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 If it was you? - {Dawn & Seth}

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Seth Ezekiel
Prof. Sortilèges et EnchantementsProf. Sortilèges et Enchantements
MessageSujet: If it was you? - {Dawn & Seth} Ven 11 Fév - 23:30

    Dong...Dong...Dong...
    Au loin, perforant le silence de la nuit, le clocher d'un petit village sonnait les douze coups de minuit. Pourtant, rien dans la clarté de la nuit ne laissait présager une heure si avancée. Des milliers de lumières scintillaient sous la voute céleste, éclairant de mille feux les brins d'herbe du terrain de Quidditch. Les cercles dorés, volant à quelques dizaines de mètre du sol semblaient s'enflammer, reflétant les torches divines, étoiles vaporeuses dans une soirée aux multiples nuages cotonneux.
    Le vent soufflait par bourrasque, doux et rafraichissant. Il balayait sans violence les feuillages des rares arbres qui avaient passé l'hiver couverts, et secouait amicalement les moins résistants. Avec une certaine vigueur, il coiffait le gazon sauvage qui s'écrasait sous les pas d'une ombre silencieuse décoiffée.
    Depuis un certain moment déjà, l'homme qui marchait sur la pelouse avait planifié sa petite escapade. L'excitation due à cette enfreinte au règlement le faisait trembler de tous ses membres. Balais sur l'épaule, cape et capuche enfilée, il filait entre les arbres, sortant du sentier battu qui conduisait au stade. Les branches, la terre et les cailloux craquaient sous ses semelles, n'éveillant ni ses sens ni sa peur.
    Ne connaissant pas encore tous les recoins de l'école et du parc, il avait prit l'habitude d'y aller en ligne droite. Chemin qu'il s'était tracé la première fois et qui, depuis, n'attendait que lui pour s'ouvrir sous ses pieds. Écartant buissons et épines, il parcouru une bonne centaine de mètres sans paroles, guidé par l'émotion, l'adrénaline. Et un léger sort de cartomancie qui lui indiquait sans jamais se tromper le Nord qu'il suivait avec application.

    « Ah! »

    Le contact de son pied contre une structure le força à s'arrêter. Fort de cette découverte, l'homme secoua la baguette magique qui, éteinte, fut rangée dans la poche interne du blouson qu'il portait sous sa cape. Il posa sa main sur la barricade de bois et poursuivit sa route vers la droite, sans jamais se défaire du contact visuel et touché. Sous ses doigts gantés, une des constructions de l'estrade le menait vers l'entrée du Stade. Il n'aurait qu'à tourner une fois à gauche, puis à avancer tout droit, pour se retrouver au milieu de son milieu naturel. Le sourire qu'il affichait s'élargissait à chaque pas.
    Il fit une légère pause, soulevant le bâton qui posait lourdement sur son épaule, calant les appuis des pieds contre sa nuque pour ne plus qu'il glisse. Puis il se remit à marcher. Lorsque ses doigts ne sentirent plus la rugosité du bois, il se mit à courir, riant à gorge déployée.

    « Et rentrent à présent les Comètes de New-York, sur leur Éclairs de Feu. Ils sont vêtus de leur uniforme bleu nuit saupoudré de poussières d'étoiles! »

    Il arracha l'attache de sa cape et fit négligemment retomber sa capuche en secouant la tête. Il laissa ces dernières tomber sur l'herbe humide. Ses pas couinèrent quelques secondes, cri d'une rencontre entre le caoutchouc sec et la rosée, puis le feulement du balais qui démarre arracha un rire bref à l'homme tout de bleu recouvert. Des cheveux aux pieds, en passant par les gants et les yeux. Une flamme éclaira son visage et s'éteignit aussi vite qu'elle était apparue, aussi vite qu'il avait fait un premier tour du Stade. Saluant un public qu'il n'avait pas ce soir, saluant une foule imaginaire et pourtant si bruyante à ses oreilles.
    Le méconnu Seth Ezekiel, ancien Aurore, nouveau professeur et ancienne ex-future star du Quidditch s'élevait maintenant à hauteur des goals brillants. Tel un Merle, il piqua en leur direction, pirouette à tout va, libre comme l'air. Il franchit le premier, fit demi-tour vers le second et parcouru l'entièreté du terrain pour retourner vers les autres cercles d'or. Quelques prouesses acrobatiques plus tard, il se repositionna au centre du terrain et fit du surplace. Accroché d'une main à son balais, il fouillait la poche où dormait sa baguette de l'autre, cherchant un petit quelque chose rond sur lequel il ne tarda pas à refermer la main.

    « Te voilà, fripouille! Vas-y, à ton tour de t'amuser un peu. De te dégourdir les ailes. »

    Victorieux et toujours si heureux, il ouvrit la main face à lui. Il fallut une petite dizaine de secondes pour que, certain d'être en toute sécurité, la boule dorée s'extirpa de son sommeil bienfaiteur. Il n'en fallu pas d'avantage pour qu'elle déploie ses ailes et s'envole, tournoyant telle une abeille par dessus Seth qui l'observait, les yeux rieurs. Le bourdonnement s'étira, s'allongea, s'éloigna, se précipita, revint puis s'éloigna à nouveau. Et lança la course-poursuite.
    Dans la clarté de cette nuit qu'il planifiait depuis le début de l'année, il parvenait à repérer la sphère brillante, à des dizaines de mètres, si pas une bonne centaine.
    Pourtant, il la laissa filer un bon moment avant de se lancer à sa poursuite. Une certaine mélancolie s'était éveillée en lui, et son sourire si charmant s'était évaporé subrepticement, contre toutes attentes. Il ne lui fallut pas longtemps pour mettre la main sur le Vif d'Or, et moins encore pour mettre son balais de côté. Assit au milieu du but central, les cales de son balais lévitant à ses côtés, il poussa un long soupir d'aise. L'air était plus frais, la nuit plus noire. Son cœur aussi.

    Mais une nouvelle étincelle sembla s'allumer, non pas dans le ciel, ni en lui. Au milieu du terrain, une frimousse rousse et esseulée lui arracha un sourire. Il reprit son balais, s'arracha sans pincement à sa solitude.

    Dawn Souless marquait un point.
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Dawn Souless

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Âge: Dix-neuf
Sexe: Je serais capitaine
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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Sam 12 Fév - 8:30



    C'était une belle nuit, une nuit claire et brillante, une nuit douce et pâle. C'était une belle nuit, et Dawn ne dormait pas.
    Il n'était même pas rentré au Dortoir ce soir-là. Volontairement, il s'était laissé perdre dans l'héritier de ce qui avait été un château polymorphe, mais Swelty n'était pas Malwen et ne lui tendrait aucun piège. Alors il avait marché, simplement, laissé ses pas aller un peu au hasard des couloirs, sans parvenir jamais à s'oublier. Il reconnaissait tout, et cela le faisait soupirer.

    Il était beau. Un tout jeune homme, à peine plus âgé qu'un garçon, blottit sous des vêtements qui lui allaient bien. La nuit était belle mais il avait froid. Il croisa les bras, enfouit ses mains dans les manches de grosse laine beige, rentra un peu le cou dans ses épaules. Le pull immense, dans lequel son torse fin se perdait si joliment, lui tenait chaud, il n'avait que le froid du cœur. Et pourtant cela faisait courir des frissons dans son dos, longuement, longtemps. Il marchait lentement, respirait simplement.
    Il croisait, de temps en temps, des élèves, de ces aventuriers rieurs qui s'avidaient de mystère. Swelty, la nuit.
    Il leur retournait leurs sourires, inclinait la tête de temps en temps pour décliner une invitation. On avait trouvé un nouveau passage secret, on allait boire un verre au village, on avait envie de baiser.
    Il n'aurait pas refusé, pas forcément ; ce soir il n'en avait pas envie. Aucune envie, de rien. Et pourtant il continuait son chemin, regardait autour de lui comme s'il redécouvrait le château. Swelty, la nuit, était belle. Altière, douce aussi pourtant. Sa peau de pierre la rendait majestueuse, et elle paraissait être ainsi depuis des siècles, tout cela n'était qu'illusion. Elle n'était pas née un an auparavant.
    Il se cacha pour éviter un concierge trop avisé.
    Et puis il reprit sa route, le torse agité de temps en temps d'un soupir, parvint dans le grand hall. Swelty, la nuit, était pleine de fantômes, visible ou non, réel ou non, ce fantôme-là. Il resta immobile au milieu de la grande pièce vide. Les escaliers, derrière lui, lui semblèrent étrangement réconfortants. Ce n'était pas ces marches qu'avaient foulées des morts. Ils étaient anonymes, perdus dans les ruines de Malwen, et il semblait à Dawn que l'un d'eux était différent. Une course en pleine nuit, un homme qui quitte sa couche, un homme qui s'enfuit, cela s'était déroulé il y a si longtemps.

    Il avança. S'il n'allait pas nus pieds, il lui semblait pourtant sentir sous lui le froid du sol carrelé. Un tableau agita la main, Dawn lui rendit son salut, un peu distraitement ; il voulait sortir.

    "Accio écharpe."

    Il s'assit par terre pour attendre la pièce demandée, occupa ses pensées par des choses et d'autres, et puis l'écharpe arriva. Il l'enroula autour de son cou, sa longue écharpe chaude. Porte ouverte, en douceur, avec précaution, juste assez pour laisser passer un corps adolescent. Refermée ; il leva la tête.
    Le ciel brillait. Le noir était un peu pâli par les étoiles ; elles étaient d'une blancheur froide, étrangement souriante. On dit que les étoiles chantent, on dit beaucoup de choses dont Dawn ne se préoccupait pas tant. Un sourire se dessina sur ses lèvres un peu gercées, et il remonta l'écharpe sur son menton. Ainsi blottit, il avança.
    C'était, oui, contraire au règlement, mais beaucoup transgressaient cet ennuyeux interdit. La légende des frères Weasley hantait les esprits jusqu'ici, en Amérique, des années après l'évènement supposé, et l'on organisait régulièrement des parties au fond du parc. Certains avaient même élu quelques souterrains comme cachette officielle. Dawn ne pensa pas à se cacher, et puis la nuit était silencieuse.

