'était cette sincérité qui le prenait à la gorge. Que fallait-il faire ? Avouer à Rain que, si lui était d'une magnificence à toute épreuve et si Dawn mourait d'envie de lui sauter dessus dans ses rêves les plus fous - ou presque. Mais ne revenons pas sur ce sujet. Dawnie se mettrait à déprimer. -, ses habits du jour étaient hideux ?

    "Rain..."

    Il s'approcha, glissa ses doigts sur sa joue, doucement. Rien de feint, ni d'embarrassé dans ce geste. Un rire passa sur ses lèvres.
    Rain Clound lui était infiniment précieux. Lorsque le Nasteen lui avait accordé sa confiance, il n'avait pas pu la refuser. Parce qu'il la désirait - comment ça, le désirait ? - et que, après s'être soucié de lui simplement pour la sécurité d'Ellie, il s'était attaché à lui. L'un de ses plus grands regrets était de n'avoir pas été là quand il l'aurait fallu. Il ne s'éloignerait plus jamais, tant que Rain voudrait de lui à ses côtés.
    Le rire se mua en sourire très tendre.

    "Ce que tu portes ne te mets pas du tout en valeur."

    Et il l'avait dit sans y penser ! Presque. Rien n'est mieux que le naturel. D'amour mourir, mourir d'amour.
    En un sens, ce n'était pas juste. Cette façon qu'avait Dawn de tourner les choses de la façon la plus délicieuse possible. Hormis quelques autres privilégiés, peu avaient ce don. Son soupir fut doux, et il s'assit près de lui. En fait, à bien y réfléchir, pas un mot de ce qu'il avait dit n'était faux. Et il le pensait parfaitement. C'était même la première chose qui avait effleuré son esprit passé la surprise et la joie de le revoir. Cela ne le mettait pas en valeur ; une regrettable erreur, rien de plus. Le bout de son index caressa la cravate violette, doucement, puis les boutons de la chemise. Sans volonté sensuelle, en fait. Son regard se chargea du reste ; il faut croire qu'il restait un rien de pudeur à notre joli angelot.
    Il le releva, le prit par la main pour le faire l'imiter. Et lui sourit.

    "Quitte à emprunter des vêtements dans mon placard... Si je suis là, ça ne change pas grand-chose !?"

    Alors non, c'est faux, je tiens à le préciser. Dawn n'est pas un garçon superficiel.


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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Mer 17 Nov - 23:38

    La vérité n’était point l’alliée du Nasteen. Une absence de sincérité était parfaitement visible dans son regard une majorité du temps. Cela ne s’inversait que lorsque blesser devenait gracieux et adapté à la situation. La valse des mots et des coups d’œil qui s’échangeaient ne prenait de valeur que lorsque la méchanceté devenait jeu. Cela arrivait parfois au garçon avec Leonard. L’estime de lui-même que possédait son ami valait le détour. Et il était succulent de tenter de la détruire de temps à autres. Ce n’était pas comme si le second Nasteen ne lui rendait pas la pareille lorsqu’il était de mauvaise humeur. Le meilleur restait cependant le dernier membre de leur trio, qui, par son apathie invivable était capable de leur rabattre leur clapet ou de leur faire détourner le regard en un instant. Il n’y avait jamais honte ou gêne chez celui qui avait la chevelure carmin. Une injustice plutôt agaçante. Faire pleurer Souless, à l’inverse, le détruire lentement, n’aurait sans doute rien de si compliqué, si l’on excluait du schéma ses changements d’humeur insupportables. Étrangement, ce n’était pas ce que désirait Rain. Peut-être parce que les Nissenas n’étaient pas liés à la noirceur. Ce qui était un soulagement en un sens.

    Telles les larmes du phénix qui soignent n’importe quelle blessure, la présence du plus âgé réduisait les plis de son esprits et les morceaux qui avaient autrefois composés son cœur essayaient de se remettre, lentement mais sûrement. Les doigts tièdes sur sa joue glacée lui donnèrent envie de fermer les yeux. De savourer l’échange, précieux. Il n’en fit rien, écoutant simplement les paroles de son frère de cœur. Rain avait cette impression, une fois de plus. Celle que ce qu’il faisait n’allait jamais. Que chaque petite erreur devenait énorme. Dawn s’adressait à lui comme s’il n’était qu’un môme qui se serait habillé avec les habits de ses parents et qui aurait juste l’air ridicule. Voir adorable. Mais ridicule tout de même. Le colérique Nasteen n’aimait pas ce type d’idée. Il abhorrait purement et simplement le fait de pouvoir ne pas être comme il le devait. Cela n’avait rien à voir avec l’opinion des autres. Ce monde conformiste lui tapait juste sur le système à cette seconde. Pour une personne comme la sienne, dont la colère n’était jamais totalement absente, les paroles de Dawn étaient blessants. Et cela signifiait forcément une réplique. Faire le mal se joue à deux ; Un bourreau et une victime. Jamais Rain Clound n’entrerait de nouveau dans la seconde catégorie.

    Ses yeux entourés de rouge laissèrent passer un éclat de douleur, de colère, de jalousie. Dawn était parfait. Et, c’était quelque chose de dégoûtant. Leonard l’agaçait déjà bien assez avec ce défaut. Ses doigts lâchèrent ceux de son aîné, brusquement. L’ange devait savoir qu’on ne soigne pas un démon avec de la lumière. Cela le tuera. Le doux sourire ne lui faisait plus aucun bien après une telle attitude à son égard. La sincérité de Dawn n’était pas ignorée. Juste considérée comme malsaine. Ses doigts fins agrippèrent une pile de hauts. Et, sans même se tourner vers son frère de cœur bien-aimé, il les laissa tomber sur le sol avant de poser son pied dessus, pour les écraser. Ce fut le déclic. Une pile ce n’était pas assez. D’autres habits tombèrent, se retrouvèrent écrasés ou abandonnés. Jusqu’à ce que l’envie disparaisse. Ça ne soulageait pas plus que les autres jours. Les secondes étaient toujours aussi lentes et les souvenirs le brûlaient. Ou alors sa poudre médicale ne faisait plus son effet.

    Son regard le brûlait et il se rendit compte que des perles chaudes s’étaient formées au coin de ses yeux. Quel foolish idiot il faisait. Un pull, blanc, immaculé, horrible, glissa alors dans ses mains et il se tourna vers le Nissena pour lui lancer à la figure. Les vêtements n’importaient pas. Une excuse. Voilà ce qu’ils représentaient. Une excuse futile et ridicule. Ses doigts, à présent tremblants, tirèrent sur sa cravate, avec violence. La pauvre pièce de tissu se retrouva sur le sol tandis que la chemise devenait sa nouvelle victime.

    Abandonnant à mi-chemin, le frêle garçon resta immobile, adossé à l’armoire, sans osé regarder Dawn, dont la présence avait été oubliée momentanément. Son frère de cœur était peut-être parti. Cela n’aurait pas été dénué de logique après tout. Non. Souless était un fucking imbécile. C’était sa plus grande faiblesse. Confronté à la réalité, l’on le voyait souvent lâche. Mais ses amours étaient toujours purs et sincères. Un crétin de première absolument adorable. Clound tenta de stopper le flot lent mais brûlant qui tentait de rouler sur ses joues. Ses manches tentèrent, furieusement, de l’empêcher de se déverser. Malheureusement, le procédé semblait inefficace. Pire encore, la poudre qui entourait son regard fut déplacée par ses mouvements et bientôt, elle teinta son visage du milieu de son front au bas de ses joues. Ridicule. Il avait ridicule, tout simplement. Dawn allait rire de lui. C’était une évidence. Et il lui foutrait un bon coup de pied dans la jambe avant de l’étrangler avec du cachemire dès qu’il l’entendrait se moquer.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 20 Nov - 7:10

    Ce furent les mots de Dawn qui provoquèrent le changement chez Rain, et le changement chez Rain provoqua le changement chez Dawn. Il était si aisé de se laisser enfouir dans le regard si bleu du plus jeune des deux garçons... Dawn en savait quelque chose. Et, mettant à profit ces fascinations passagères, il avait appris à lire dans les prunelles marines, comme l'on déchiffre une langue terriblement compliquée. Aux infinies déclinaisons, qu'il fallait apprendre encore et encore. Il avait finit par connaître quelques tournures.
    Celle-ci, par exemple. Ce mélange de colère et de peine qui fonçait les yeux du Nasteen. Cette expression infaillible et si fragile, qui donnait immanquablement à Dawn l'envie de clouer au mur la personne qui l'avait provoquée. Mais aujourd'hui, et cela n'en était que fort dommageable, notre si gentil Nissena était à l'origine de ce regard-là.

    Les vêtements entreposés dans l'armoire ensorcelée de Dawn n'étaient pas si précieux. Bien sûr il en prenait vaguement soin, n'aimait pas plus que cela les voir salis. Mais de temps en temps, son snobisme atteignait des sommets et il se débarrassait de ces frusques inutiles, après les avoir portées une unique fois. Le shopping était une activité hautement privilégiée.
    Les premières piles de vêtement, lorsque l'on ouvrait les portes du placard, comportaient de nombreux pulls, vestes et gilets, parfois même sweats s'il se sentait d'humeur à se mêler à la populace. Sur le côté droit, une armée de porte-manteaux soutenaient une incroyable densité de capes. De velours, de laine, de cachemire, de coton, de soie, de satin, de damas, de coton, tout y était. Certaines même - même ! - avaient des cols différenciés. Voire étaient asymétriques. Et sur les étagères au-dessus des capes, les écharpes. Aux couleurs de Nissena, noires, blanches, écrues, dans d'autres teintes hautement improbables, dans des longueurs atrocement variées, et il en allait de même pour les chapeaux et les gants. Et derrière, d'autres pulls, vestes, gilets, sweats, capes, gants, écharpes, et tout le reste aussi, et cela s'organisait minutieusement en un terrible désordre dans lequel Dawn, après s'y être perdu à coup sûr, se retrouvait toujours. Étonnant comme, n'étant pas doté d'une infaillible mémoire en cours, il pouvait retrouver son chemin dans ce dressing enchevêtré.

    Étonnant aussi - admirez le lien - comme, en regardant Rain jeter à terre ses précieuses parures, Dawn ne ressentait pas la moindre colère. Écrase, plutôt, par sa propre stupidité. Le regard de Rain, douloureux, lui demeurait en travers de la gorge, et bien profond, si je puis user de cette expression terriblement vulgaire devant vos yeux, ô lecteurs chéris, effarés. A présent, il contemplait cette furie silencieuse qui striait le sol de tissus froissés, sans faire le moindre geste pour empêcher le désastre. Les tâches de couleurs jaillissaient et Dawn regardait le visage de Rain.
    Visage de Rain qui disparut, escamoté par une étoffe blanche qu'il connaissait bien ; ça, c'était de l'angora ou il ne s'appelait plus Souless. Son pull en angora. A trop regarder le visage de Rain il en avait oublié son corps - quel vertueux garçon -, ou plutôt ses gestes, et venait de se prendre un pull dans la gueule.
    L'étoffe glissa dans les mains du Nissena, lentement. Ne me demandez pas comment - Dawn avait compris, juste là, juste à cet instant, juste à cause du pull en angora blanc, lancé avec assez de force pour atteindre son visage sans tomber mollement sur le sol à mi-chemin comme tout bon tissu qui se respecte, il avait compris que, peut-être, Rain avait juste besoin de pleurer. Il ne vit pas la cravate.

    Il s'avança, sans la lenteur requise dans une telle occasion, se retrouva tout près de l'armoire plus vite qu'il ne l'aurait cru. Ses bras entourèrent Rain, sans pourtant le bloquer entre la paroi et son torse, sans pourtant l'empêcher de s'échapper, jamais cela. Il l'étreignit doucement, attentif à la moindre manifestation de colère, au moindre sanglot, comme un grand frère qui écouterait à la porte de la chambre de son cadet pour savoir si celui-ci pleure.

    "Désolé, Rain."

    Il s'excusait pour la phrase futile, et puis aussi pour le reste sans doute. Sa main glissa sur sa joue, son pouce effaça en douceur quelques larmes. Il aurait voulu lui dire Ça va, et puis Je suis là, égoïstement il n'osa pas, peur de passer pour un imbécile prétentieux, alors il ferma les yeux sans rompre tout cela.


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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Ven 26 Nov - 8:24

    Fucking Souless. Toujours là où il ne devrait pas être. Ceci depuis que les jours existent. A croire que certains êtres naissent maudits. Ou tout du moins sous une mauvaise étoile. Une qui ne se voit pas à cause du Crépuscule, pas assez sombre pour faire ressortir sa brillance. Un bien triste malheur. Juste un brin. Après tout, ce n’était pas comme si quelqu’un allait pleurer l’éternité et son sort digne d’une pièce tragique. Quoique lorsque First entre dans la pièce à ce moment là, juste pour voir où est Rain et absolument pas pour raconter qu’il vient de croiser Sullivan et qu’il a des tas de trucs à partager à son sujet pour ne pas devenir dingue, le sentiment qu’il a est plus proche d’un type qui vient de voir un iceberg déchirer son navire et qui ne sait pas quoi faire qu’autre chose. Ainsi, l’héritier reste sur le pont, à regarder le bateau sombrer, lentement mais sûrement. De son point de vue, il n’y a pas de glace sous la surface, vous comprenez. Il voit juste un Rain à la chemise défaite, avec sa cravate sur le sol, contre l’armoire de Dawn qui le serre contre lui. Autant vous dire que son interprétation est digne d’un épisode des Feux de l’Amour où Briana a câliné Amber et où son mari a pensé qu’elle avait changé de bord. Bref, c’est le choc. Une bouche qui s’ouvre et qui se referme. Le temps de faire le tour du bocal et First a quitté la pièce, sans rien dire. Ce soir, Clound et lui auront une longue discussion sur le sexe avant le mariage et ses méfaits.

    Les bras fins du garçon sont repliés contre le torse, qui ne fait pas vraiment musclé ou fort par ailleurs, de son aîné. Juste un fragment de temps. Quelques minutes pour qu’il puisse se remettre. Ensuite cet instant deviendra un mythe. Personne ne s’en souviendra plus que comme un souvenir brumeux venant de son imagination. Un Clound ne pleure que dans son salon, avec une bouteille de rhum à la main. C’est ce que sa mère lui a dit. Sinon, ça ne fait pas assez classe. Son corps s’écarte, repousse, vire carrément son frère de cœur. Une longue inspiration plus tard et les larmes ont été happées par les manches de la chemise. Pièce de tissu qui rejoint rapidement le sol après qu’il ait retiré la poudre qui entourait ses yeux et qui s’était étalée sur son visage entier avec. Le vêtement n’est-ce sans doute même pas secourable mais cela ne lui importe guère. Sa langue, si joliment percée, se tire vers son bien-aimé Dawn, pour lui prouver qu’il n’est pas une fillette pleurnicharde et qu’il n’a strictement rien à faire de ses excuses. Comme d’habitude. Cependant, il y a quelque chose de doux dans son regard. Il a retiré ses lunettes pour les accrocher à un des cintres de l’armoire.

    Ses doigts se tendent, glissent sur le poignet de Dawn. Sa peau caresse celle de l’autre, le griffant légèrement au niveau de la paume, au cas où il aurait la mauvaise idée de se laisser captiver par la sensation. De nouveau, des lettres sont tracées, avec lenteur et application, en guise de moyen de communication. Habille moi.

    Cela n’avait rien à voir avec une provocation et encore moins une idée malsaine. L’esprit tortueux de garçon ne s’arrêtait que sur le commentaire désobligeant de son aîné. Sans attendre la moindre parole en retour, le Nasteen se recula, posant son dos contre l’armoire pour retirer ses chaussures, qu’il envoya valser contre le mur d’en face par jeu, évitant de justesse l’épaule de Dawn avec la seconde. Puis ce fut le tour du short qui entraîna le collant à étoiles dans sa chute. Nullement dérangé par sa tenue un brin trop légère pour la saison, le gamin shoota dans ses affaires, faisant de même avec quelques unes à son ami en même temps. Face à celui qui avait un cœur un peu trop pur pour être un individu normal, il attendait sa sentence. Le juge de la mode l’avait envoyé au bourreau, même s’ils étaient la même personne, et il se devait à présent de le laisser le rendre magnifique. Bien qu’il l’était déjà. Cela était une évidence. D’ailleurs, Souless n’avait pas intérêt à penser le contraire. Un courant d’air froid traversa alors la pièce et le plus jeune frissonna, juste une seconde. Pour ensuite adresser un regard agacé à son aîné, de ses yeux rougis par les larmes. J’attends.

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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Lun 29 Nov - 2:39

    A croire que certains êtres naissent maudits. A croire, oui, que certaines créatures sont liées par les dieux les unes aux autres, incapables de s’enfuir, incapables de se haïr. A croire qu’elles s’aiment avec passion et constance, incapables de s’offrir à d’autres. A croire que les éternels sont malheureux.
    Qu’ils ont mal, pourtant, ces mythes emprisonnés de vie en vie, de mort en mort, qu’ils ont mal de se chercher toujours et de se trouver jamais, qu’ils ont mal de ne faire que se croiser lorsqu’ils voudraient tout oublier ensemble. Toujours ensemble. Qu’ils ont mal lorsque d’autres créatures apparaissent et volent un bout de leur cœur, ce cœur qui n’est pas âme, ce cœur si humain qu’il en devient volage, capable d’aimer n’importe qui. Et lorsque n’importe qui est aussi éternel, lorsqu’il met en danger la prison tant chérie, la haine devient si forte. On s’aime pourtant, on remercie les dieux d’être maudit.
    Et lorsque l’on ne s’en souvient pas...
    On s’abîme de corps en corps, on rêve d’un garçon aux cheveux blancs, et l’on se languit de son amour.

    Dawn éclata de rire. Les yeux de Leonard, d'un violet soutenu, exprimaient à la fois une telle surprise et un tel désarroi qu'il en devenait amusant. Mais il est vrai qu'ils devaient offrir un tableau pour le moins suspect ; ce si cher Rain blottit contre lui, frêle et abandonné, alors que Dawn le serrait entre ses bras blancs, contre son torse viril et musclé. Bon, viril et musclé, on repassera, mais au moins, les bras blancs, c'était vrai.
    La lumière se fit dans le cerveau enneigé de Dawnie. Leonard présent dans le dortoir des Nissena. Cela fournissait une explication fort à-propos au mystère de l'armoire volée. L'énoncé étant le suivant : l'armoire de Dawn est magique et ses tréfonds s'ouvrent sur un mot de passe magique. Des vêtements entreposés dans lesdits tréfonds ont été volés. Le seul à connaître la formule est Rain. Rain est muet. Question : Comment Rain a-t-il pu ouvrir l'armoire sans prononcer un mot, sachant qu'il ne maîtrise pas encore les Sortilèges Informulés ?
    Et bien, il suffisait que Clound bénéficie de l'aide d'un complice.

    La sensation l'arracha à ses raisonnements lumineux, et il fronça un peu le nez. Rain venait de lui prendre la main. Rien de choquant en soi ; c'était même très positif. Mais voilà, après une légère, quoiqu'infime, caresse, ce fourbe de Nasteen venait de lui imprimer une marque d'ongles au creux de la paume. Hum. Message reçu ; le contact était un simple outil de communication. Un tel avertissement n'était absolument pas nécessaire, n'est-ce pas ; Dawn savait ne pas se laisser emporter par la douceur d'une peau aimée.
    Hum-bis. Il étendit les doigts, délaissant sa paume à découvert, vulnérable. Il se dit un instant qu'il pourrait ne pas avoir compris le message, qu'il pourrait attirer son frère de cœur contre lui après avoir fermé les yeux et savouré le contact de ses doigts sur sa peau. Ce serait tellement plus simple.
    Mauvais. Il se concentra, un H d'abord, un A, un D, un I, un L, deux L, un E... Hadille ? Que pouvait bien vouloir dire Hadille ? Ah... Hadille-moi ? Habille-moi ! Message reçu. Il hoche la tête. Révérence.

    "A votre service, monsieur Clound."

    Un sourire se dessina sur ses lèvres ; ses yeux brillèrent un peu. Excitation. Aucune idée malsaine ; habiller Rain faisait partie de ce dont Dawn avait toujours rêvé. Cela allait être une véritable partie de plaisir. Tout à sa satisfaction, il faillit se prendre une chaussure dans la figure ; évita de justesse une seconde chaussure. Très jolies, ces baskets, un peu dangereuses peut-être. Note : éviter de donner à Rain des talons hauts. On s'en souviendra. Lorsque le plus jeune des deux garçons fit glisser short et collant, les lèvres de Dawn se pincèrent légèrement, et il préféra se détourner. Galanterie, disons.
    Il ne se retourna que lorsqu'il entendit le bruit d'étoffe froissé qu'avait occasionné Rainy en shootant dans ses affaires... Pas que dans ses affaires visiblement. Ses épaules s'affaissèrent. Alors... Il règlerait cela plus tard. Quel était ce sortilège de repassage, déjà ? Mais enfin.

    Le regard impatient de son nouveau client arracha un sourire au styliste amateur.

    "Allons, ne perdons pas de temps, je ne voudrais pas que vous attrapiez froid."

    Il s'approcha, se permit une légère friction sur les bras nus de Rain, quelques secondes. Et il pénétra dans l'armoire.
    Cela put durer une éternité comme une seconde. Mais lorsqu'il ressortit, il avait les bras chargé de vêtements - chose étrange, de vêtements qui pouvaient convenir à la taille de Rain. Il posa les pièces sur son lit, se retourner pour jauger son frère de cœur d'un œil critique, et hautement admiratif. Sans cesser de le regarder, il se baissa un peu, prit un perfecto de cuir noir, la tendit entre Rain et lui, observa. Avec une moue de professionnel qui s'amuse à paraître plus professionnel qu'il n'est, il hocha la tête, mi figue-mi raisin, et reposa la pièce à l'écart, sur le lit.
    Non.

    Dans les trente-six secondes qui suivirent, il dégota une chemise d'un blanc parfait, un short de velours noir taille haute et terriblement court, un collant opaque troué au genoux et un peu lacéré de part et d'autre pour casser l'effet sexy du short, un chandail noir à mettre par-dessus la chemise, et des Docs Martens parce que tout de même ce chandail faisait vraiment... Vraiment... Enfin, Rain aimait bien ce genre de chose. Il fallait lui faire plaisir. Dure vie que celle des stylistes, n'est-ce pas ? Terrible. Durant ce laps de temps il trouva aussi une jupe plissée façon écolière - je vous en prie, ne vous demandez pas ce qu'un tel vêtement faisait dans l'armoire de Dawn -, mais il l'écarta sans voir le regard intéressé de son cher Rain.