    C'était une belle nuit. Il suivit le chemin, le regard un peu rêveur peut-être, avec l'envie tout à coup de se perdre dans une réalité absente ou autre. Lui ne connaissait pas tous les chemins, encore moins celui de la ligne droite. Il n'allait pas vers le Stade - pourquoi y serait-il allé ? Il se contentait de marcher. Il enfonça ses poings dans ses poches, souffla dans son écharpe qui lui laissa aux lèvres son souffle chaud. Un frisson. Il crut, un instant, entendre des pas à quelques mètres de lui, mais rien ne se passa et il soupira, un peu. Du moment que ce n'était pas un professeur... Il continua, lentement, traînant un peu des pieds. Détours alentours.
    Il n'allait pas vers le Stade, et pourtant il s'y trouva. Soudain, devant lui, l'étendue de l'herbe noire ; autour de lui, les montagnes des gradins. L'air était tranché, il leva la tête. Une silhouette sur un balai.
    Il la suivit du regard quelques instants, s'avança encore sur la pelouse, la tête renversée en arrière. Offert ainsi à la lune il était beau, ses cheveux rouges brillaient un peu, ses yeux aussi. L'autre était doué. Il s'assit sur l'herbe glacée, laissa la nuit s'assombrir encore quand l'homme s'assit tout là-haut. Il le regarda et un rayon de lune - qui dit que la lune est traîtresse ? - lui dessina son visage, un reflet dans des cheveux sombres. Ses lèvres s'entrouvrirent ; Seth Ezekiel.
    Il se leva, sans détourner les yeux de lui. Cet homme... Pourquoi cette nuit ? Une course, il quitte sa couche, il s'enfuit. Cet homme, cet homme lui en rappelait un autre.
    Sans qu'il ne sût bien pourquoi, peut-être le vif de ses yeux, mais les couleurs différaient, peut-être la hauteur de sa silhouette, peut-être quelque chose d'autre, une impression, une aura, un point commun. Dawn n'aurait su dire lequel et il recula d'un pas, l'autre avait pris son balai. Lui n'en avait pas.

    Pas ce soir. Il n'avait pas envie de voir un fantôme. Car c'était tout ce que Seth était à ses yeux cette belle nuit-là, la réminiscence d'un mort. Au matin il avait disparu. Puéril et capricieux. Dawn, en classe, demeurait le même - toujours changeant, attentif ou insupportable -, mais il ne prêtait pas attention à son professeur. Pas trop. Il devait être le seul être divinement beau de Swelty que Dawn n'avait pas outrageusement contemplé.
    Si, le tout premier jour, jusqu'à ce qu'il fasse le lien, ce qui n'avait pas pris trois minutes. Après, non. Il fit encore un pas en arrière, soupira. Il faisait de son mieux, vraiment. Bien sûr Seth n'était pas un fantôme, et n'avait rien à avoir avec le mort. C'était puéril et capricieux ; il lui arrivait pourtant de lui en vouloir de lui être si semblable, et si différent. Leur relation pourtant n'avait jamais été proche, ils étaient amis et Dawn l'aimait beaucoup. Au matin il avait disparu.
    L'homme allait venir vers lui et la politesse empêchait Dawn de tourner les talons. Son écharpe cacha sa bouche et il attendit. Ce n'était pas Joshua.

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Seth Ezekiel
Prof. Sortilèges et EnchantementsProf. Sortilèges et Enchantements
MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Lun 14 Fév - 9:52

    Le vent, un instant, le frigorifia de l'intérieur. Ses os eux-mêmes semblèrent se congeler. Mais l'impression passa bien vite. La brutalité du courant d'air rendait ses joues brûlantes, piquantes, tandis qu'il fendait le temps. La tâche rouge, par terre, trou béant vers l'enfer l'attirait inexorablement. Pourtant, il se posa assez loin de celle-ci, dans le néant que représentait l'herbe humide.
    Le balais crachota lorsqu'il dû freiner. Un engin pourtant rodé mais qui, d'usure et d'ingratitude, gonflé par l'hiver et soufflé par l'été, n'était plus ce qu'il avait été. Les pieds tapèrent le sol pour s'y poser rapidement, peut-être un peu trop lourdement, dans un bruit sec, douleur freinée par des semelles habituées.
    L'homme fit passer sa jambe par-dessus le manche, s'éloigna de quelques pas sur la droite et s'abaissa, disparaissant, se fondant dans l'obscurité si soudaine.
    Là-haut, il fait toujours plus clair. Sur les goals de Quidditch, posé sur ce toit du monde, on peut voir les dernières chandelles allumées dans Swelty et les quelques lumières des villages avoisinant. Ça donne l'impression d'être le vendeur de sable, le veilleur de lanternes. Ou d'être le dernier homme éveillé, qui veille sur le sommeil de tout un chacun. Bien que Seth n'ait pas cette prétention. Ombre parmi les ombres, voilà ce qui lui plaît. Silencieux sur l'herbe, lorsqu'il ramasse sans déni ce qu'il reste de sa splendeur passé. Une cape mouillée, un peu déchirée, un peu tachée de terre maintenant.

    Puis il se redresse. Son visage clair se démarque du noir de l'herbe, du noir de sa tenue, de ses cheveux et de ses yeux. D'un mouvement ample, il replace sa cape sur ses épaules et la serre étroitement autour de son accoutrement de joueur, d'ancien joueur. Il affiche toujours ce beau sourire, cet air angélique et rieur.
    Pourtant, il n'a plus tant envie de rire. Il fait trop sombre, ici bas. Au loin, seul cet amas de rouge lui donne envie d'être plus heureux. Pourquoi?
    Il remonte sur le balais, donnant un coup sec sur le sol. Un feulement, un bruissement, et dans la lenteur du temps qui s'écoule après minuit, il se rapproche du petit être qui devient grand. Du feu qui devient homme, du diable qui devient ange.

    « Quel mauvais tour du sort, n'est pas, Monsieur Souless? Tomber sur un professeur au milieu du stade désert...»

    Punition, retenue? Et Dawn ne courrait pas. Ce gosse le regardait, ses yeux bleus si époustouflants fixant la nuit. De la peur, peut-être. Comme un enfant trop obéissant qui enfreindrait une règle pour la première fois. Larmoyant aussi. Mais la candeur et la douceur de Dawn n'avaient rien à voir avec tout cela. Avec cette bassesse que son âme innocente ne devait sans doute pas connaître.
    Parce que depuis son arrivée à Swelty et le premier cours que ce cher Seth avait donné à Dawn, il n'avait pu s'empêcher de ressentir ce sentiment. Lorsqu'il lui posait une question, ou ramassait un devoir. De la douceur cachée sous une légère couche de terreur ou quelque chose qui s'y apparente. Mais Ezekiel n'est pas psychologue. Il est à peine capable de saisir l'ironie quand elle ne vient pas de sa propre personne. Mais après tout, qu'est-ce que cette lueur tremblante dans le regard du gamin pouvait-elle représenter d'autre?
    Dans un souffle de bonté, et par coutume, habitude ou réflex, Seth se permit un sourire large et édenté.

    « Ne t'inquiète pas. Je comprends ton désir de sortir la nuit. Je ne te punirais pas. Après tout, en compagnie d'un professeur, cela t'es autorisé, non? Tu n'as rien à craindre. »

    Cela ne sonnait en rien comme dans un souvenir, pour Seth. Oh bien sûr, il avait déjà surpris plusieurs élèves en dehors des dortoirs après le couvre feu. Il était d'ailleurs étonné de constater à quel point les étudiants de cette école pouvaient avoir des envies d'escapades nocturnes. Lui-même en raffolait assez - Mais pas les jours de pleine Lune. Il redressa la tête, par ailleurs, peu confiant. Il y avait des étoiles, de moins en moins. Se tarissaient-elles comme la joie dans ses veines? Ou comme le déroulement des aiguilles sur le cadran.
    Il ne se doutait pas de l'heure qu'il pouvait bien être. Il s'en contre ficha un instant. Puis se reposa la question, et l'oublia aussitôt.
    Pour une raison qui lui était inconnue, Dawn et son silence l'intriguaient. Il était pourtant un professeur agréable, pensa-t-il. Cela lui paru soudainement bien triste. Et si le petit ne le prenait que pour un pauvre con? Il fronça les sourcils. C'était possible. Peu probable, mais possible. Il râla en relevant les yeux au ciel.

    Une comète en feu qui traverse l'atmosphère terrestre défia la gravité sous ses yeux. Une étoile filante, dans le reflet de ses yeux. Et si Dawn les regardait à l'instant, il aurait pu confondre le regard sombre du professeur avec le ciel. Et voir ce petit bout de promesse, de vœux et d'avenir dans un regard attendrissant.

    « As-tu froid, Dawn? Je peux te prêter ma cape jusqu'à ce nous arrivions à l'école, si tu le désires. »

    Il rabaissa la tête, cheveux suivant le mouvement, par habitude et par obligation logique, faut-il seulement le préciser. Le balais toujours sous lui, le professeur attendit la réaction du gamin. Puis il hocha vigoureusement la tête et rit presque silencieusement, pour ne pas offusquer le silence délicat que chatouillait le vent.
    Comme un fantôme, de loin, à travers les mois et les saisons, son rire, somptueux et mélodieux, désaccordé, enroué, joyeux.

    « Je suis désolé, je ne peux pas te laisser seul ici. Tu comprends, je suis quand même professeur...Mais je peux te raccompagner, en balais. »
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Dawn Souless

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Âge: Dix-neuf
Sexe: Je serais capitaine
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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Ven 11 Mar - 8:32

In your mind, through your eyes, do you see
It's the fantasy

Maybe tonight we can forget about it all
It could be just like heaven
I am a machine



    Dawn attendait. Il était comme un enfant, dans sa chambre, dans le noir de sa chambre, qui attend qu’un monstre pousse la porte pour venir le manger. L’enfant qui avait ouvert grand les yeux dans le noir, qui remontait les draps sur son nez pour ne plus entendre son propre souffle et écouter le silence – Dawn cachait sa bouche sous la laine épaisse de son écharpe. L’enfant au cœur qui battait un peu trop vite, la peur, le cri contenu, Maman !, Dawn n’avait pas peur de ce faux fantôme.
    Seth Ezekiel n’était qu’un homme, n’est-ce pas ? Et même s’il y avait ce quelque chose indéterminé en lui qui repoussait irrémédiablement l’élève à chaque pas que son professeur faisait vers lui, ce n’était qu’une illusion dont il était victime, un tour agaçant que lui jouait sa mémoire.

    Le choc, la terreur soudaine et instinctive de la vision s’était évanouie, sans transition. Le regard liquide avait repris sa minéralité belle, d’eau dure verte ou bleue, regard sombre entre les étoiles, perdu là-haut, regard qui ne se laisserait pas boire, et qui fuyait la chaleur douce de Seth.
    La chaleur de l’homme pour l’instant n’était que du vent, et sifflait, de plus en plus fort, de plus en plus près. N’importe quel élève, se dit Dawn, se serait enfui en toute bonne foi – ne pas se laisser attraper par un professeur qui, peut-être, ne l’avait pas encore reconnu.
    Précisément parce qu’il l’avait reconnu, Dawn ne voulait pas fuir. Quelque chose à voir… Quelque chose à vérifier.