    Il prit le collant, se mit à genoux devant son frère de cœur pour le lui enfiler. Jolie jambe.



Dernière édition par Dawn Souless le Mar 28 Déc - 21:39, édité 1 fois
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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Mer 22 Déc - 2:59

    Souless n’avait pas une réputation de personne sensée. Pour ne pas dire qu’une grande majorité le voyait, sans nul doute, comme un gentil écervelé. Ce que son frère de cœur ne pouvait qu’approuver en le voyant perdu dans ses pensées la moitié du temps. Une fois il avait dormi dans son dortoir, à cause de cet enfoiré de Mint qui avait décidé que mettre le feu aux lits de ses cadets serait un bon moyen de passer une nuit tranquille en solitaire avec sa seule compagnie, qui était sa favorite. Et, durant les heures qui se succédaient, le gamin avait entendu, rien qu’y repenser lui arrache encore des frissons, ce cher Dawn en train de gémir qu’il aimait le blanc. Ou un type aux cheveux blancs. Les détails, celui qui n’avait que douze ans et demi à l’époque ne voulait pas les connaître. Sous aucun prétexte. Cela pour illustrer le léger déséquilibre mental de son camarade. Cependant, un domaine, celui de prédilection de Dawn par ailleurs, restait soumis à ce flamboyant jeune homme ; L’habillage. Au point que First, qui se sentait souvent abandonné et délaissé, ce qui était honteux, au milieu de tous ses dingues, le soupçonnait d’avoir passé son enfance à vêtir des poupées. Sans que cela ne soit un crime bien sûr.

    En résumé, First pensait que le monde entier était totalement frappé, Clound faisait confiance à Souless pour le vêtir d’une façon sublime qui serait à la hauteur de sa personnalité et surtout de son égo. Et Souless était une pauvre et innocente victime qui fantasmait sur les garçons aux cheveux décolorés. La vie était parfaitement normale. Enfin, tout autant que les autres jours à Swelty.

    Etre nommé ‘monsieur’ est généralement agréable. Surtout lorsqu’on associe ‘jeune homme’ à une vieille tante qui vous balance des sortilèges impardonnables à chaque fois que vous laissez tomber une goutte de thé sur sa précieuse nappe. Les enfants Clound étaient parfaitement capables de déguster du thé au milieu d’un règlement de compte de mafieux sans en renverser et en évitant toutes les balles grâce à cela. Les avantages des grandes familles voyez-vous. De toute manière, Rain aimait qu’on le valorise. C’était une évidence. Surtout que son esprit associait cette appellation à quelqu’un de grand. La grandeur… Un petit détail qui semblait le troubler. Il faut dire que depuis que Mint avait tenté de lui offrir des échasses à un Noël, il était devenu un brin plus sensible sur le sujet. Remarquez que, après avoir envoyé son condisciple à l’infirmerie, l’incident semblait clos. En fait, non.

    Revenons-en à Souless. Qui lui a dégoté des choses dignes de sa personne. Quoique peu adaptées à son âge. Ce qui n’est pas important. D’ailleurs, une pièce de tissu, plissée, vient de passer devant son regard. Ses lèvres s’écartent, dans le but vain de la retenir, cette jolie jupe. Cet idiot referme son clapet en une seconde ; pourquoi est-ce qu’il zappe toujours qu’il est muet ? Enfin, il ne le zappe pas, ça l’énerverait. Disons que l’information lui échappe de façon momentanée. Voilà qui est mieux. Son crétin de frère de cœur semble cependant vouloir inverser la bonne humeur de son cadet. Non mais ! Quel âge croit-il que Rainy ait ? Je vais vous le dire. Pas assez vieux pour boire, heureusement, mais assez âgé pour être capable de s’habiller seul.

    Son geste suivant est, pourtant, accidentel. En fait non. Il se lève. Son pied aussi, esquivant le collant. Et hop, un coup dans la joue de Dawn. Le pauvre. C’était un pur accès de colère non-contrôlé. Pas que Rain regrette bien sûr. Quoique si, une seconde plus tard, lorsqu’il se rend compte qu’il a trop levé la jambe et que son équilibre, naturellement précaire, s’est totalement fait la malle. La logique serait que son corps glisse en arrière, contre le lit. Ce qui serait pas mal. Sauf que l’idée de se cogner la tête le fait effectuer un mouvement insensé pour conserver son équilibre. Le pauvre Dawn, tentant de se remettre d’une agression violente sur sa pauvre joue se retrouve ainsi avec un gamin de treize ans qui lui tombe dessus, et bien. Au lieu de se retenir, ce crétin ne pense qu’à retirer ses lunettes, pour les balancer sur le sol. Je vous laisse imaginer la collision. En tout cas, si sa voix était encore présente, Clound ne se serait pas privé de faire savoir au monde entier que son crâne n’apprécie guère le dos de Souless. Après un bref instant pour qu’il puisse reprendre ses esprits, le Nasteen, s’écarte, se redressant légèrement pour s’asseoir sur le sol. Son regard est un brin embrumé, à cause du choc. Un de ses pieds a été râpé par le sol, son front innocent à heurté une colonne vertébrale très bien formée et il s’est fait mal au genou en le cognant contre la cage thoracique de Souless, lui coupant certainement la respiration.

    Erm. Peut-être que s’excuser améliorerait la situation. Non. Oui. Le gamin, qui se masse le front avec sa paume gauche semble perdu en pleine réflexion à ce sujet. Au final, cet impulsif sale gosse reste fidèle à lui-même. Ses bras se tendent vers son camarade Nissena, dont il attrape la nuque d’une main avant de coller ses lèvres contre les siennes en un long baiser qui signifie, sans doute, qu’il est désolé. Ou pas. Cela dépend si mordiller la lèvre inférieure de quelqu’un jusqu’au sang est considéré comme se repentir ou non.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Mar 28 Déc - 22:32

    Ah... Habiller des poupées. Et bien oui. Dawn, lorsqu'il était petit garçon, passait ses dimanches après-midi à habiller des poupées. Il achetait de ces mannequins aux articulations roulantes qu'utilisent les artistes comme modèles pour leurs dessins - terriblement pratiques pour les positions ! -, les asseyait dans un fauteuil, leur faisait croiser les jambes, et leur faisait la conversation pour les faire patienter, le temps qu'il achève de leur dessiner des vêtements. Généralement, c'était sa sœur qui s'occupait de les coudre. Très tôt, en effet, la petite et adorable Michelle avait développé un véritable don pour la couture. A quatre ans elle rafistolait les habits de ses poupées, à cinq elle cousait ceux des poupées de Dawn. Et jusqu'aux treize ans du jeune garçon, ils avaient continué ainsi, duo de choc. Dawnie était très fier de sa chère petite sœur. Certes, l'adolescent ne dessinait pas très bien, à l'image de sa mère n'est-ce pas, mais il se débrouillait, et la pratique lui faisait faire des progrès.
    Nul ne dira jamais que Dawn continua à assembler les vêtements fabriqués par sa sœur sur les poupées pendant de nombreuses années après l'arrêt officiel de cette honteuse pratique, n'est-ce pas. Ni que Michelle était parfaitement au courant, mais se taisait, accès de sagesse chez une gamine de cinq ans plus jeune que son aîné.
    Pratiquer le stylisme sur des modèles vivants était tellement plus excitant. Michelle avait fréquemment cousu des vêtements créés par Dawn pour elle-même, puis pour lui. Elle était étonnamment doué, et surpassait de loin leur mère dans ce domaine. Une sorte d'enfant prodige. Et Rain était un modèle passionnant.

    Passionnant, oui. Agenouillé toujours, façon prince qui s'apprête à glisser au pied de Cendrillon sa pantoufle de verre, de vair ou quoi que ce soit d'autre, il laissait malencontreusement, avec une constance coupable, glisser son regard sur la peau blanche de la jambe. Quelle cheville, mais quelle cheville ! Et quel mollet, frêle et ferme, un genou tout doux, ah ah, et puis cette cuisse, ne remontons pas trop haut, ce serait vulgaire, Dawn est un dragueur invétéré, mais tout de même. Il redressa la tête, tout de même, pour la bienséance, et puis étouffa un cri de douleur. Un pied dans sa joue. Tout juste le genre de chose qui fait franchement mal.
    Et puis un brouillard duquel jaillirent d'autres coups, bien involontaires au vu de la confusion de la situation. Cela ne lui fit pas tellement mal, en fait ; Rain lui était juste tombé dessus, et lui avait juste momentanément coupé la respiration. Rien de bien grave ; il haleta trois secondes, reprit son souffle. Hm.
    Juste le temps de se faire agripper par la nuque, et par les lèvres aussi. Hm deuxième du nom. Les lèvres de Rain. Un gémissement de douleur s'échappe et s'étouffe entre leurs bouches ; des dents mordent sa lèvre inférieure. Il le repousse, pour prendre le dessus sur la situation. Et voilà Rain assis sur le sol, et Dawn à genoux au-dessus de lui, et un bras qui passe autour de sa taille, qui le serre contre lui, et ses lèvres qui s'ouvrent tout contre les siennes. Il reprend le baiser qui lui a été volé, fût-ce de façon tout à fait agréable.
    Penché au-dessus de lui, au bout d'un moment, il finit par le laisser, pour reprendre son souffle. Moment de silence. Puis il humecte ses lèvres, esquisse un sourire. Ce doit être la première fois qu'ils s'embrassent ainsi.
    Pas que cela le dérange. Bien au contraire.
    Cela dit, Rain est tout de même un peu jeune. Un sourire ; ses doigts glissent sur la joue si douce.

    "Ce n'est pas bien de mordre ses aînés."

    Ses doigts glissent, glissent, glissent, effleurent tout doucement les lèvres du Nasteen. Son regard est tendre. Son si cher frère de cœur. Et le voilà qui se relève, plein d'énergie - non, pas cette énergie -, et qui plante les poings sur ses hanches.

    "Cesse donc de me distraire, on a du pain sur la planche !"

    Quel professionnalisme.


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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Jeu 30 Déc - 22:36

    Les enfants, adorables et bien élevés, enfin uniquement dans certains cas, deviennent, de façon inévitable, des boules de colère et de rébellion lorsque vient le fatidique moment de l’adolescence. Quoique, dans le cas de Clound, l’on pouvait affirmer qu’il n’avait jamais été un gosse parfait. Pleurnicheur, trop intelligent pour son propre bien et limite mauvais dès son plus jeune âge, il n’était pas étonnant qu’il soit devenu ce personnage provocant qui ne se souciait jamais de l’opinion des autres. Ainsi, mordre quelqu’un ne lui apparaissait pas comme étant dramatique. Surtout en ce qui concernait son si cher frère de cœur qui avait un cœur qui tournait aussi vite qu’un poisson dans son bocal. D’ailleurs, après coup, en essayant de remettre la situation en ordre dans sa tête, le Nasteen se trouva simplement stupide, ce qu’il trouvait très insultant pour sa personne, d’avoir pensé que l’autre lui en voudrait. Ce qui était fait était fait et aucun retourneur de temps ne se baladait dans le coin pour arranger les choses.

    Le plus gros défaut du plus âgé est sans nul doute sa douceur, qui dégouline de façon dégoûtante sur tout ce qui bouge. Rain ne le supporte pas. Bon sang, s’il voulait de la douceur et de la sympathie, il irait vivre avec Almond. Et l’on ne le verrait certainement pas supporter son égocentrique meilleur ami qui ne savait même pas que le monde ne s’était pas construit autour de lui. Donc, pour signifier son désaccord avec la phrase de ce crétin à la chevelure flamboyante, Rainy lui tire la langue. Histoire de, en prime, lui faire admirer son piercing, qui est plus que récent et que son camarade n’a peut-être pas encore vu, ce qui est un crime. Mordre les gens, par contre, non. C’est plus un jeu. Un frisson le traverse lorsque les doigts glissent de sa joue à ses lèvres. Au moins, il a eu le réflexe de rentrer sa langue dans sa bouche.

    Aucune compréhension véritable n’existe entre lui et Dawn. Son aîné réalise toujours des choses dénuées de sens, futiles, mais le bonheur qui émane de lui de temps en temps est la preuve formelle qu’il aime sa façon de vivre. Le benjamin est trop égocentrique pour accepter le bonheur des autres, pas alors que lui est privé de sa voix. Quoique les médecins, incompétents ceux-là, ont tout de même lourdement suggéré que c’était plus un blocage qu’il s’imposait qu’autre chose. Un soupir silencieux sort de ses lèvres tandis que son habilleur personnel est déjà debout et plein de vitalité de nouveau. Après un moment d’hésitation, son corps se déplie à son tour.

    Un regard noir est lancé envers le Nissena ; Cet abruti ne lui a même pas tendu la main pour l’aider à se relever. Pas qu’il l’aurait prise, bien sûr, mais c’est l’intention qui compte. Les vêtements se retrouvent alors entre ses mains. Jamais Clound n’a apporté un grand soin aux pièces de tissu. Elles sont remplaçables après tout. Les humains aussi sans doute. Le monde aussi. En se mordant l’intérieur de la joue, le gamin chasse les pensées dépressives qui se dessinent dans son esprit de jeune adolescent. Il s’habille, rapidement, sans vraiment prendre soin de ce qui n’est pas à lui. Les chaussures sont cependant laissées de côté ; ils sont à l’intérieur et l’on en a pas besoin. Il se plante devant le miroir, passant ses doigts dans sa chevelure noire pour réajuster quelques mèches. Il a également ramassé ses lunettes avant de les remettre. Hm. Le bleuté de la teinture qu’il s’était faite lors de sa première année n’était pas si désagréable. Peut-être qu’il pourrait le refaire.

    Son corps pivote et se montre à Souless. Si joli et innocent Souless. L’envie de s’approcher, de l’embrasser et de le garder pour lui… Il l’a parfois, sans la comprendre. Il y a des domaines dans lequel il n’a rien d’un génie. C’est ce qui rend sa personnalité un brin intéressante. Ses bras se tendent vers Dawn, maladroitement. Sa main prend la sienne et, sans lui laisser le choix, il lui fait faire un tour sur lui-même, comme si son camarade n’était qu’une princesse dans un bal. Ça ne va pas vraiment. Ses lèvres esquissent une moue un brin boudeuse. Jamais satisfait, ce Rain.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 12 Fév - 3:43

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    Mais que faut-il donc à ce gamin ? Un baiser - un baiser passionné, sensuel, violent, adorateur, fraternel, rayez la mention inutile - de Dawn, tout de même, ne le satisfait donc pas ? Et pourtant Dieu sait que, à Swelty et dans le monde entier, une multitude de personnes toutes plus respectables les unes que les autres donneraient n'importe quoi pour ne fût-ce qu'un regard de cet éphèbe d'une beauté absolument divine, enchanteresse, inoubliable, hypnotisante, agaçante, rayez la mention inutile.*
    Et de regard, il n'y a que celui de Rain, furieusement noir dans son bleu glace. Dawn, pourtant, est au spectacle. Ce garçon qui s'habille, qui reste là sous ses yeux avec ses gestes gracieux et trop sensuels, trop instinctivement sensuels. Dawn n'est pas un adolescent assez vertueux, cette fois, pour détourner le regard. Parce qu'il a une excuse, et qu'une excuse, c'est sacré. Ne pas s'en servir, là serait la véritable faute.
    Le jeune Souless aime les excuses, et il les connaît toutes parfaitement. Il est le lâche, l'identité changeante, celui qui fuit et qui se noie au loin. Les excuses, oui, ça le connaît. Alors il regarde Rain, et son excuse, cette fois, est qu'il surveille le traitement réservé à ses vêtements.

    Puisque le sujet est évoqué, disons, d'ailleurs, que ce traitement n'est pas des meilleurs. Et que je te froisse entre mes doigts, et que je te piétine un peu au moment de t'enfiler, et que je tire sur le tissu pas assez souple. Ce n'est pas, pourtant, malgré tous ses soins, ce que Dawn regarde. Il préfère à la brusquerie incertaine des mouvements du Nasteen leur provocation pâle, la façon dont sa tête est inclinée, la façon aussi dont l'ombre de ses longs cils effleure un peu le haut de ses joues. La nuque, le saviez-vous ?, est un endroit tout à fait indécent. Il suffit d'y glisser un œil, comme cela vous savez, en passant, cette nuque blanche et belle, pour avoir envie d'y déposer les lèvres. Dawn aurait presque fait un pas de côté pour la contempler plus à son aise. Cela ne se fait pas ; il reste en place. Son regard dévie donc, sage ou non, indiscret compagnon de débauche, insatiable entremetteur. Il se penche sur la courbe des épaules, l'étudie, la déclare tout à fait contemplable, adorable, mot dont j'utilise ici le sens premier : une courbe tellement digne d'être adorée. L'épaule de Rain est une de ces idoles païennes pour lesquels Troie tomberait encore.
    Mais rage ! Rain va trop vite, et ses jambes pâles disparaissent peu à peu sous le collant, infâme guenille, haillon haï choisi par celui-là même qui désirerait tant l'arracher du corps qu'il recouvre. L'œil se hâte, saisit l'éclat clair d'une cuisse, se laisse chasser, à contrecœur.

    Rain s'observe et Dawn revient à la réalité. Il esquisse un sourire, amusé peut-être de voir le génie rendu si pensif par une simple mèche un peu trop noire, et attend patiemment, professionnel de nouveau, la fin de l'examen. Que le client rende jugement.

    Mais, évidemment, Rain ne parle pas, Rain ne dit rien. La poitrine de Dawn se soulève, s'abaisse. Il n'aurait pas dû ne pas s'y attendre, et espérer que quelques vêtements rendraient sa voix à son frère de cœur. Frère de cœur. Rain qui pivote vers lui, qui se montre à lui, qui semble attendre quelque chose, et l'impression confuse pour Dawn de voir quelque chose dans ses yeux. Rain est incertain. Les lèvres roses de Dawn s'entrouvrent, juste un peu, prêt peut-être à dire quelque chose, mais non. C'est la main de Rain qui le fait taire. Le gamin lui prend la main, le fait tourner.

    Un sourire se dessine sur les lèvres de Dawn. Il tourne de bonne grâce, se laissant faire la princesse pour une fois, puis revient vers Rain, en face de lui, se rapproche. C'est lui le prince, après tout, c'est lui le grand frère. Il ne s'appelle pas Eleanor, par les mille perruques de Merlin ! Alors il rit un peu, et son rire est doux. Sa main s'égare au creux des reins du gamin, puis il le fait se retourner vers le miroir, restant dans son dos, laissant le garçon s'appuyer en douceur contre son torse. Il incline la nuque et ses lèvres se posent dans le cou de Rain.

    "Ne me dis pas que ça ne te plaît pas...!"

    Il se recule de quelques pas, simplement, avec un sourire. Révérence un peu moqueuse, un peu gentille.

    "Mais si mes services ne plaisent pas à Monsieur, je puis recommencer."

    Ce n'est pas une si bonne idée que ça, cela dit. Le voir dénudé encore une fois n'améliorerait absolument pas la situation, c'est sûr.

    *Ce passage ne représente que la plus pure vérité et n'est en aucun cas le fruit de l'imagination tordue d'une joueuse gaga de son perso.
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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Sam 12 Fév - 12:13

    Son corps pourrait être celui d’un danseur. Non pas à cause d’une quelconque grâce inexistante chez sa personne. Plutôt à cause de ses mouvements, sensuels, presque vulgaires parfois. Un danseur d’un genre particulier. Cela lui conviendrait, ne lui apporterait aucun dégoût. L’organisme est un outil difficile à maîtriser et qui, si l’on y parvient, offre des possibilités infinies. Rain danserait pour son frère de cœur, ses hanches contre les siennes, son corps offert à ce regard qui est presque outrageux tout en étant si désiré. Être regardé est appréciable. Cela prouve votre existence et vous rassure sur le fait que quelqu’un peut vous voir. Sa peau contre celle, si chaude, de son aîné. Des rêves de ce genre lui viennent parfois. Au réveil, il n’y a qu’amertume et envie de rire. Ses doigts passent sur son propre visage, puis dans sa chevelure noire. Quelque chose s’étouffe dans sa gorge. Sa voix. Si cette dernière acceptait de lui offrir un pardon nécessaire, les songes se réaliseraient peut-être. Il n’y a pas le moindre silence dans son subconscient. Des souffles heurtés, des noms murmurés de façon obscène mais sensuelle. Tout cela traverse son esprit tandis que des doigts doux glissent contre ses reins. Son corps se cambre, légèrement, sans que la colère ne prenne le dessus sur le silence de l’action et sa signification.

    Devant le miroir, ne se tiennent qu’un artiste et son modèle. Deux frères sans le moindre lien. Qu’il est dommage que l’inceste soit un pêché. Cela serait délicieux. Le garçon devient un adolescent. Quatorze ans. Qu’est-ce que l’on sait du monde à cet âge ? Rien de plus qu’à treize et demi. Cela n’est qu’un jeu. Une découverte. Grandir est douloureux. Et si tentant. Lèvres contre sa peau. Un frisson traverse son corps, qui, en réponse, s’appuie un peu plus contre le plus grand. Plus fort. Non, empli de grâce, de fragilité et de beauté. Aucune force n’émane de chez Souless. Ou alors cette innocence apparente cache quelque chose de plus puissant, qui est encore ignoré. Est-ce que son apparence le satisfait ? Comment pourrait-il en être autrement ? Le carmin lui confère l’impression d’être magnifique.

    Rien ne l’a jamais été, pourtant, chez le gamin. Son regard, qu’il croise dans le miroir, en est la preuve. Ses yeux ont toujours été un peu trop grands, juste assez pour offrir une impression étrange et pas suffisamment pour offrir une quelconque beauté. La guerre les a détruit et on les a refait. Le droit n’est plus exactement comme son voisin. Cet éclat brillant au plein milieu du noir de l'œil le lui rappelle dès qu’il ose s’observer. Son jumeau serait en colère. Le culte de leur physique et du lien les unissant serait peut-être brisé si la différence était mise à nu. Un tel crime ne pourrait être pardonné. Leur existence se réduirait à éviter les reflets ou bien à les embrasser, laissant leurs lèvres contre le verre froid qui n’offrirait aucun réconfort. Cela serait criminel. Sa tête effectue un mouvement de haut en bas, pour chasser les souvenirs au profit de la présence de son charmant frère de cœur. A cet instant, Rain se trouve ravissant, classe, beau. Cela est largement suffisant. Ce n’est pas chaque jour qu’il ose ressentir de la fierté face à son image.