    L’adolescent, bras croisés pour le repli, tourné un peu de trois quarts pour la défiance, attendit, et Seth arriva.
    Il avait ces cheveux noirs un peu longs, que l’on devinait plus qu’on ne les voyait emmêlés par le vent et la nuit, et puis il avait des yeux bleus, qui brillaient. Les yeux de Joshua étaient verts ; pour le saluer Dawn inclina la tête.

    « Quel mauvais tour du sort, n’est-ce pas, Monsieur Souless ? Tomber sur un professeur au milieu du stade désert… »

    Il se vit menteur, expliquer qu’un élève avait demandé à le voir, ou que lui-même peut-être le cherchait parce qu’il travaillait encore sur un devoir – il changea d’avis et ne dit rien. Seth avait cette façon de le regarder, cette façon qu’il connaissait. Ses lèvres fines s’ouvrirent un peu, sans mot à faire sortir, désarmés un instant. Et Seth souriait.
    Ah… Ce sourire-là était inoffensif ; Dawn referma les lèvres. Un peu gentil, un peu large, un sourire qu’il pouvait apprécier s’il s’en donnait la peine. Pas question.

    « Ne t’inquiètes pas. Je comprends ton désir de sortir la nuit. Je ne te punirais pas. Après tout, en compagnie d’un professeur, cela t’es autorisé, non ? Tu n’as rien à craindre. »

    A ce moment il le détesta. Cet homme semblait le connaître, lire sa rancune comme dans un livre ouvert. Le désir de sortir la nuit ; en compagnie d’un professeur, cela t’es autorisé. Sous la masse de l’écharpe, un sourire amer ou moqueur se dessina. Il ne prêta aucune attention, d’abord, au regard jeté vers le ciel, ne put ignorer la beauté de l’étoile filante au fond des yeux du professeur. Oublieux, il lui semblait presque qu’il aurait pu le contempler toujours.

    « As-tu froid, Dawn ? Je peux te prêter ma cape jusqu’à ce que nous arrivions à l’école, si tu le désires. »

    Il avait froid. C’était cela. Ce regard, ces inflexions de voix. Cela le tira de sa contemplation et un pan de l’écharpe tomba de son épaule ; il ne pensa pas à l’y replacer, à se cacher de nouveau.
    Il le regardait et lui parlait comme Joshua l’avait regardé et lui avait parlé. Avec cette douceur, ce soin attentif comme à un enfant gentil. Cette façon de le traiter avait d’abord décontenancé Dawn, puis l’avait troublé. Il avait oscillé entre l’envie de le détromper et le désir de correspondre à cette vision, devenir tel que Joshua le voyait, un enfant pur. Il voulut tendre les bras vers Ezekiel, agripper de ses mains les pans de sa cape, sangloter près de ces cheveux trop noirs.
    Le rire le tira de sa rémission, et Dawn considéra l’autre d’un air presque étonné, et puis ensuite, de nouveau, morne. Il lui semblait que ce rire-là l’invitait à rire avec lui et l’agacement revint comme une gifle. Un idiot fantôme.

    « Je suis désolé, je ne peux pas te laisser seul ici. Tu comprends, je suis quand même professeur… Mais je peux te raccompagner, en balais. »

    « Je n’arrivais pas à dormir. »

    La voix de Dawn avait été claire, sans douceur pourtant, minérale comme ses yeux que des larmes, les étoiles ou l’obscurité faisait briller. C’était une justification défensive, rancunière presque. Et c’est de votre faute.
    Il retint à temps un rire ; quel gamin imbécile il était de se laisser hypnotiser par un souvenir, dont la réminiscence présente n’était qu’une illusion. Il tenta donc un sourire, hésitant entre bonne volonté et mauvaise mine. La résolution fondrait au premier regard de Seth ; il s’avança de quelques pas, tiraillé encore, se plaça derrière le professeur, au-dessus du balai, pour accepter l’offre.

    « Vous ne voulez pas plutôt rester ici ? »

    Il replaça l’écharpe sur sa bouche, sans grand espoir et se demandant déjà ce qui lui avait pris.
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Seth Ezekiel
Prof. Sortilèges et EnchantementsProf. Sortilèges et Enchantements
MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Mer 16 Mar - 6:39


    « Je n’arrivais pas à dormir. »

    Le professeur opina du chef. Il comprenait bien cela. Les insomnies, vulgaires traitresses qui dévoraient ses nuits. Pas toutes fort heureusement, mais il sentait que celle-ci en serait. Une de ces soirées sans repos où, suite à l'impossibilité de dormir, il cogite. Cogite et s'agite d'ailleurs, sans quoi il ne serait pas là, heureux comme un oiseau dans les airs. Fatigué, il en allait de soit, mais le cœur un peu plus léger qu'à l'accoutumée.
    Il serait bien resté plus longtemps, à s'amuser comme un gosse dans une pleine de jeux, mais voilà, il y avait le gamin. Lui, et ce ciel sombre qui le rendait morose, nostalgique, un brin perdu dans des souvenirs sans lieux d'êtres.
    Il lui sembla, une fraction de seconde, que Dawn, quoique d'allure gentille, lui répondit froidement. La nature de cette distance restait pour Seth un facteur inconnu et particulièrement agaçant. Il se retenait, depuis un moment déjà, de demander au gamin s'il avait un problème avec lui. Comme devenu soudain rationnel, le professeur finit par penser que cela tenait du fait qu'il venait bêtement de se faire capter en pleine escapade interdite.
    Pourtant, le comportement de Dawn n'avait jamais été bien différent à l'égard du nouvel enseignant qui se retint de soupirer.

    « Vous ne voulez pas plutôt rester ici ? »

    Le balais était plus lourd, signe qu'un poids s'y était ajouté. Chaleur imprégnée d'une odeur douce, qui se répandait d'arrière en avant, contraire au vent qui le fouettait de front. Seth, encore une fois, hocha la tête.

    « Tu n'y es malheureusement pas autorisé. Je suis gentil, mais tout de même! »

    Bonne blague, il se mit à rire. Comme tout professeur le ferait, mais peut-être plus simplement, sans détour et avec une légère pointe de gêne à la fin. Rire qui se clôtura en une petite toux et un retour à la normale rapide et singulier.
    Un court silence se posa entre les deux noctambules. Seth relâcha une bouffée d'air qui s'envola en un nuage de fumée qui forma une vague, puis un bateau qui naviguait sur celle-ci, tournoyant autour des têtes comme une mouche. Engloutis par la vague après son second tour, il se transforma en une étoile qui se fondit pour de bon dans la noirceur de la nuit. Seth sourit à nouveau.

    « Bon, tu as raison. Je préfèrerai rester ici. Mais, ha, si tu veux que je te raccompagne, je le ferai. Ça me ferait plaisir. »

    Hésitant, le professeur se retourna, regardant droit dans les yeux cet élève au tempérament et aux cheveux de feu. Il s'imagina un bateau dans les yeux bleu-vert du gosse, et se dit qu'on pourrait y créer une mer, une plage, un endroit bien à soi. Dans ce regard passait l'été, sa chaleur, sa douceur.
    Alors pourquoi l'attitude du gamin reflétait-elle tout le contraire? Combien de froid hiver s'étaient gravés dans son coeur?

    « Mais tu peux rester. Au fond, je n'ai pas envie de rester seul, et je ne compte pas t'obliger à retourner faire semblant...De dormir. »

    Il ponctuait chaque phrase d'un sourire qui tentait sans grande réussite de s'imprimer sur le visage de l'autre. Puis il parvint à se convaincre que les muscles de la face du petit devaient être congelé, comme le reste de son être. Il ne tint pas à cette pensée et quitta son ballais, le laissant aux mains experte - ou tout du moins, l'espérait-t-il - de Dawn. Pieds à terre, il défit le noeud de sa cape et dans un ample mouvement, la posa sur les épaules de son nouvel acolyte.
    A pas de loups, à petits pas, pas à pas, il se rapprocha du garçon. Les mains étrangement chaude effleuraient avec douceur son menton, tandis qu'il refaisait le nœud, avec plus de soin, beaucoup plus d'attention qu'auparavant. Son chef d'oeuvre terminé, il fit passer l'écharpe par-dessus le col de la cape. Avec fierté, il recula. Par peur, sans doute, il ne vérifia pas la réaction de l'enfant au corps tremblant.

    « Je me sens mieux, maintenant. J'espère que toi aussi. »

    Est-ce qu'il sentait sa chaleur comme lui avait sentit la sienne auparavant? Et qu'en était-il de la douceur du parfum qu'il déposait chaque matin dans son cou? Ou était-ce l'odeur de la cigarette qui l'emportait sur toutes les autres. Dans tous les cas, Ezekiel se sentit plus confiant. S'il avait, comme ce soir, l'occasion d'affirmer ses liens avec un élève, il en profiterait. Peut-être même tenterait-il de rendre à cet enfant un sourire plus doux, plus sincère.
    Que lui était-il arrivé, pour qu'autant de froid s'installe en lui?
    Même Seth - Surtout Seth - ne pouvait le dire. Lui, de nature si optimiste et heureuse se sentait bouillonner quand, autour de lui, l'ombre de la mauvaise humeur planait. Après tout, s'il ne pouvait répandre sa joie et sa passion, alors que pouvait-il faire? Comme un rêveur, un utopiste particulièrement tenace, il se donna la mission, cette nuit, de sauver la soirée de Dawn ainsi que son sommeil et son regard qu'il trouvait si pétillant. Cela lui redonna le sourire.

    Avec un peu de courage, il pourrait peut-être contaminer son compagnon d'infortune.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Mer 16 Mar - 9:21

Staying awake to chase a dream
Tasting the air you're breathing in
I hope I won't forget a thing



    La chaleur de l’homme devant lui, l’odeur de la cape sur ses épaules, fraîche encore de l’air fendu, était agréable. Dawn détesta cela. Il avait une envie de fermer les yeux, de dormir soudain, il avait cette envie de fermer les yeux qu’accompagne un poids dans le ventre et sous les paupières, comme des sanglots qui viendraient sans qu’on en sache bien la raison. Peut-être simplement un enfant capricieux. La réponse de Seth, il aurait sans doute préféré ne pas l’entendre, parce que cela impliquait que lui-même, Dawn, avait répondu à cet inconnu, qu’il avait accepté de nouer un lien, si ténu fût-il.
    Le fréquenter en cours était tellement plus facile. Il suffisait, les jours où la ressemblance était trop forte, où ce je ne sais quoi était trop présent, de baisser les yeux, de tracer des damiers sur son parchemin, de penser à autre chose et de laisser passer les minutes en souriant à cette belle fille à deux rangs de lui. Ici, qu’aurait-il pu faire ? Les hauts paniers de Quidditch ne l’intéressaient guère – ils auraient pu, bien sûr. Mais Dawn n’était ni américain, ni sportif. Et en plus il n’aimait même pas le café. Se tenir sur un balai dans un autre but que celui, exclusif et respectable, de se déplacer, lui paraissait tout à fait incongru.
    Il soupira donc, exhala un peu d’air tiède en se résignant à écouter son professeur.

    « Tu n'y es malheureusement pas autorisé. Je suis gentil, mais tout de même! Puis, une seconde plus tard, après ce rire encore une fois, qui horrifia le jeune garçon par sa douceur, après une dernière quinte de toux, un dernier silence : Bon, tu as raison. Je préfèrerai rester ici. Mais, ha, si tu veux que je te raccompagne, je le ferai. Ça me ferait plaisir. »

    Les quatre derniers mots lui firent serrer les dents ; il aurait presque levé les yeux au ciel. Pour qui se prenait cet adulte ? Pour son ami ? Pour son confident peut-être ? Ce n’était pas parce qu’il était là, à se réchauffer involontairement contre sa cape, à le maudire silencieusement, à lui en vouloir sans mot dire, que l’autre devait s’imaginer qu’il pouvait se permettre de le raccompagner avec plaisir. Son corps se tendit, et Seth se retourna.
    Le mouvement de recul qu’eut Dawn faillit le déséquilibrer. Ce n’était plus exactement le regard qu’il redoutait, mais plutôt une considération très douce, comme une confiance, ou un autre mot qu’il ne trouvait pas, un peu d’inquisition aussi. Dawn ne lui déroba pas ses yeux, à contrecœur.

    « Mais tu peux rester. Au fond, je n'ai pas envie de rester seul, et je ne compte pas t'obliger à retourner faire semblant...De dormir. »

    Une fois de plus, l’homme tenait des propos qui auraient scandalisé n’importe quels membres sains d’esprits d’une quelconque association de parents d’élèves. On n’adressait pas des mots tels que « je n’ai pas envie de rester seul » à un élève, mais à un ami, généralement. Et Dawn était à cet instant loin – très loin – de vouloir devenir l’ami du professeur. Qu’il ait envie ou non de rester seul lui importait moins que son premier nécessaire à balais.
    L’adolescent ne pouvait, pourtant, que se rendre compte que toute cette indignation qu’il se fabriquait à la chaîne n’était que factice. Les paroles de Seth l’avaient, en quelque chose, touché, bien malheureusement. Et il n’avait pu que remarquer les sourires dont l’autre ponctuait ses phrases, comme avec l’espoir que Dawn finirait, de guerre lasse, par l’imiter. Il prit alors tout à fait garde à ne pas relever les coins de sa bouche, à garder la courbe de ses lèvres pâles uniformément plate, à ne pas laisser percer dans ses yeux cet étonnement un peu doux que provoquait la douceur d’Ezekiel.

    Et cela empira. Cela empira quand l’ancien joueur de Quidditch, dont Dawn ignorait totalement s’il avait été célèbre ou non, quitta le balai. C’était pire parce qu’à présent, Dawn avait froid ; un frisson agita ses épaules. C’était pire aussi parce que le balai avait failli tomber à terre, et que l’élève dut se baisser précipitamment pour le ramasser.
    Ce fut mille fois pire quand Dawn eut la cape de Seth Ezekiel posée sur ses épaules. Ses yeux semblèrent perdre un peu de leur dureté, à cause de la surprise, de l’incompréhension peut-être. Le poids de la cape du professeur pesait sur ses épaules, le réchauffait déjà, et les mains de l’homme glissaient sans brusquerie contre le cou du garçon. Il ne se rendit compte du résultat de l’opération qu’aux paroles suivantes de Seth.

    « Je me sens mieux, maintenant. J'espère que toi aussi. »

    Dawn inclina la tête, doucement. Le col de la cape et l’écharpe réchauffaient son cou de façon agréable, et entre les pans lourds du manteau dont il était à présent couvert il se blottit un peu, rentrant la tête dans les épaules, sa main fine resserrant les bords autour de lui. C’était confortable. Il lui sembla que quelque chose dans sa gorge se dénouait, que son dos se détendait. En baissant la tête, il inhala sans vraiment y prêter attention, et l’odeur de Seth lui monta au visage. Cela le surprit, le troubla peut-être – l’aurait troublé s’il s’était agi de n’importe qui d’autre. Ce parfum était agréable, doux un peu, mêlé à cette odeur de tabac et de peau chaude. Il demeura un peu là, perdu presque dans la perception entièrement physique, et releva les yeux. Ce n’était pas pour se laisser alanguir par la chaleur d’un corps qu’il était resté.

    « Vous êtes un peu différent de lui, finalement. »

    Les mots avaient été murmurés, presque assez hauts pourtant pour que Seth les entende. Dawn les regretta, et pourtant il savait parfaitement que cette erreur avait été volontaire. Il hésitait : il avait envie de lui dire pourquoi il le détestait, il n’en avait absolument pas envie. Il fallait que l'autre le questionne, alors Dawn pourrait l'envoyer paître et continuer à le détester en paix. Il se rattrapa comme il put, dessina un sourire sur ses lèvres.

    « Vous devez être populaire, professeur. »

    Quant à une soirée sauvée, pour l’instant, l’entreprise était sans doute terriblement mal partie. Être protégé par la cape d’un homme qu’il ne voulait rien faire d’autre qu’éviter, oui, était sans nul doute un très, très mauvais début.
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Seth Ezekiel
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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Dim 3 Avr - 5:18

[De 1, désolée pour le retard. De 2, désolée pour la qualité médiocre de ce message. De 3, désolée pour la taille. Je ferai carrément mieux la prochaine fois. T.T]

    Il aurait pu essayer de s'en douter. Essayer de comprendre pourquoi ce garçon restait si muet face à ses tentatives avortées pour lier une amitié, ou juste un lien aussi quelconque soit-il. Mais, du monde où il se trouvait, Seth en était tout bonnement incapable. Analyser la pensée, aussi simple soit-elle, d'un être insignifiant, restait pour lui une tâche bien compliquée à réaliser. C'était peut-être une technique de défense bien développée dont il faisait preuve à l'instant et depuis toujours.
    Ne pas comprendre était une manière comme une autre d'éviter de savoir. Et l'ignorance procure toujours moins de douleur, il paraît.

    « Vous êtes un peu différent de lui, finalement. »

    Il ne réfléchissait jamais. Ou bien trop rarement, surtout dans ce genre de situations. La compréhension de l'autre n'était, pour sa part, basée que sur un sourire ou sur une larme. Ces deux indicateurs seuls permettaient au professeur de capter un tant soi peu la dérive mental de l'être posté face à lui. Alors devant cette neutralité, il perdait pied. Son sourire tentait, par mimétisme, de s' apposer sur le visage las de l'autre, sans y parvenir. La tentative, bien que belle, ne parvenait pas à ses fins. Donc il redoublait d'efforts, souriait plus, parlait plus, stressait plus, souriait plus. Il se rendait bête.
    Parce qu'on lui avait toujours dit que bon et bête commençaient par la même lettre, et qu'il aurait dû s'appeler Bastien, ou quelque chose du genre. Ça lui aurait collé à merveille.

    Mais il ne comprit de nouveau pas où voulait en venir Dawn, et cela l'agaça prodigieusement. Il finit par lâcher un soupire qui ne voulait rien dire, sauf à ses propres oreilles. Pourquoi ce gamin se montrait-il si adorable avec tout le monde sauf avec lui?
    Il avait entendu dire, dans un conseil de classe, que le gosse était attendrissant depuis toujours, et qu'il n'avait jamais manqué de respect à ses professeurs. Pas même par un regard ou par ironie. Seth bénéficiait d'un rapport privilégié. Les professeurs s'étaient mis à rire. Seth lui, n'avait qu' esquissé un simple sourire qui, même à ses yeux, ne valait rien.
    A cet instant présent, le souvenir lui arrache un air ennuyé. L'humiliation n'était rien par rapport à la crainte de ne pas être apprécié de ce gamin si calme et paisible.

    « De qui parles-tu, Dawn? »

    Il avait entendu. Et peut-être aurait-il dû se taire. Mais s'était bien trop lui demander. Il aurait peut-être fallu que son collègue psychologue lui donne quelque cours bien nécessaires avant cette rencontre, mais ce ne fut pas le cas.
    Il se retrouvait en fait comme un enfant moldu face à un examen de buse. Une situation dans laquelle il ne devrait pas se trouver lui était pourtant présentée. Et sans connaissance, sans la moindre aptitude en relation, il avait tenté le coup. Il ne doutait pas que, ce soir, aucun lien ne se tisserait entre le rouquin et lui. Alors il laissait une grande place à l'espoir que, peut-être, la fatigue aurait raison du gosse et le forcerait à mettre de côté ce masque de froideur.
    Malgré cette pensée, il appréciait la délicatesse des paroles du gamin. Cette attitude glaciale, il ne la ressentait que par instant, et l'oubliait aussitôt.

    « Vous devez être populaire, professeur. »

    Ezekiel tapa du talon sur le sol, et le balai se souleva dans les airs. Après tout, si Dawn était monté dessus, c'était la preuve qu'il avait confiance. Personne ne monte sur un balai guidé par quelqu'un en qui il n'a pas confiance.
    Rien que cela suffit à remettre le professeur d'aplomb. Il en fallait peur, c'était vrai. Mais mieux valait cette attitude que celle d'un ancien professeur décédé qui, de par son étrange caractère, parvenait à faire pleurer quiconque plutôt qu'à le faire sourire. Seth haussa les épaules.

    « Pas vraiment. Il semblerait que les élèves me craignent, pour je ne sais quelle obscure raison. Mais cela m'importe peu. Ce que je voudrai savoir...»

    Il fila, coupant le vent. Il n'y voyait, franchement, pas grand chose. Il fit plusieurs fois le tour du terrain, sans répondre quoique ce soit. Il se taisait, s'attendant à ce que Dawn répondre quelque chose. Mais il laisse. Ils laissent couler les secondes. La bouche du professeur se tord, avec la conscience que l'autre ne peut le voir ni deviner les pensées qui l'obsèdent et le torturent.
    Il posa pied à terre, à l'endroit même d'où il avaient décollé. Le toucher du sol ne bruissait pas. L'herbe aplatit, tout au plus, s'affaissa d'avantage. La nuit devenait plus sombre, la pente plus glissante, le tournant plus sec.