    Le regret est évident. Sa voix est si attendue. Un peu trop sans doute. Sa gorge se serre, une fois de plus. Cela n’a pourtant rien à voir. Le seul rempart qu’il possède est son esprit. Aucune libération ne semble lui venir à ce sujet. Être un génie n’a que rarement été profitable au Nasteen. L’arrogance et la colère données par ce statut ne sont que des malédictions. Dawn s’écarte. Cela ne devrait pas se passer ainsi. Jamais les bras ne devraient cesser de l’entourer. Inconsciemment, Rainy souhaiterait que son ami soit avec lui en permanence. Non, pas autant. Juste assez. Qu’il se refuse à le trahir. L’amour doit lui être offert. C’est ce qu’il désire, sans mesurer la portée d’une telle pensée.

    Son corps pivote, une fois de plus. Lèvres scellées tandis que ses talons quittent le sol. Des mains qui glissent sur le torse, remontent avant de jouer avec les mèches carmins au niveau de la nuque. Y mêler ses doigts, ne plus le laisser s’échapper. Le faire sien. Aucun de ces mots n’a le moindre sens. Désir enfantin et capricieux. Le baiser est aussi long que possible. Jusqu’à ce que l’air manque et que son corps soit forcé de s’écarter. Vacillant, le sale gosse sent que son action était dénuée de sens. Comme les autres. Plus rien n’a de signification en ce jour. Ses lèvres se séparent. Un ultime effort est tenté. Pour finir en vain. Sa douleur trouve que cela est futile. Parler n’est pas nécessaire. Les hurlements sont trop récents. De colère, incapable de s’exprimer autrement, son pied frappe le sol tandis que ses poings se serrent. Pas juste, c’est pas juste.

    Les ongles s’enfoncent au sein de ses paumes, jusqu’à ce que du sang s’y dessine. Puis, aussi vite que l’action a commencé, elle se retrouve achevée. Stop. Aller trop loin n’apporterait que plus de peine. Ses mains cessent de se meurtrir. Sa main agrippe celle de son frère de cœur, s’y accroche, avant de lui faire ouvrir la main. Il trace.

    Mine ?


    Quel enfant innocent. Malgré la noirceur de son cœur, il ne voit pas que ses paroles sont dénuées de sens. Seul le rejet l’attend. Ses cheveux ne sont pas blancs comme la neige et ses prunelles trop claires. Son nom aussi est mauvais. La pluie n’a rien à voir avec le crépuscule. Ici, la question de l’amour est secondaire, car il est incapable de la comprendre ou même de l’envisager. Cet attachement envers son Dawn est juste trop forte. Quelqu’un se doit de lui expliquer que ce qu’il ressent n’est qu’un amour fraternel puissant. Soudainement, sa main laisse échapper celle qu’elle tenait et son corps heurte celui de son aîné, avec brusquerie. Se blottir contre lui est juste une évidence à cet instant. Son frère de cœur, le seul et l’unique.

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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Lun 28 Mar - 6:56

    Dawn, silencieux admirateur, frère de cœur, futur amant passionné, observe – épie plutôt – ce regard que Rain jette à son reflet. Dawn le trouve beau, lui, ce regard, un peu grand, aux cils un peu longs, un peu clair. Son artificialité, une blessure réparée, ne lui donne que le regret de n’avoir pas été là pour protéger celui qui, à Swelty, lui est bien plus cher que les autres.
    Etrange, non, que le petit Clound se soit imposé ainsi dans le cœur de celui qui n’en a pas ? Comme si leurs destins étaient liés, comme si Rain était celui qui devra demeura aux côtés du garçon pour toujours.
    Ce n’est pas lui. Ce n’est pas lui, et Dawn le sait parfaitement. Ce n’est pas plus lui que n’importe qui d’autre. Evangeline, et tous les autres. Ses amants d’un soir, ses amours d’une semaine, ses pleurs de quelques heures. Il est incapable de vivre en regrettant. Et pourtant, Rain lui semble différent. Il n’a jamais pensé un seul instant que le jeune Nasteen pourrait être cet être aux longs cheveux blancs dont il rêve toutes les nuits, dont le visage lui demeure inconnu, ce garçon qu’il voudrait rejoindre, vers qui tout son être tend d’un seul mouvement.
    Et pourtant, Rain pourrait peut-être devenir ce qui s’en approcherait le plus, sans que Dawn ne puisse comprendre pourquoi. Il ne connaît pas les anciennes légendes ; ce n’est pas le bon monde. S’il savait…

    Mais il ne sait pas. Et lorsque le corps de Rain se presse à nouveau contre le sien, lorsque les lèvres, avides, s’emparent des siennes, il ne cherche pas à résister, s’offre avec toute la fougue de ses dix-sept ans à ce gamin qui devient adolescent, ce gamin qui a vécu des choses plus difficiles que lui. Il s’empare de lui, à son tour. Il le prend par la taille, l’attire plus près de lui encore. Il ne réfléchit pas. Lorsque les doigts fins de Rain emmêlent ses cheveux, un son rauque franchit ses lèvres, et l’une de ses mains glissent sous le haut qu’il a désigné à son frère de cœur, tout prêt à le lui ôter sans le moindre remord – ce sera sans doute pour plus tard.

    Et puis ça s’arrête. Comme ça, sans colère, avec un peu de brusquerie pourtant. Dawn ne soupire pas, ne fait rien. Il n’exigera pas de Rain ce qu’il ne peut pas lui donner. Il l’aime trop, le respecte trop pour cela. Dawn est un garçon bien ennuyeux. Le plus jeune, en revanche, semble furieux. Ses yeux ne reflètent plus cette fierté qui avait comblé Dawn de joie, mais une frustration, une colère qu’il ne lui avait jamais vue. S’il avait vu, auparavant, quelques fois, Rain se montrer ainsi, ce n’avait jamais été à ce point. Sa douleur, sa fureur, n’avait jamais atteint un tel point.
    Et puis sa main sur la sienne. Impérieuse. L’enfant-roi lui impose ce mot, le grave dans sa paume, de son toucher aérien. Mine.

    C’est une tornade tout au fond de Dawn, quelque part entre son cœur et son ventre, comme si quelque chose tombait et se cassait. Son cœur bat un peu plus vite, comme un amoureux – Dawn, amoureux ? Ne croyez pas à l’ange, il vous arracherait tout ce qui compte pour vous bien avant de se brûler les ailes.
    Il y a un point d’interrogation. A la fin du mot, juste après, un point d’interrogation. Le regard si clair de Dawn s’adoucit, un peu, et Rain s’échappe. Comme toujours, il s’échappe alors que Dawn voulait refermer sa main sur la sienne. Le corps fin le heurte, une fois de plus, le serre contre lui. L’avidité – Dawn n’est pas dupe – n’est que détresse. Il sourit, d’un sourire un peu triste. Dawn ne sera jamais l’inconnu dans ce décor de soleil couchant. La déclinaison du jour est un destin dont sont exclus tous les autres, tous ceux qui ne sont pas Eux. Et Rain parmi ces autres, parmi ces gens qui demeureront toujours étrangers au soleil levant. Dawn ne le sait pas et pourtant ça le rend triste. Il ne sait pas, bien sûr, pourquoi tout se termine toujours si vite, pourquoi son cœur est incapable de se fixer, pourquoi ce génie insupportable est ce qui se rapproche le plus, pour lui, de l’éternité. Il y a quelques personnes…
    Il se libère de l’étreinte, lentement. Son regard est empli d’une douce lumière ; il s’agenouille doucement, jusqu’à, chevalier, se trouver à genoux devant son roi, esclave inconstant et adorateur frivole. Une fois de plus ses yeux contemplent la douceur de cette peau d’idole, une fois de plus il laisse remonter son regard, lentement, avec admiration. Sa main, délicatement, se glisse sous celle de Rain, la prend dans la sienne, la porte à ses lèvres. Un baiser sur sa paume, pour la tendresse, un baiser sur son dos, pour l’allégeance.

    "Mon cher frère de cœur."


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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Lun 28 Mar - 8:24

    Et, Dieu joignit ses mains avant de murmurer une prière pour tout ce qui existait, tout ce qui allait être créé et ceux qui mourraient, abandonnés derrière le reste de l’Univers. Il n’y avait, dans ses plans, pas la Mort à la base. Elle ne vint qu’en guise de punition, pour montrer aux hommes que-

    Memento Mori.

    Souviens-toi que tu es mortel. Souviens-toi que tu vas mourir. Peut-être que de trop se remettre cela en tête n’est pas une bonne chose. Sans doute que s’obséder avec le passé et la noirceur qui y est liée n’apportera que de la peine. Celui à la chevelure si chatoyante ne pourra jamais envisager un tel point de vue car son passé est accroché à lui comme la carapace d’une tortue. Cependant, le pauvre animal ne peut même pas voir ce bagage encombrant car personne n’ignore que regarder son dos est complexe. A moins que l’on ne se place devant un miroir. Mais qui aime regarder ses fautes ? Qui aime à admirer les erreurs et la douleur marquée sur la chair ?

    Rain
    . Cet enfant qui se croit prince d’un royaume qui n’existe pas. Ce gamin insolent qui, petit déjà, pleurait et hurlait dès que ses souhaits ne se réalisaient pas. Enfermé derrière un calme colérique. Gardé prisonnier par son intelligence et des torts qu’il ne veut pas avouer. Comme s’il avait peur qu’une Reine de cœur sorte de nulle part et hurle qu’on lui coupe la tête à cause de son existence même, devenue pêché. Est-ce que le prince serait sauvé par son chevalier ? Bien sûr que non, ce dernier n’est présent que pour la frêle princesse stupide qui ne mérite pas de vivre et le magicien cruel. Sa main se dégage. Une violence contrôlée est perceptible dans son geste. L’autre, son frère de cœur, il n’est pas juste. Pas qu’il l’est déjà été. Mais la Justice devrait être respectée, parfois.

    L’horloge avancera toujours pour eux. C’est une évidence. Et l’on ne peut faire tourner les aiguilles en arrière, car tout se perd, surtout le temps. Alors, le prince, effrayé par cette soudaine révélation, se penche pour entourer les épaules de son pas-si-preux chevalier de ses bras. Son corps glisse contre le sien, jusqu’à ce qu’il soit à genoux. Il y a tant à dire. Tant à faire. Ce n’est pas de l’amour. Cela ne peut pas en être. Ça le ferait rire, si sa voix ne s’était pas cassée. Lui ne l’est pas. Jamais. Ses ongles s’enfoncent dans sa propre chair, pour lui rappeler qu’il existe.

    Hier, trop de larmes ont été versées. Aujourd’hui, il n’y a pas assez d’actes que l’on peut pardonner. Demain, il sera trop tard.