    « Ce que je voudrai savoir, c'est la raison pour laquelle tu te comportes avec moi comme avec un ennemi. Est-ce que je te dérange, Dawn? »
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Ven 8 Avr - 9:58

Fragile lives, shattered dreams



    La situation était ridicule. Dawn était figé là, une statue boudeuse, un de ces éphèbes antiques, à cette seule différence que les lèvres, d’ordinaire sculptées en une ligne égale, parfaite, étaient sur le garçon plissées, un peu retroussées. Tout, à cet instant, l’insupportait. La lune avait cette façon de jouer à cache-cache, les étoiles de montrer quelques bouts de leurs constellations sans se dévoiler entièrement, le vent de s’engouffrer dans son écharpe, la nuit d’humidifier son nez, Seth de le regarder d’un air inquisiteur. L’incompréhension totale du professeur n’était pas désagréable à observer, certes – Dawn, par certains côtés, s’en délectait un peu. Il n’en riait pas pourtant, agacé, mais ses yeux clairs avaient cette cruauté moqueuse qu’ont les yeux des enfants quand ils expliquent à un adulte un jeu qu’il ne comprend pas. La patience en moins.

    « De qui parles-tu, Dawn? »

    Le garçon leva les yeux au ciel, de façon évidente, sans chercher à se cacher le moins du monde. Seth était ridicule. Le Nissena, à cet instant, prenait grand soin d’oublier qu’il avait lui-même provoqué son professeur, qu’il lui avait lui-même fait tout deviner. Mais évidemment Seth ne devinait rien.

    Il ne devinait pas qu’il y avait eu Joshua. Que l’homme avait été le confident de Dawn, son ami, celui qu’il admirait plus que tous les autres. Il le vénérait – et Joshua avait choisi Dawn pour mourir. Seth ne pouvait pas le savoir, bien sûr. Que Dawn, cette nuit-là, avait eu cette impression de froid glacial, que pour la première fois il n’avait pas rêvé du garçon aux cheveux blancs, comme si le conte l’avait apaisé, comme si Joshua avait chassé les cauchemars. Mais le cauchemar, cette nuit-là, oui, avait laissé place à ce froid qui avait étreint sa gorge sans douceur, qui l’avait étouffé, et quand le soleil s’était levé, la pièce était vide.
    Il n’y avait plus rien, plus rien de ce qui avait été le bureau de Joshua ; Dawn était seul dans un endroit inconnu. Il n’avait pas compris ; il s’était cru endormi encore. Et puis il s’était tourné vers la place qu’avait occupé son professeur, la place qui n’était même plus tiède, ces draps froissés qui portaient la marque du grand corps puissant, l’oreiller un peu creusé encore. L’enfant croyait sentir à nouveau la chaleur des bras autour de lui.
    Au réveil il n’était plus là.
    C’était en voyant la lettre qu’il avait compris. La lettre, pour Samuel, bien sûr ; sans l’ouvrir Dawn avait su. Joshua n’était pas un lâche. Il était resté un peu comme ça, un peu longtemps, jusqu’à ce que le froid dans sa gorge l’étrangle et déborde, qu’il s’effondre, qu’il pleure. Ca faisait un vide dans lui comme dans le lit. Il avait froid. Atrocement froid. Et puis les soirs avaient été identiques, tous, seuls. Dawn enfouit sa tête dans ses mains.

    Et manqua de tomber en arrière. Un petit choc, à peine perceptible pour lui dont le talon n’avait pas heurté le sol, et le balai venait de décoller. Aussitôt ses reins le rétablirent, et son dos cambré se redressa. Il ôta, par instinct, ses mains de son visage, révélant ses yeux un peu trop clairs, un peu trop humides, et il se cramponna à la taille de son professeur, sans douceur aucune, par nécessité. Être sur un balai ne lui était pas des plus agréables ; au moins la cape lui tenait-elle chaud. Il appuya son front sur les omoplates de l’homme, ferma les yeux et se laissa porter. Ses mains, bientôt, se détendirent, sans pour autant lâcher les pans de la veste d’Ezekiel sur lesquelles elles étaient crispées. Il ne vit pas, en contrebas, l’ombre blanchâtre, à peine perceptible il est vrai, ni n’entendit le rire cristallin, si bas, du Gamin. Les paroles de Seth l’occultèrent.

    « Pas vraiment. Il semblerait que les élèves me craignent, pour je ne sais quelle obscure raison. Mais cela m'importe peu. Ce que je voudrai savoir...»

    Le vent sifflait à ses oreilles, et pourtant Dawn l’entendait parfaitement. Il appuya un peu plus son front, appuya ses paupières un peu plus fort sur ses yeux, pour chasser cette voix. La chose dans sa gorge, cette boule, ce poids, ce froid, l’étouffait à nouveau, et il lui semblait que s’il parlait il allait vomir ou peut-être sangloter.

    « Ce que je voudrai savoir, c'est la raison pour laquelle tu te comportes avec moi comme avec un ennemi. Est-ce que je te dérange, Dawn? »

    Ses pieds heurtèrent le sol sans aucune douceur, et il sursauta.

    « Je… »

    L’air avait un parfum, une odeur. Il recula aussitôt, pour ne plus être près de cet inconnu qu’il détestait tout à fait intentionnellement, mais la fragrance était encore là. C’était suave, un peu triste aussi, triste comme un regret, et l’air en semblait presque brouillé.
    L’adolescent fronça les sourcils, oubliant un instant le reste. D’ailleurs il lui semblait que sa mémoire était de plus en plus floue, tout comme sa vision. Une sorte de brume. Il porta sa main à sa bouche, réalisé que son écharpe avait dû tomber au cours du vol ; il avait froid. Et inhalait, à chaque gorgée d’air, impatiente et étonnée, un peu de cette fumée grisée, couleur perle et pourtant presque transparente, qui froissait sa gorge. La tristesse se faisait puissante, inexorable, inévitable. Dawn ferma les yeux.

    Devant lui il y avait Seth. Ce n’était pas le Seth qu’il connaissait – ce Seth-là était plus jeune, et son regard… Dawn voyait son regard comme si tout l’être de ce garçon, plus jeune que lui, s’y reflétait, s’y résumait. Il n’avait pas plus de quatorze ans… Ce n’était pas un souvenir heureux. Le garçon avait ce tatouage à l’épaule, et Dawn savait qu’il n’aimait pas cela, un tatouage étrange, et cette ombre dans son regard comme une peur, comme du dégoût aussi peut-être. Les sentiments étreignirent le cœur du Nissena, violemment, un refus terrifié de ce qui allait arriver.
    Et puis le loup-garou arriva. Dawn ne voyait plus rien d’autre, Seth avait disparu – peut-être voyait-il la bête à travers ses yeux. Elle n’était pas énorme, mais son corps semblait irradier d’une fureur trop difficilement contenue. Ce n’était pas humain, ce n’était plus humain. Le ventre de Dawn vacilla sous le coup, sous le coup de poing de la peur de Seth, sa peur de disparaître, de n’être plus celui qu’il avait été, de ne plus jamais pouvoir être le même.
    Il haletait. Il voyait de nouveau Seth, et son tatouage, et ses longs cheveux noirs qui glissaient sur ses épaules tandis que son torse se soulevait par saccades.

    La brume le fit tousser, et il cligna des yeux ; devant lui Seth était à nouveau adulte. Le retour à la réalité, à l’air froid de la nuit, vif et pâle, sans trace aucune de fumée, le fit poser une main sur sa propre gorge, douter de sa raison ; il n’avait pas rêvé pourtant. Ezekiel et un loup-garou… Il regarda autour de lui, perdu ; au loin une silhouette joyeuse lui adressa un signe de la main. Ah… Le Gamin. Celui-là même qui, au début de la journée, avait fait léviter tous les livres de la Bibliothèque et mis Swelty en émoi. Visiblement il avait voulu faire un dernier essai, et Dawn se serait sans doute délecté de la chose si cela ne l’avait pas concerné.
    Car c’était réel ; il en était sûr. La brume… Un souvenir ? Il prit soin de respirer lentement, de calmer sa respiration. Seth, alors, s’était retrouvé face à une créature atroce… Dont il avait eu terriblement peur. Un affrontement, peut-être ; Dawn, par cet échange de mémoire, n’avait pu deviner qu’il s’était agi d’une toute autre forme d’affrontement.
    Il leva les yeux vers l’autre, désorienté. Ses prunelles, sans défaire le mur qu’elles avaient irrémédiablement érigées, cherchèrent les siennes.

    « Professeur, vous étiez… »

    Le lien se fit immédiatement. Si Dawn avait vu Seth, Seth, lui, qu’avait-il vu ?

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Seth Ezekiel
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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Sam 7 Mai - 22:54

    Il y a des mondes qui ne devraient jamais se mélanger. Jamais. Pourtant, bon nombre de gens ont cette façon de penser que le présent n'est qu'une courte interruption du passé et que, quoi qu'il puisse arriver, chaque être finit toujours par repenser, un jour, à son passé.
    Pourtant, Seth est un homme du futur. Il repense, certes, au passé. De temps à autres, il sourit, comme toujours, en se disant que ce temps, cette révolution fut agréable. N'est-ce pas étrange?
    Il se souvient, sans mélancolie aucune, qu'il était délicieux, sans pourtant jamais le comparer avec le présent qu'il vit aujourd'hui. Il vit avec cette logique implacable qui fait que, selon lui, l'hier d'hier ne sera jamais comme l'aujourd'hui d'aujourd'hui. Il n'était pas le même et il n'est déjà plus le même qu'il sera demain. Alors pourquoi vouloir toujours, sans cesse, comparer ce qui n'est, en soit, absolument pas comparable?

    Pourtant, quelque chose le troubla. Cela dura peut-être un ou deux millièmes de secondes, comme les rêves que nous voyons durer des heures dans notre conscience.
    Une image, pas même un peu floue. Et un son atrocement vrai, horriblement traitre. Une voix cadavérique et lointaine qui en un flash, pénétra jusqu'à l'âme du professeur. Son balais allait tomber, lui aussi, Dawn aussi. Le monde aller s'écrouler avec autant de vigueur que s'il avait été question d'un second big bang. Mais ils étaient déjà au sol, et rien de tout cela ne fut vrai.
    Juste peut-être cette image, cette vision si longue qui s'était déroulée comme un film sous les yeux du professeur. Ou plutôt à l'intérieur de ses yeux sombres, anéantissant toute la réalité de l'instant présent.
    Pour la première fois, il confondit présent et passé. D'un passé qui, pourtant, n'était ni le sien, ni celui d'une personne qu'il aurait connu à cette époque de sa vie.

    Il est minuit. Un enfant s'endort dans un lit qui n'est pas le sien. Il y a des guitares, des vêtements, des objets qui trainent ça et là. Un homme, pour sa part, se redresse. Seul le sommeil de cet enfant capte cela. Lui, ne le saura jamais. Il maintient son corps endormis avec beaucoup de concentration et de soin. Comme si ce sommeil était le seul qu'il ait eu depuis des mois. Un repos mérité pour un petit être las, alors qu'il ne connaît encore rien. Rien de rien.
    L'homme donc. Cette carrure si irrationnelle pour son âge, sa taille, ce qu'il a fait de ce petit brin de vie qu'était la sienne. Il se pourrit, de l'intérieur et, parfois aussi, de l'extérieur. Avec ces multiples entailles qui ont forgé son être. Il semble misérable, si triste. Mais il a un étrange sourire qu'il garde, comme si plus rien maintenant ne pouvait causer sa disparition. C'est long et fastidieux, pourtant. Il n'aime pas se mentir, quand il est ainsi, seul à se voir. Ou du moins, croit-il.
    Il disparait. Comme un flash. Réapparait, habillé. Dans une pièce à présent vide où seul un lit git, en son creux un enfant endormis.
    Puis le cri d'un loup-garou, une douleur lacérante dans le bas du dos, dans les épaules.

    Est-ce que Seth?...
    L'homme, debout, seul dans un parc. Il marche, ses cheveux rouges flottant au vent.
    L'homme, debout, dans le lac. Une barque où ses pieds stagnent, dans cette eau croupie. Une flamme noire voltige à ses côtés. Elle tient les rames. Une sale impression dégage d'elle. Une chose mauvaise et répugnante. Mais l'homme garde son sourire qu'il trouve si fade et misérable. Un mensonge qu'elle devine et lui arrache avec un immense plaisir.

    Une souffrance cuisante, qui part de la mâchoire et s'implante jusque dans la gorge, se répand dans le thorax. Cette femme, cette ombre sombre qui vole dans la nuit. Qui vole votre vie, ou ce qu'il en restait. Elle fixe vers lui, vers ce Seth qui n'est pas dans ce rêve, qui n'est pas dans la réalité. Elle le fixe comme si elle le voyait, et lui adresse un signe malveillant. Son odeur la répugne. Elle n'aime pas les loups-garou, les vampires, ses concurrents.
    Mais elle semble chérir cette douceur glacée qui vient du corps de Joshua Thacker. Alors la Mort se met à ramer, d'une main, sa faux broyant un air humide qui flotte, lui aussi, tout autour de ce pauvre homme, de ce pauvre solitaire qui joue au carte avec une vieille amie enfin retrouvée.
    L'embarcation s'enfonce dans la nuit. Elle suit un plan bien tracé, qui aurait été mis au point il y a de ça des années.
    Seth est sur la rive, lui. Il reste là, à voir partir cet homme qu'il ne connait pourtant pas, et dont le prénom et le nom de famille raisonnent dans sa gorge. Avec la voix d'un enfant, il se met à crier. Il cri. Il a des cheveux soudain plus rouge, trop rouge, vraiment rouge. Et ses yeux le brûlent, comme s'il pleurait. Il est assit dans un lit, et il sert un oreiller glacial. Il dit sans cesse « Joshua, Joshua... », et les larmes s'échappent de lui comme cette barque s'enfuit, vers un ailleurs que plus personne ne pourra rejoindre. Vers ce professeur au sourire si douloureux, qui pose un dernier baiser sur le front du garçon endormit, une dernière caresse dans les cheveux en lui disant « Je t'aime, Dawn. Dors bien, mon ami ». Et ce gamin qui ouvre les yeux, sans plus rien voir que le vide de son propre coeur. Il y a, dans ses rêves, une âme aux cheveux blancs qui semble s'être volatilisée avec cet homme, emporté par un ami, comme un cancer emporte ceux à qui vous tenez.

    Boum. Boum. Boum.
    Le coeur de Seth bat la chamade. Il a du sang dans la bouche, ses lèvres sont douloureuses, comme s'il s'était fait mordre, ou s'il se mordait lui-même. Le professeur voudrait regarder ses mains, mais il sait qu'il n'est plus ce petit enfant, qu'il n'est plus ni près du lac, ni dans une chambre froide. Sans pouvoir estimer approximativement l'endroit où il git allongé, un doute palpable le maintient au sol. Et l'instant d'après, il est face à une fenêtre. Il voit son reflet, et il hurle à la mort.

    «  Pas un loup-garou. Pas un loup-garou! »

    Des larmes de rage coulent sur son pelage. Ses mains griffues écorchent son propre visage. Il se lacère, se violente. Mais il est à nouveau sur le sol, le visage de sa mère au-dessus de lui, en pleure, qui le colle par terre. Ses frères, qui lui lient pieds et mains, tandis qu'il hurle à la mort et se débat.
    Il est face à la fenêtre. Il fait noir dans la salle.
    De la cuisine, ses frères et sa mère arrivent, portant un gâteau d'anniversaire où est écrit en chocolat « Joyeux Anniversaire Seth ». Mais la vitre se brise, le vent s'engouffre. Il fait si froid, ce treize novembre là.
    Le gâteau, sur le sol, maintient en son sein l'emprunte d'une patte de loup, et quelques gouttes de sang comme décoration.

    «  Non! »

    Le vent souffle sur Swelty.

    « Professeur, vous étiez… »

    Est-ce le présent, cette fois? Seth ne sait plus. Il halète. Comme il y a des années, son torse se soulève, ses cheveux tombent sur ses épaules, et il se demande s'il s'est transformé. Ses mains sont celles d'un homme, sa mâchoire ne fait plus mal. Ses vêtements, eux, semblent être restés intacts. Mais la sensation. Cela suffit à le rendre soudain si misérable, dans des habits qui lui donnent l'impression de n'être rien d'autre qu'une bête sauvage déguisée en humain. Il voudrait rire, mais la chaleur infecte qui engourdit son corps le pousse juste à respirer plus fort, à retenir des râles de rage. Soudainement, il plaque ses paumes sur son visage. Est-ce qu'il a vu? Est-ce qu'il a comprit? Le plus grave réside en cela.
    Il ne voit pas le Gamin, au loin. Ni l'écharpe de Dawn, qu'il serre contre son visage, après l'avoir rattrapée, il y a, semble-t-il, des éternités de cela.

    « Tu...Qu'as-tu vu? »
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Jeu 12 Mai - 9:05

[ Désolée pour ce post confus >< ]




    Des mondes qui jamais ne semblaient devoir se mélanger, des mondes que l'on prendrait soin d'écarter l'un de l'autre, avec attention, sans jamais relâcher cette vigilance à qui l'on doit tout. Si les mondes se mélangeaient ? Non - le pire. S'ils se séparaient pour de bon ? Dawn en face de Seth, c'est un peu cela. Ce corps fin recroquevillé dans une écharpe qui regarde ce corps grand trembler en face de lui, et puis la barrière qui reste entre eux, vacillera, vacillera pas.

    L'adolescent regardait son professeur et tout ce qui les séparait les séparait plus que jamais. Leurs âges, d'abord - inconsciemment peut-être, Dawn se méfiait de cet adulte. Le dernier adulte à qui il s'était attaché avait cédé sous le poids de sa vie, et l'enfant, si jeune, si jeune, avait été écrasé par la prise de conscience : vieillir comme un naufrage, et Joshua s'était embarqué pour la mort. C'était un naufrage puisqu'il était mort, et Dawn resté au port avait regardé comme une furieuse évidence cette fuite en avant. La méfiance fondée sur cette même parfaite évidence : lorsqu'il avait l'âge de Dawn, Thacker était encore vivant. Plus maintenant. Avoir cet âge était donc mauvais et Dawn ne fréquenterait plus de professeur, ne s'attacherait plus à leur chaleur protectrice. C'était un leurre désopilant qui se démasquait tout seul très vite, et au final on se retrouvait toujours sans rien.
    Le raisonnement était bancal. Dawn leva les yeux, regarda l'homme - Seth. Quelle était donc la barrière suivante ? Rien de particulier - juste cette différence naturelle qui sépare la noirceur et l'écarlate, qui sépare les différentes sortes de tortures.

    Pourtant ils avaient tous deux des ennemis à vaincre, et peut-être que la barrière vacillerait un peu, finalement. A cause de la douleur que Dawn avait vue, que Dawn avait ressentie. C'était violent comme un coup de poing ou de griffe, comme un gâteau d'anniversaire gâché. Et son cœur se serra, longuement, à cause du gâteau d'anniversaire - c'était cela le plus triste, ce gâteau d'anniversaire.
    Ses mains se desserrèrent, glissèrent, se joignirent près de son cœur, tandis qu'il regardait Seth avec des yeux comme changés, et puis il pleura. Pas sur lui-même, pour la première fois, mais sur cet homme qui avait eu tellement peur, qui avait ressenti tout à coup une telle colère et un tel désespoir, les joues rougies se teintaient de larmes et il ne détournait plus les yeux.
    De la pitié, peut-être. Un sentiment un peu sale, détestable aussi peut-être, cette pitié dans les yeux de Dawn. On l’appellerait compassion pour ne pas blesser l'orgueil de l'autre, mais ce serait toujours la même chose. Le jeune garçon n'avait pas compris, pourtant, la véritable nature de ce qu'il avait vu. Le souvenir était celui d'un enfant transformé en loup, et lui n'y voyait qu'un affrontement sans espoir contre une créature terrifiante. Il ne se trompait pas tant, finalement. Mais l'affrontement n'était pas celui qu'il croyait. Pourquoi cette haine, alors, cette douleur indicible comme une trahison, cette fureur et ce dégoût de soi ? Pourquoi la pitié qu'il ressentait dès lors que ses yeux se posaient sur Seth ?

    "Je vous ai vu avec un loup-garou."

    Le charme, une nouvelle fois, se rompit. A cause de la voix, peut-être, ce retour à la réalité par les sons, Dawn s'extirpa du souvenir qui lui avait été imposé, pour revenir dans sa propre réalité. Alors Ezekiel, lui aussi, avait ses fantômes, ses monstres plutôt. Il lui sembla, un instant, vaciller lui aussi, comme la barrière avait semblé vaciller quelques secondes à peine, si fragile.