    Sincèrement, le Nasteen veut essayer. S’améliorer. Devenir quelqu’un de bien. Pas pour Dawn, pas pour Azel. Juste pour lui-même. Cela demande cependant un effort trop important, trop insensé. Tout comme la façon qu’il a de souffler doucement contre la nuque de son aîné, juste pour le faire frémir, lui faire ressentir sa présence. Son innocence ne lui permet pas de penser à d’autres moyens de mélanger les sens, de forcer quelqu’un à se perdre. Ses lèvres s’écartent, comme si, créature vampirique, il comptait planter ses crocs dans la chair qui l’invite au péché et à la malice. Il n’en est rien.

    « J-J… »


    Il n’y a que le son J. Cet étrange bruit, rauque et éraillé, qui détruit sa gorge, qui force les larmes en dehors de ses yeux, encore et encore. Et qui créé un sourire, presque mauvais sans être tordu ou terrifiant, sur ses lèvres. Pourtant, ce n’est qu’un son. Pas assez. Une infime expression de ce qu’il compte faire à présent. Le moment est venu. Le bouquet final, l’acception de son état, de sa propre personne.

    « Je n-ne…»


    Demain, il sera trop tard. Plus rien n’existera et le monde dévasté n’aura même plus d’Aube et de Crépuscule. Demain, Malwen sera en feu encore et encore et il ne pourra pas s’empêcher de hurler. Demain, Lain sera mort parce qu’il n’est qu’une pitoyable excuse pour un frère. Aujourd’hui porte tellement plus d’espoir que le futur. Alors, le Prince, pêcheur, insolent, en pleurs, joint ses mains, comme Dieu le fit.

    « Je n-ne suis pas brisé! »


    C’est un murmure tout autant que c’est un hurlement tant sa voix est instable. Une quinte de toux lui fait avaler des larmes et quelques instants lui sont nécessaire pour que son esprit se calme tout autant que son cœur. Le son, plus puissant que les autres, surgit alors, presque de nulle part. Non, de sa propre gorge. Celle qui le brûle tellement parce que cela faisait presque une année que sa peine y était enfermée. Rain rit, encore et encore, jusqu’à tourner sur lui-même. Jusqu’à ce que son équilibre devienne précaire et qu’il tombe, se retrouvant assis sur le sol trop froid et trop dur.

    « Tu es un crétin, Souless. »

    Sur ses lèvres, un sourire un peu sincère, un brin hautain et juste amusé. Un merci muet qui n’en est pas un. Parce que Rain Clound n’a besoin de personne pour se guérir. Enfin, c’est qu’il prétendra en tout cas. Sa voix est revenue, demain est encore loin et aujourd’hui ne demande qu’à être savouré. Alors, le prince laisse sa place à l’enfant qui n’a pas encore terminé de grandir pour retourner dans son château en attendant que l’on désire sa présence de nouveau.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Mar 5 Avr - 7:49

If I could walk on water,
if I could tell you what's next
I'd make you believe, I'd make you forget



    Il sourit.
    Son regard demeure lié à celui de Rain, du petit prince qu’il doit protéger. Le regard d’un chevalier – d’un preux chevalier ? Un chevalier n’aurait pas échoué, n’aurait pas été au loin pendant que son prince avait besoin de lui. Ça fait comme une faille dans son cœur quand il voit l’œil de Rain, son œil pâle avec cet éclat artificiel à l’intérieur. C’est beau, et c’est à cause de lui. Ce qu’il considère. Dawn ne baisse pas les yeux, pourtant, cette fois. Il ne veut pas. Il est un chevalier, un grand frère, et il protègera son frère de cœur. Il l’aimera.
    Il lui semble que son pouls bat dans ses veines, au creux de sa paume, contre les doigts si fins de Rain, il lui semble que Rain va le sentir, et puis rire, se moquer de lui, retirer sa main.

    Il retire sa main. Les yeux de Dawn s’écarquillent un peu devant la violence contenue, retenue, maîtrisée. La paume retombe, doucement, à terre, les doigts se posent sans résistance sur le sol poussiéreux du dortoir désert. Et puis Rain s’agenouille.
    Le garçon bat des paupières, un peu, quelques temps. Puis ses lèvres s’allument, un sourire y naît, rend son regard un peu plus doux, un sourire aussi dans son regard. Et puis ses mains, à nouveau, se posent sur la taille trop étroite de Rain. Il ferme les yeux.
    Et savoure, sans le vouloir, quelques instants, le souffle sur sa nuque. Un frisson glisse dans son dos, descend vers ses reins, lentement, prend le temps de se propager sur la peau de l’adolescent, jusque vers son cœur qui, alors, bat un peu plus vite, jusqu’à sa bouche qui s’entrouvre, jusqu’à sa gorge qui exhale un soupir, involontaire. Son torse se soulève, s’abaisse, lentement, la lenteur de sa respiration fait durer l’instant. Peut-être que son souffle aussi caresse le cou de Rain, peut-être que le garçon sent sur sa peau la chaleur de Dawn, peut-être qu’ils partagent réellement cet instant d’union à peine murmuré, à peine chuchoté sur la peau de l’autre, cette étreinte des souffles.

    Et puis la respiration s’arrête. Ce n’est qu’un instant, assez pour que Dawn comprenne, ou pense comprendre. Confusément, il a peur, peut-être, que l’espoir soit encore déçu, que les mots s’écoulent à nouveau dans la gorge de Rain, qu’ils ne s’enfuient encore. Mais non. Le son est bien présent, imperceptible mais si évident, juste contre le cou de Dawn, ce son qui va exprimer son identité, son je passé sous silence si longtemps.
    Et puis les larmes caressent la peau de Dawn. Doucement, sa main se lève, passe dans les cheveux sombres, les effleure, se mêle à eux, un geste d’apaisement, simplement. Et puis la phrase arrive, lui parvient, peu à peu, difficilement.
    Rain se lève, et Dawn lève les yeux vers lui. Un sourire, un sourire parfait, immense, un soleil se lève sur les lèvres du bien-nommé. Il déplie son corps agenouillé, le chevalier se relève pour consacrer son épée à son roi.
    Et de rire. C’est le rire de Rain qui a fait naître celui de Dawn, le rire qui l’a fait tomber et qui a fait rire Dawn. Le joli Nissena lui répond, d’une voix légère détrompée par ce regard si doux sous les cils abaissés vers lui.

    « Un crétin ravi d’entendre ta voix, Clound. »

    C’est à son tour de se pencher, de s’accroupir devant lui. Il tend la main, et ses doigts effleurent la joue blanche, en douceur, un rien de taquinerie. Il lui tirerait la langue s’il était lui. Il se contente de s’approcher, de poser ses lèvres sur les siennes, de les mordiller un peu. Il s’enhardirait, il s’enhardirait parce qu’il le veut. C’est évident – d’une parfaite évidence. Ses dents s’attardent, ses lèvres encore un peu plus ; cela ne dure qu’un instant. Déjà, il s’est reculé, s’est relevé. Il a su, bien sûr, reconnaître ce merci à peine glissé entre les mots, l’a longuement savouré. Et c’est pour cela qu’il a retrouvé sa superbe un peu taquine, le coin gauche de sa bouche un peu relevée, pour oublier, aussi, le désir fulgurant ressenti l’espace d’un moment. Il s’est vu l’attirer contre son torse, le garder dans ses bras, le glisser entre les draps blancs de ce lit dans ce dortoir désert, respirer le parfum de sa peau, s’en enivrer. L’avoir. Il s’est vu mêler sa respiration à la sienne, lui murmurer des choses belles, lui dire que sa voix lui a manqué, qu’il lui a manqué, que leurs jeux lui ont manqué, il ne sait pas pourtant pourquoi ce Rain qui se moquait de lui, à moitié nu, dans les douches de Malwen, avait comme disparu, pourquoi il s’interdisait de le désirer à nouveau, par peur, peut-être.
    Il est celui qui a fait sortir les mots de la bouche de Rain. Egoïstement, son cœur bat un peu plus, et la vision brûlante s’estompe à nouveau. Il aurait tellement détesté cette saleté de psy, si ç’avait été lui. Avec toujours cette pointe de honte – si ç’avait été lui, il aurait dû le bénir.
    Mais c’est Dawn. Qui s’assied sur le bord de son lit, simplement, sans un regard aux vêtements emmêlés à ses pieds, entièrement consacré à son frère de cœur.

    « Tu veux continuer l’essayage ? »

    On pourrait penser que les vêtements importent à Dawn au point de ruiner l’instant. Grave erreur. Sous ses airs de bête de sexe, Dawnie est un grand timide.
    Comme c’est mignon.

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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Mer 6 Avr - 22:13

    Son frère de cœur est un être tactile. Qui a besoin de s’assurer que les autres existent, qu’il est en mesure de les aimer, de les chérir, juste pendant un temps. Dawn Souless est incapable de passer son existence aux côtés de quelqu’un si ce n’est pas cet étrange garçon à la chevelure blanche dont il rêve parfois. Il n’y a pas vraiment d’espoir ni d’illusion dans l’esprit de son cadet. Lui ne sera jamais la bonne personne. Il n’a pas besoin d’être au courant des vieilles légendes pour le comprendre. Pourtant, au fond de son cœur, un soupir hautain, caché derrière un froid mordant, lui indique qu’il a sa part à jouer dans cette histoire féérique. Il l’ignore juste encore. Ses paumes appuient un peu plus sur le sol glacé, comme pour l’empêcher de se laisser aller, de faire quelque chose qu’il regretterait, tandis qu’il répond au baiser. L’innocence habite encore son esprit, même si elle est réfugiée dans un coin sombre la majorité du temps. Certaines choses ne sont pas faites pour être cédées. Encore moins à un ami volage qui culpabiliserait au lieu de l’aimer. La connaissance des pensées de l’autre n’a pas lieu d’être. Son regard le dénonce d’une façon vile mais habituelle. Dawn n’a jamais été très doué pour masquer ce qu’il ressent. C’est un livre ouvert, fragile, fort, dont l’histoire change à chaque page.

    Son corps se déplie, simplement et, une fois debout, le garçon lève ses bras vers le ciel, s’étirant un court instant. Sa langue passe sur ses lèvres fines, il y décèle une pointe de pêche, puis se tire à son aîné, pour lui montrer qu’il l’ennuie, parfois. Malgré cela, son amour est bien présent. Il est juste trop jeune pour le mesurer, pour voir dans quelle catégorie il se trouve. A quatorze ans, on trouve que mesurer l’amour est dénué de sens. On aime, on se perd, on regrette. Rain n’échappera à rien. Pourtant, il préfère ignorer son ennemi, le temps, au lieu de l’affronter. Les horloges, les aiguilles qui défilent, cela lui a toujours donné une mauvaise impression, comme un léger coup dans le ventre. Ça ne s’expliquera jamais. Il ne comprendrait pas la raison, de toute manière. Il n’y a que lorsque l’horloge s’arrête et que le piège se referme sur vous pour toujours que l’on réalise à quel point le temps est monstrueux.

    « Hors de question, Souless. »


    Sa voix reste éraillée mais son ton est clair et calme. Le jeu ne l’amuse plus. Ce n’est qu’un enfant insolent qui souhaite passer à un autre, le plus vite possible. Il s’approche, sans vraiment savoir ce qu’il fait, et s’assied sur les genoux de son aîné, son dos contre le torse frêle du carmin. La position est agréable, il peut souffler dans son cou avec un sourire un peu mauvais, pour l’embêter. Et juste se reposer, se sentir bien. Une pause se marque, un instant pendant lequel son esprit ne souhaite qu’un instant de répit, quelques secondes. Que son encéphale de génie cesse de mélanger des pensées inutiles, que son souffle se fasse un peu moins brusque. Le Nissena lui fait, parfois, cette impression. Comme s’il avait trop chaud et trop froid à la fois. Cela l’agace.

    « Tu es un chevalier pitoyable. »

    Ses paupières ont glissé sur ses yeux et il a modifié sa positon pour être assis en travers de l’autre, sa joue contre son épaule. Les mots ne lui échappent pas par mégarde, il les pense. Au fond de lui, il y a un soupçon de colère envers celui qui préfère toujours fuir au lieu de se battre. Même si, au final, il est exactement pareil. Quoique non, le gamin est un brin plus cruel, il accorde moins d’intérêt envers les autres. Ou bien, c’est juste qu’il ne s’en rend pas le moins du monde compte. Il pourrait l’embrasser, capturer ses lèvres, lui demander de lui dire des mots interdits, le forcer à exprimer son amour pour lui, comme un enfant qui désire un jouet dans un magasin et qui n’abandonne pas avant que ses parents cèdent. Il n’en fait rien.

    Au contraire, le petit prince s’écarte, calmement, se redressant sans rien demander en échange. Avec Dawn, tout n’est qu’une question de chance. Il faut être au bon endroit au bon moment. Rain n’a jamais été très doué avec ces choses là. Ses doigts glissent sur l’armoire de son aîné, l’ouvrent. Un air concentré se dessine sur ses traits. Il calcule tout ce qu’il pourra embarquer, voler, et cacher dans ses affaires. Sans compter que Leonard ne sera plus utile à présent. Quoiqu’un porteur, ce n’est jamais négligeable. Surtout lorsque c’est un gamin de riche trop brin élevé pour protester trop longtemps. Discuter avec lui manquait à Rain. Tout comme le faire avec Cassandre. Surtout que l’apathique n’a jamais réalisé le moindre effort pour tenter de le comprendre à partir du moment où il s’est retrouvé dénué de voix.

    « Tu ne seras jamais à moi. C’est dommage. »


    Il n’a rien d’un amoureux éperdu. Ce n’est qu’un môme un peu insolent qui fait brusquement volte-face pour tirer la langue à ce pauvre Souless qui n’a aucun contrôle sur ce qu’il ressent. Rain ne parle pas d’amour. Les Clound évitent d’employer de tels mots. Ça ne se fait pas. L’amour est une possession, une force qui vous fait autant de mal que de bien. Le génie n’est pas dérangé par cette idée, il est un brin masochiste sur les bords, après tout. Ses yeux se ferment et il fait un tour sur lui-même, comme pour dire que ce n’est rien, qu’il ne faut pas y songer plus que nécessaire. Pourtant, dès que ses prunelles sont de nouveau visibles, ses doigts, sans la moindre hésitation, attrapent ceux de Dawn et il l’entraîne dans une danse sans but, qu’il mène autant que possible. Pour lui couper la respiration, pour le faire tourner encore et encore. Lui rappeler de vivre, s’excuser de n’être qu’un visage au milieu de centaines d’autres, pas le bon. Le manège ne cessera que lorsque le plus jeune le désirera. Parce qu’il est ainsi, avec ce besoin de toujours contrôler la situation, d’exprimer ses intérêts au monde entier.

    Son corps ne s’arrête que lorsque sa gorge le brûle. Il n’est vraiment pas malin, pour un génie. Faire cela alors qu’il avait déjà mal avant. Il ne regrette rien et se contente de se laisser tomber, sur le lit, après s’être écarté de son aîné. Il s’allonge sur les draps frais et ferme les yeux, ayant bien besoin d’une pause. Souless lui brûle toujours toute son énergie.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Mer 13 Avr - 2:21

[ Désolée pour la qualité vraiment médiocre de ce post, sans parler de sa longueur. Je ferai mieux la prochaine fois. ]



    « Je t’aime. »

    Combien de fois l’a-t-il dit ? A combien d’autres corps s’est-il donné, à combien d’autres cœurs a-t-il offert ce qu’il avait de plus précieux ? Le cœur d’un garçon de seize ans est fragile, une rose sous une cloche de verre, qui, lentement, perd ses pétales.
    Il en reste quelques-uns à Dawn, et Rain, peut-être, en est un. En aurait été un. Après tous les autres, après Evangeline, après Kris, après tant d’autres, qui resterait-il vraiment ? Ce garçon dans un rêve. Quelqu’un, un jour, le lui a dit – l’a mis en garde contre l’illusion. Bien sûr, alors, il ne connaissait pas la légende ; Dawn aussi l’ignorait. « Et il a réalisé, surtout, que les rêves et le passé ne deviendront ni réel, ni présent. Le plus beau des rêves, pour rester beau, doit rester rêve. » Quelle naïveté.

    Et pourtant Dawn se perd. Les amours passent, le rêve demeure encore, longuement, présent dans chaque nuit, tendre comme un crépuscule, amoureux, et Dawn, le jour, aime d’autres réalités. Rain parmi elles, bien sûr, Rain et ses mouvements, et sa parole retrouvée, et ses lèvres, et son corps, et sa fragilité, et sa beauté. Son frère de cœur. Un lien réel, l’un des premiers liens réels quand les autres n’ont été qu’illusoires. Qui peut se targuer de demeurer important à ce gamin si capricieux ? Un mort, un enfant blessé, une petite princesse. Admiration, vénération, désir, protection, rires, douceur. Rain parmi eux, qui le regarde avec ces yeux défiants, qui rompt l’instant.

    Et l’illusion avec lui. Rain n’est pas dupe ; Rain sait. Un soupir, doux, effleure les lèvres du Nissena, tandis que l’autre s’approche, qu’il revient vers lui, qu’il lui pardonne. Ça aussi, c’est illusoire. L’autre joue, ou peut-être fait semblant de jouer. Les mains de Dawn demeurent posées sur le lit, simplement ; il ne le touche pas. L’apaisement, la douceur de l’étreinte, la chaleur de l’instant, la beauté de la tendresse, tout cela est brisé, balayé simplement par la constatation du Nasteen.
    Dawn n’a jamais été doué pour protéger ceux qu’il aime. Trop lâche, trop effrayé par les conséquences. Il voudrait l’enlacer, le garder contre lui, fermer les yeux lui aussi et savourer la chaleur de la joue sur son épaule, du souffle doux dans son cou. L’attirer un peu plus contre lui et prolonger le moment de répit. Rain n’a pas voulu.
    Il a bien fait, peut-être. Pourtant il semble à Dawn, Dawn l’éternel amoureux, Dawn qui n’a jamais eu de vrai sentiment, que son cœur se casse un peu encore, que quelque chose tombe tout au fond de son ventre et y pèse jusqu’à faire remonter ses larmes dans sa gorge. Alors il ne cherche pas à le retenir quand Rain part, parce qu’il se dit qu’il a raison, qu’il aurait pu – du – mieux faire. Il ne se bat pas, c’est tellement plus facile de renoncer déjà.

    S’il remarquait le manège de Rain, peut-être se battrait-il un peu plus. S’il ne se bat pas pour ceux qu’ils aiment il pourrait au moins se battre pour ses vêtements, pour éviter que ses précieuses conquêtes textiles ne se retrouvent dans l’armoire d’un autre, fût-ce de la personne la plus importante à ses yeux en ce moment. Mais bien entendu, le regard dans le vague, les lèvres entrouvertes, Dawnie offre un spectacle bien peu présentable : un idiot vaincu, vaincu par de simples paroles.

    Paroles à nouveaux, qui lui font relever les yeux. Cette fois son attention est rappelée, redescendue du « rien » vers cet être si cher et si insupportable. C’est dommage. Dommage ? Peut-on sérieusement être plus idiot ? Dawn met tout ce temps à comprendre, à cligner des yeux, à accélérer les battements de son cœur, à faire le tour de la question, à avoir un mouvement pour se lever. Rain serait amoureux de lui. Amoureux alors que Dawn a été un si mauvais chevalier. Et puis tout à coup ce roi à qui il a juré allégeance revient vers lui, l’entraîne, lui fait tourner la tête. Il se laisse faire, danse sans y prêter attention, les yeux rivés sur son suzerain. Qui s’écroule, dont le torse monte et s’abaisse si rapidement, dont le corps est étendu là en travers du lit de Dawn.

    Le gentil chevalier s’approche. En silence, pour ne pas briser quoi que ce soit, le repos de Rain peut-être, et puis il le regarde. Je pourrais être à toi. Maintenant. Il n’ose pas le dire, pourtant, et se penche vers le bel endormi. Doucement, il place un genou sur son lit, entre ceux de Rain, pour se rapprocher encore, mieux le regarder. Il est beau, il manque de souffle… Peut-être Dawn devrait-il lui en prêter.
    Et il trouve cette idée charitable, le gentil chevalier. Il se baisse, jusqu’à ce que son torse touche le sien, jusqu’à ce que les mèches écarlates de ses cheveux effleurent les joues de Rain, jusqu’à ce que ses lèvres caressent les siennes.
    Et s’en emparent. Ses cils s’abaissent, sa bouche s’entrouvre, pour laisser la Bête donner un baiser à la Belle au bois dormant. L’une de ses mains glisse, glisse vers sa main, y mêle ses doigts. Et puis tu pourrais être à moi.
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Rain Clound
MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Mer 13 Avr - 3:30

    L’instant n’est qu’une chimère. Un projet illusoire qui n’a aucune chance se de réaliser ou, pire, d’aboutir à un quelconque bonheur. Les mots de son frère de cœur, deux simples termes qu’il abhorre, lui arrachent un soupir. Un de ceux qu’il a parfois, hautain et doux. Comment être en colère contre un enfant qui n’a pas la moindre conscience des paroles qui lui échappent ? Ce qu’il a devant les yeux, c’est un ange qui a décidé d’aimer tous les humains, avant de réaliser que, pour entreprendre cette folie, il ne pouvait apprécier chaque être qu’une infime seconde. Le prince se refuse à cela. Il n’est pas qu’une image au milieu de centaines. Si Dawn est incapable de le distinguer clairement, alors il ne le mérite pas. La valeur de ce qui nous entoure ne dépend que de l’avis de chacun. Clound, lui, aurait aimé posséder le monde entier sans jamais avoir à l’aimer, à rêver de mèches carmins et de douceurs dénuées de sens. Si cela était un jeu, le plus jeune n’aurait qu’à claquer ses mains l’une contre l’autre pour que les aiguilles cessent de tourner, pour faire tomber la barrière. Ici, la seule chose qu’il est capable de réaliser est une dureté illusoire sur ses traits juvéniles.

    Un semblant de pêche au coin des lèvres. Un souffle contre le sien. Ses prunelles cachées refusent de se révéler. Pas déjà, cela n’aurait rien d’intéressant. A l’instant où leurs regards se croiseront, la réalité les frappera, encore et encore, jusqu’à les laisser pour morts. S’ils se séparent cela signifie qu’ils étaient trop proches. S’il le quitte, Rain sait qu’il ne sera pas capable de regarder en arrière. Avancer est sa protection du jour. Il ne peut s’y défier. La position est troublante, ce genou entre les siens, ses doigts qui tentent de s’accrocher aux siens. Ce baiser dénué de sens et un peu trop rempli d’amour. Les battements du cœur de l’autre résonne contre le sien et il a l’impression que sa respiration en est coupée. S’il s’appuyait un peu plus, leurs lèvres resteraient scellées pour l’éternité. Et Dawn l’écraserait de son poids si frêle. Il empêcherait ses poumons de fonctionner. Cet enfoiré. Est-ce que ce n’est pas ce qu’il tente de faire, à chaque seconde, depuis des mois ?