    "Vous aviez..."

    Quoi ? Peur ? De la haine ? Du désespoir ? Il ne comprenait pas, ou si peu, et savait encore moins comment le dire. L'ignorance, également, de la raison pour laquelle le professeur semblait si hagard, tout à coup, comme un halluciné, ou quelqu'un qui vient de voir son regarder son pire cauchemar dans les yeux.

    "Vous avez peur ?"

    Parmi les multiples Dawn, voilà l'enfant qui se reprochait de n'avoir pas sauvé Joshua. Le décor était différent, pourtant, cette nuit-là, de l'autre, de ce matin où il s'était réveillé tout seul dans un grand lit.

    You say there are monsters under your bed.
    You are under my bed.



    Et puis étrangement il avait moins froid que ce matin-là, concentré qu'il était, sans doute en était-ce la cause, sur ce professeur qui devenait soudain si étrange, avec son visage à demi dévoré par ses paumes qui semblent chercher à le cacher, à le faire disparaître, à le manger tout entier.
    Le gamin, si petit tout à coup, s'avança, pour poser ses si petites mains tout à coup sur celles, si grandes tout à coup, de l'homme. Qui paraissait grand, lui aussi, mais brisé, tout à coup. Les mains posées sur celles qui voulaient dévorer son visage, pour cacher sa peur peut-être. La peau lui parut brûlante, et il retira ses doigts ; ça n'aurait duré qu'un instant. Mon dieu que c'est désagréable, ce Dawnie romanesque qui observe l'autre avec ses grands yeux clairs plein d'innocence. C'est lui-même pourtant qui déteste cette façon qu'a Seth de le regarder, comme Joshua le regardait, comme s'il était un ange ou il ne sait trop quoi de pur et de beau.
    Cela ne dura qu'un instant et il recula, une légère moue contrariée aux lèvres.
    Un silence. Il s'apprêta à dire quelque chose, se ravisa. Beaucoup de possibilités s'offraient à lui. Je n'ai rien vu dont vous puissiez avoir peur. Je n'ai pas compris ce que j'ai vu. Je ne trahirai aucun secret parce que je ne connais aucun secret. N'ayez pas peur.

    Et cessez de me regarder avec ces yeux torturés.

    Il haussa les épaules, ses prunelles rivées à un point sur le sol un peu derrière Seth, pour éviter de le voir. Que pouvait-il bien dire d'autre ?

    "Ne vous en faites pas."


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Seth Ezekiel
Prof. Sortilèges et EnchantementsProf. Sortilèges et Enchantements
MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Ven 7 Oct - 10:00


    C'est le silence qui prime, ou qui devrait primer. Car il ne le fait pas, en vérité. Il est brisé chaque instant par les respirations hachurées du professeur assis sur un balais qu'il ne prend même pas la peine de stabiliser. Le silence qui est brisé, entrecoupé de froissement, du visage qui profite de cette laine brûlante pour s'y réfugier, s'y cacher, s'y perdre.
    Seth est là, gamin paumé au milieu d'un lit, au milieu d'une chambre, en face d'un placard ouvert d'où sort une main griffue, poilue, ensanglantée et oh! si semblable à la sienne.
    Sa propre main qui secoue son visage sans comprendre qu'ils font partie de cette même unité, ce tout, ce corps, et qu'à part se tuer, se briser, il n'y a rien de bon à se cacher entre ses propres mains.

    Alors il relève la tête, yeux fermés, bouche tremblante et tordue toujours honteusement voilée par l'écharpe, alliée de toutes les peurs et de tous les mutismes.


    « Je vous ai vu avec un loup-garou ».

    Sans retirer le masque face à ses lèvres, l'homme crispe les mâchoires. Avec un loup-garou? Pourquoi n'a-t-il pas dit "en loup-garou"?
    A-t-il vu la même chose que Seth avait ressenti? Les images étaient apparues dans le même ordre, plus fines, précises, ou moins? Avec un Loup-Garou. Et il n'y avait rien à répondre à cela, car c'était si faux et si vrai à la fois.


    « Vous aviez...»

    Les bras de Seth n'ont plus assez de force. Ils retombent, avec l'écharpe en tant que gants, cachant ses griffes pointues à la vue du petit enfant terrifié. Qui pleure, qui sanglote et qui rend à présent l'homme si pauvre et vieux. Si fatigué de cette courte nuit.

    « Vous avez peur ? »

    Les mains sont basses, s'appuient sur le balais, serrent davantage la laine lâche qui ne se déchire pas, malgré la force appliquée par les doigts du professeur. Il n'y a pas de griffes, pas de sang sur celles-ci, juste des ongles courts et noircis par la boue.
    Peur?
    Mais Seth relève doucement la tête, observant les larmes couler sur les joues du petit garçon qui lui rappelle étrangement l'un de ses frères, ce jour-là. Peur? Mais pour qui? Pour sa propre vie, ou bien pour celle de ceux qu'il n'a cessé d'aimer, même lorsqu'il n'était plus rien que cette immonde créature...

    Puis il y a ce contact, cette main froide qui frôle la sienne, brûlante et tremblante. Ce contact qui se brise aussitôt, qui s'excuse, qui s'en veut, qui ne recommencera plus, c'est promis. Le professeur cligne des yeux. Ses doigts se calent dans les mailles de la laine, volent l'infime caresse qui le rassura, si vite, si profondément. Comme le murmure d'une mère dans votre oreille lorsque vous n'êtes plus rien.
    Plus rien qu'un loup-garou qui personne n'a vu ce soir, sauf vous.


    « Toujours. Tous les soirs, Dawn. Est-ce qu'il te manque? »

    Il relève son regard, aussi vite que ses mains qui s'attardent et s'appliquent, encore. Elles s'évertuent à s'enrouler autour de celles de l'enfant, avec la laine, sans qu'il y ait de frôlement. Elles réchauffent, enlaçant le paquet de laine qui lui-même enlace les mains de l'enfant qui pleure, et qui ne doit plus.
    Cet homme aux cheveux rouges, était-il son frère, son père, quelqu'un de sa famille?
    Il quitte l'écharpe, s'approche du cou, redresse la cape, resserre le col autour de celui-ci, blottis l'enfant comme une mère le ferait pour ne plus qu'il pleure l'être aimé et disparu.

    Mais il reste un peu de cette poussière argentée et invisible, que Seth inspire à pleine bouffée, avec les souvenirs qu'elle impose, les douleurs qu'elle réveille comme un marche sur la queue du chat qui dort pour l'entendre hurler à vos oreilles.

    C'est une voix douce, rocailleuse d'avoir trop fumée, cristalline d'être restée enfant, lente de s'être trop tue. C'est la voix de ce fantôme flamboyant, aux yeux verts émeraudes, des joyaux et Seth n'est pas le seul à l'avoir pensé, il le sait. C'est la voix d'outre-tombe de ce mec qui revient, assis sur une rocking-chair chair, assis sur ses propres vêtements. Qui regarde à peine le bouquin qu'il tient dans les mains, car il n'y a rien d'écrit, juste des photos, des photos qui s'entassent, accrochées ou non, collées ou pas, petites, grandes, ratées, des photos de lui et d'autres.
    Il parle. Et il parle lentement, doucement, guettant les respirations de l'enfant à qui il raconte cette histoire qui raisonne haut et fort, prolongé par une voix d'ici.


    « Dans ses rêves, il y avait quelqu'un. Une personne, une ombre silencieuse et muette qui lui tendait la main. Il refusait tous les soirs de la prendre...»

    Et Seth se tu, hébété.

    Tu es sur l'une des photos. Tu tends une baguette, prolongement de ton bras, et tu lances un sort avec le sourire. Il a dû te l'apprendre, tu es fier, celui qui prend cette photo l'est aussi.
    C'est ce qu'il voudrait pouvoir dire à Dawn, mais ce n'est toujours pas sa voix qu'il entend raisonner dans sa tête, et c'est assez terrible. Il a l'impression, à nouveau, d'être quelque chose d'autre. Pas lui. Pas un monstre. Quelque chose de bien pire, réellement plus terrible que tout ce qu'il connait et lui fait peur. Et il a envie que ça s'arrête, qu'il puisse s'allonger dans son lit, serrer quelqu'un dans ses bras et que tout cela s'arrête oui, net.
    Alors seulement, l'image s'efface de ses pensées, comme celles qu'il avait vu, avant. Lui, le monstre, Dawn endormi, l'homme inconnu, les photos, les mots de l'histoire, tout s'arrête, la poussière brille en atteignant le sol.
    Ainsi finit l'enchantement du Gamin, ainsi se resserre la boule dans l'estomac de Seth.
    Ainsi s'arrête ce mélange des deux mondes, le vacillement d'une barrière qui s'écrase avec les poussières sur le sol et qui redonne un léger sourire à Seth, perdu.


    « Tes souvenirs me font plus mal que les miens. Partage les, Dawn. Il est hors de question que tu sois seul à souffrir de cela. C'est lui, qui me l'a dit...»
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Ven 7 Oct - 21:59

    Ce sont ces mains, tout d'abord. Les vapeurs, encore, les gouttes presque de cette brume blanchâtre hésitent encore autour d'eux, prolongent l'instant, s'en vont peu à peu en laissant pourtant tout à coup cette dernière vision. Ce sont les mains de Seth.
    Dawn regardait ces mains, enfouies, cachées sous l'amoncellement de laine claire comme une tâche dans la nuit grise, et un instant il crut y voir une chevelure, blanche. Il détourna les yeux, précipitamment, pour fuir la chevelure dans laquelle il avait tant rêvé de glisser ses doigts, et puis la crispation des mains attira son regard comme une triste fascination. De nouvelles images s'imposaient à lui, se mêlaient presque à ses propres souvenirs, un placard et puis une main qui en sortait, qui menaçait, la terreur de cette main. Ses yeux d'un bleu vert trop pâle se teintèrent de panique - l'empathie durait légèrement trop peut-être. Ce sentiment qui vous fait hurler, supplier pour que tout se passe autrement, pour que le passé soit changé et le futur modifié, une sorte de désespoir parce que l'on sait, parce que Seth sait, qu'après tout on n'a pas plusieurs chances, voilà, c'est tout. Cela s'est passé. Cela s'était passé et Dawn gardait les yeux grands ouverts sur cette vision qui avait hanté son professeur, comme une révélation de la douleur de l'autre, et lui aussi tout à coup souhaitait, suppliait pour que le passé change, que ce reflet, que ces mains n'apparaissent pas.