    Sa main se dégage de celle qui tente de l’emprisonner. Je ne suis pas à toi. Se glisse au milieu des mèches qui chatouillent ses joues, pour tirer dessus. Légèrement. Assez pour que sa respiration lui revienne. Suffisamment pour se redresser, sur un coude. Ses yeux reviennent à la vie, laissant voir leur bleu presque électrique. Sa langue passe sur les lèvres de son amant, dans un geste obscène et qui signifie beaucoup. Ou peut-être rien. Après tout, Rain n’est qu’un enfant. Il n’a rien à voir avec ces choses là. Contrairement à celui qui change de chemise comme d’amant. Soit quatre fois par jour au minimum. Un mensonge se dessine sur son visage, prend forme au creux de sa pauvre gorge qui avait été épargnée de ce type de torture ces derniers mois. Ce garçon ne dit la vérité que lorsqu’elle l’arrange, que sur un ton insolent, pour la rendre plus douloureuse et moins pure.

    « Tu en a mis du temps pour t’en apercevoir, Souless. »

    Sa langue se tire, lèche de nouveau, la joue cette fois. Cet enfant n’a pas la moindre tenue. L’instant se brise lorsque ses doigts glissent dans sa propre chevelure, en profitant pour remettre quelques mèches sombres à leur place. Vient-il de faire une déclaration ? L’interprétation est libre à son vis-à-vis. Hors de question qu’il en dise quoi que se soit de plus. Cela n’ajouterait rien. Sa respiration ne reviendra pas, son cœur refusera de se calmer, qu’importe ses mots et ses gestes. La paix est utopique et Rainy n’est pas du genre à hisser le drapeau blanc sans quelques combats.

    « Je ne veux pas sortir avec toi. »

    Son ton est étrangement clair, calme. Aucune once de rancœur n’y perce. Autant ne pas demander quelque chose qui nous détruirait. Ne pas finir comme cette jeune fille blonde qui a été abandonnée et qui a eu le cœur brisé. La guerre a apporté assez de drames, pas un de plus ne sera accepté. Son corps ne s’écarte pourtant pas. Ses doigts retournent dans la chevelure de son chevalier peu compétant et il ne le quitte point du regard, se refusant à se détourner. Il ne veut pas l’abandonner. Le blesser, l’avoir, peut-être. S’en séparer, hors de question. L’enfant-roi collectionne les jouets mais on lui a dit qu’ils étaient trop précieux pour s’en servir alors il les observe. Comme des papillons aux ailes accrochées à des tableaux, prisonniers. Oh, pour l’instant, il en a peu. Cependant, la qualité prime sur la quantité, n’est-ce pas ? Et Dawn, avec sa beauté inhumaine, son innocence impure, est son favori.

    Son front se pose contre celui de son aîné, pour voir s'il peut sentir son cœur battre à la place de son encéphale. Même pas. Un court baiser est donné en offrande à ce jeune homme peu adroit. Et le prince sourit, d’une façon vaguement mauvaise. Au fin fond de son esprit, un enfant habillé de bleu, la couleur royale, applaudit joyeusement. Il aime Dawn. Tellement.

    « Mais, chevalier, tu es à moi. »

    L’affirmation perce dans sa voix éraillée. Ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer. Il y a un brin trop de paroles, pas assez de gestes. Mais si les humains passaient leur temps libre à se baver dans la bouche, rien n’avancerait. Rain le réalise pleinement. C’est pour cela qu’il change de position, se plaçant en tailleur sur le lit, ses coudes sur ses genoux et son menton posé sur les premiers nommés. Il veut mémoriser chaque partie du visage de son amant, enfin futur amant, avant de l’avoir rien que pour lui.

    « Tu veux retirer ton haut toi-même ou je vais m’en devoir m’en charger ? »

    L’insolent garçon n’a même pas l’air troublé par ses propres paroles.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE - Ven 15 Avr - 3:31

« Je vois s'entrebattre des gestes,
Toute la comédie des amours
Sur cet air qui va toujours :
Padam, padam, padam ! »



    La comédie des amours. Qu’est-ce que c’est ? Pour Dawn, c’est un jeu, un jeu qu’il faut gagner à tout prix, un jeu à l’issue duquel il faut échapper, absolument. C’est toujours la même chose, le plaisir toujours renouvelé. Et pour Rain, qu’est-ce que c’est ? Les prunelles claires de Dawn cherchent celles de son cadet, qui se dévoilent, enfin, essaient d’y trouver la réponse. S’il vient de lui faire un aveu, sans même y penser, sans même s’en rendre compte, sans même avoir eu conscience que parfois les mots qu’il dit dans sa tête franchissent aussi ses lèvres, il demeure toujours un peu naïf, comme étonné, circonspect à la vision de ce corps sous le sien.

    Qui serait-il s’il se contentait de la vision ? Mon dieu, un bien digne chevalier. Et Dawn et indigne, et Dawn ne se contente pas du spectacle. Il ressent. Il ressent dans ses cheveux les doigts qui glissent, qui empoignent ses cheveux, qui les tirent un peu ; ça ne lui fait pas si mal que ça, juste assez pour qu’il se redresse et que Rain soit libéré. Rain obtient toujours de Dawn tout ce qu’il veut. La caresse laisse échapper un frisson qui altère sa nuque, ce creux obscène entre ses omoplates, ses reins enfin. Et sous lui toujours ce corps si fin. Il se demande, un instant, ce qui va se passer. Peut-être qu’ils vont coucher ensemble. L’idée lui semble étrangement lointaine, presque irréaliste – et la langue de Rain sur ses lèvres. C’est sensuel ; cela le troublerait presque. Sa bouche s’entrouvre, un peu, son souffle effleure celui de son frère de cœur.
    Il rit. Sans trop savoir pourquoi, les paroles de Rain le soulagent – et dire qu’il ne s’agit que d’un mensonge. Naïvement, oui, Dawn rit, de bon cœur, la gorge un peu dénouée tout à coup. Mais ce n’est pas vraiment grâce au premier sous-entendu qu’il se sent tellement plus léger ; les mots du Nasteen sonnent comme une acceptation, une invitation peut-être, comme s’il lui prenait la main. Un sourire idiot étire donc ses jolies lèvres charnues, tandis qu’il le regarde, et qu’il interprète tout à loisir la réponse. A nouveau, la langue, sur sa joue cette fois, le fait rire. Il a l’air heureux ainsi. Et c’est vrai qu’il l’est, parfaitement, pleinement, à cet instant. Il a l’impression qu’il ne pourrait pas l’être plus, comme d’habitude.

    Et la suite ne fait que confirmer cette félicité. D’une autre façon, peut-être – plus réfléchie, plus prostitutionnelle. Ne pas garder de relation suivie avec Rain est un soulagement, celui d’une angoisse à laquelle il n’avait même pas pensé. Si jamais il avait osé vouloir construire ce genre de chose avec son frère de cœur, cela aurait tout gâché, de façon tellement évidente. Mais si Rain refuse… Si Dawn n’a pas à le demander, si son souhait, ou disons erreur, est contrarié avant même d’être formulé, alors ils peuvent demeurer ensemble.
    Être un papillon, un joli papillon aux ailes chamarrées soumis aux caprices d’un enfant terrible, lui convient parfaitement. Il y a, vous savez, cette façon d’emprisonner un papillon, cette façon de le prendre entre ses doigts en gardant la main un peu ouverte, c’est la façon de prendre Dawn aussi. Ne rien en attendre, ne pas l’étouffer, ne pas le laisser se lasser si vite. Rain semble connaître Dawn, sinon mieux, aussi bien que lui-même, et cela cause au rouquin une indicible joie.
    Il a l’impression, aussi, de lire cette même joie au fond, tout au fond, des yeux du garçon, tandis que leurs fronts se touchent. Ce n’est bien sûr, peut-être, qu’une impression, un reflet de l’euphorie qui danse dans les iris brillants de Dawn qui se serait jeté dans ceux de Rain. Ou peut-être pas ; peut-être sa joie, son amour, sont-ils réels. Il ne préfère pas y réfléchir et ferme les yeux, se laisse apaiser par le contact de la peau fraîche du jeune Nasteen. Et savourer ce baiser, et savourer ce cadeau, comme un roi offre une épée à son vassal.

    Il est bien un papillon. Papillon qui vole à nouveau, qui s’écarte tandis que l’enfant qui l’a recueilli se déplace, qui se laisse contempler, complaisant, étirant ses ailes, faisant valoir ses si jolies couleurs. Un gamin bien fascinant – se faire capturer par un autre n’aurait pas été intéressant. C’est ce qui lui vient à l’esprit alors que la voix de Rain s’élève, un peu trop haute, un peu trop provocante. Et, de nouveau, le papillon rit de son beau rire d’amant, de futur amant oui, et s’offre.

    « Laisse-moi commencer le travail. »

    L’éphèbe est beau. Un sourire au coin des lèvres, comme un prince grec avec une cigarette à bouche, il entreprend de se plier à l’exigence du joli suzerain. Tout à l’heure, avant l’arrivée de Rain, il avait sorti cet ensemble si bien assorti de son placard, un peu dénudé, un peu décalé, qui aurait si bien convenu à la débauche de l’instant. Et pourtant, Dawn porte une chemise. Blanche, aux boutons de tissus sans ostentation – il les défait, un par un, en partant du haut. Un premier libère les premiers éclats clairs de son torse, un deuxième dévoilerait presque ses mamelons à peine rougis, un troisième achève tout à fait leur corruption, un quatrième exhibe des abdominaux plats, légèrement marqués, presque féminins. Le cinquième et le sixième n’en finissent plus de se détacher, c’est que les doigts de Dawn trembleraient presque, et se rendent, enfin, cèdent au regard de Rain leur trésor si jalousement gardé.
    Blanc sur blanc ; Dawn est assis en face de son cadet, en tailleur lui aussi, la chemise ouverte sur une peau d’albâtre, se laisse admirer un instant, et puis se rapproche. Sa main, doucement, glisse sur la joue du Nasteen, tandis que l’extrémité de ses doigts glisse dans ses cheveux. Et ses lèvres de se nicher au creux de son cou ; la peau de Rain a un goût délicieux.

    Trop peut-être. Soudain il recule ; sa chemise, qui avait déjà commencé à déserter, est rattrapée et passée à nouveau sur les épaules rondes. Si son frère de cœur le veut vraiment… Si son frère de cœur revient vers lui… Mais il ne veut pas hâter cela. La peur du Don Juan devant la vierge, malgré tous leurs échanges, toute leur sensualité, toute leur envie. Un sourire glisse à nouveau sur ses lèvres, sans laisser à l’autre le temps de deviner son trouble, son hésitation. Il ne veut pas gâcher cela à Rain. Un baiser, doux, langoureux – maîtrisé aussi, avant de s’écarter.
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Un pull trop grand [ Rain ] - TERMINE -

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