    Du rêve de Seth ce fut la voix de Seth qui le tira. Il sursauta - violemment, comme tiré d'une somnolence douloureuse, releva les yeux vers lui.

    « Toujours. Tous les soirs, Dawn. »

    Ce n'était pas un cauchemar ; c'était une torture. Ce genre de torture insidieuse qui nous prend, lentement, qui s'insinue dans votre ventre, tout au fond, et s'y cache le jour, et n'y revient qu'au crépuscule, au crépuscule, au crépuscule, son crépuscule. L'aube ferma les yeux pour chasser la pensée et l'obsession. Les mains griffues, monstrueuses, les mains de cette créature qui n'était plus qu'à moitié humaine. Et pourtant le désespoir, lui, était bien humain. Et la douce résignation du professeur, si humain, oui, à cet instant, toujours, tous les soirs, la douceur de son nom prononcé, comme simplement une constatation, et si triste. Dawn resta silencieux, comme pour se recueillir peut-être, un court instant, avant que les mots suivants ne le figent.

    « Est-ce qu'il te manque? »

    Il releva les yeux vers lui. Tout à coup son regard était incrédule - il ne comprenait pas ; Seth aussi avait vu, cela, ce souvenir. Il ne pouvait pas en douter, il, Joshua. Il détourna les yeux sans répondre ; étrangement ç'aurait été cette même réaction si l'homme aux cheveux d'écarlate lui avait demandé lui-même s'il lui manquait, une pudeur d'enfant qui boude, qui refuse d'avouer qu'oui, qu'horriblement. La réserve était idiote ; il avait un trou dans le cœur. Il maudit la brume, lui qui aurait voulu garder pour lui, jalousement, ce secret qui nourrissait son dégoût pour ce professeur aux cheveux d'obsidienne. Il était comme rappelé tout à coup à sa propre conscience - dans son égoïsme avoir pitié des autres le privait de sa mémoire. Le souvenir de Seth lui perçait le ventre et Joshua lui perçait le cœur, une douleur aiguë, perpétuelle d'abord, qui s'était faite plus mince, comme une lame qui s'acère et qui s'amère, qui gagne en précision.
    Les mains le touchèrent et les yeux détournés se fixèrent à nouveau. Ses lèvres en demeurèrent entrouvertes, comme par la surprise. Le contact lui semblait incongru, comme s'il avait voulu tout faire pour l'éviter, et pourtant ces mains lui paraissaient étrangement chaudes, douces aussi. Il ne bougea pas d'un cil, se laissa faire. Un peu de chaleur autour de son cou, sur son menton. Il ne dit pas un mot, accepta simplement de se laisser réconforter comme un gamin buté qui ne reconnaîtra pas son chagrin, devant le seul, le seul à qui il veut le cacher. Parce qu'il avait toujours cette impression, détestable, ce lien confus qu'il ressentait entre Seth et Joshua. Un frisson, comme une intuition trop floue pour la discerner vraiment. La voix le glaça d'un espoir soudain. Était-il possible...?

    « Dans ses rêves, il y avait quelqu'un. Une personne, une ombre silencieuse et muette qui lui tendait la main. Il refusait tous les soirs de la prendre...»

    Le gamin, fier et buté comme un caïd de cour de récré, resta silencieux, obstinément, cacha le brouillard de larmes qui obscurcissait ses prunelles. Dans ses rêves il y avait quelqu'un - son secret, confié à Joshua, et puis la voix de Seth à présent, étonnamment rocailleuse comme celle de quelqu'un qui fume trop, qui a trop vécu, quelqu'un dont la voix s'est abîmée aux côtés d'une mort un peu trop amoureuse, caressante, comme si les cordes vocales s'étaient un peu maculées de la poussière de la tombe. C'était la voix de Joshua et Dawn pleurait. La voix de Joshua derrière la voix de Seth.

    Une dernière fois l'odeur suave de la brume mêla ses souvenirs à ceux de son professeur, son horreur, les sanglots, les épaules secouées de désespoir. Dawn maudit, confusément, le Gamin, et ses sortilèges qui avaient bouleversé si profondément ces deux êtres paumés dans un labyrinthe qui ne les épargnait pas, qui ne cessait plus de les éprouver. Les mains brunes aux longues griffes redevinrent ces mains blanches aux ongles courts, et l'adolescent comprit. Son regard se leva vers le loup-garou, ce regard que Joshua appelait d'ange, et un instant il voulut se blottir dans les bras du professeur. Cela s'arrêta, cela laissa l'adolescent les yeux baissés, le souffle légèrement court peut-être étouffé par l'écharpe lourde, et il en demeura statue. Seth au-dessus de lui souriait, et Dawn ne comprenait pas pourquoi.

    « Tes souvenirs me font plus mal que les miens. Partage les, Dawn. Il est hors de question que tu sois seul à souffrir de cela. C'est lui, qui me l'a dit... »

    « C'était Joshua. »

    C'était simple, et tout se résumait à cela - c'était Joshua.


    There's a ghost on the horizon
    When I go to bed
    _____________

    There's a man on the horizon
    Wish that I'd go to bed
    ______________

    Hope there's someone
    Who'll set my heart free
    Nice to hold when I'm tired


    Il y avait eu quelqu'un pour libérer son cœur, contre lequel il se blottissait lorsqu'il était épuisé.
    Où était-il à présent ? Ce cœur de Dawn, maltraité par son adolescence frivole et amoureuse, avait trouvé du répit auprès de cet homme. Ce n'était pas une relation amoureuse, c'était une relation d'amitié, de professeur à élève. C'était différent des relations que le jeune garçon connaissait, qui se soldaient par une délicieuse sensualité, Joshua était différent. Il aurait voulu le sauver.

    Si Seth avait vraiment entendu la voix de Joshua, si Joshua le lui avait vraiment dit. Points de suspension, hésitations, et puis Dawn s'avança, posa sa tête contre le torse du professeur, des professeurs. Sa joue sur la chaleur des battements de cœur. Ses mains entourèrent sa taille, un peu, pour le réconforter, pour le sauver comme il avait été incapable, du haut de ses quinze ridicules années, de sauver Joshua. Dawn ne savait sauver personne, mais il avait été incapable de comprendre la douleur de l'homme aux cheveux rouges, et il avait vu celle de l'homme aux cheveux noirs. Égoïstement il aurait voulu se racheter peut-être, le faire revenir, plus que tout.

    « Vous savez déjà tout, non ? »

    Il ne s'était pas écarté pour parler, avait parlé, simplement. Il avait envie de vomir, un peu, d'être ainsi blotti contre un fantôme à travers l'enlacement d'un vivant. Il semblait se retenir encore, retenir les débris de se briser à nouveau, entièrement, retenait lui-même ses souvenirs et aussi assurait à Seth son dégoût éternel et son soutien toujours. Il avait vu lui aussi, confusément, ils étaient là tous les deux, et c'était tout. Il fallait se tenir dans les bras l'un de l'autre pour résister encore et ne pas se briser. Ils étaient là tous les deux, et voilà.


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Seth Ezekiel
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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Jeu 15 Déc - 5:03


    « C'était Joshua. »

    Et visiblement, ce prénom n'était pas qu'une réponse simple et courte. Il était accompagné de toute une histoire que Seth avait entraperçue, par les souvenirs qui s'étaient échappés de la conscience du garçon.

    C'était bien plus qu'un prénom murmuré dans la nuit. C'était un homme, avec son histoire, ses déboires, ce qu'il avait sauvé et ce qu'il avait détruit. Autant de choses qui traversaient Dawn quand il parlait de cet homme que Seth n'avait pas connu. Est-ce qu'il aurait voulu en savoir plus? Peut-être pas. A vrai dire, ce qu'il avait vu lui suffisait largement, tant il avalait comme de la salive qui s'infiltrait en lui la peine qui suintait de Dawn.
    Sauf que si. Il aurait aimé pouvoir tourner les pages de l'album que l'homme regardait à peine. Il voulait s'arrêter sur chaque photo et demander à celui qui les avait faites ce que représentaient ces gens pour lui. Et il voulait lui montrer Dawn, dans le lit, et lui demander quelle était cette si forte magie qui l'avait rendu voleur de rêves, porteur de sommeil. Cette magie qui lui avait permis de lier une si forte et réelle amitié avec le gamin au regard de velours.
    Mais la réponse, visiblement, lui avait été donnée pendant ce court partage involontaire de souvenirs. Le front de Dawn, appuyé contre son torse, rassura le professeur.

    Il lui suffisait de ça, oui. Juste ce geste affectif. Pour comprendre que rien n'empêchait Dawn d'aimer son professeur, si ce n'était la mort. La mort qui le lui avait pris, son ami Joshua. Celle qui avait développé son voile noir autour de sa proie, et désigné à Seth, dans ce songe si réel, la place qu'il se devait de garder : celle de futur cible, et non celle de concurrent.

    « Vous savez déjà tout, non ? »

    Mais Seth fit un signe négatif de la tête. En fait, il ne savait rien. Ni le directeur ni les professeurs ne lui parlèrent jamais de la disparition de Joshua Thacker, près d'un an et demi auparavant. Personne ne lui souffla à l'oreille le fait qu'il soit très ressemblant à ce mort, ni même qu'il donnait cours à des élèves qui avaient eu à subir la perte de l’un de leurs enseignants.
    D'un autre côté, ce n'était qu'un professeur. Est-il possible de se prendre d'amitié pour ces gens que, durant toute la scolarité, l'on considère comme incompétents et inhumain? Joshua devait être un de ces professeurs particuliers, rares, appréciés. Ce que Seth aimerait devenir, si on lui en laisse l'occasion.

    On pourrait presque se dire qu'il n'a plus conscience de ce qu'il vient de vivre. Qu'il a oublié ses souvenirs, ceux du garçon, ceux du mort, mais ce n'est pas le cas. On pourrait penser qu'il est déjà passé à autre chose, que tout cela n'a fait que l'occuper un instant avant un délicat retour à la réalité. Mais la vérité est toute autre.
    Seth passe sa main dans les cheveux rouges du garçon, et c'est là aussi toute la différence. Si tout s'était passé normalement, il n'aurait jamais eu l'occasion de faire cela. Jamais. Pourtant le petit est dans ses bras, sur son balais, dans son écharpe, et tout va bien.

    « Si tu ne me racontes rien, je ne peux rien savoir, Dawn. »

    C’était un principe évident de la vie. On nait tous avec une part d’intuitif, et le reste, c’est de l’éducation, de l’apprentissage. Comme on comprend en y mettant la main que le feu brûle, ou que l’eau mouille. Comme on sait que la chaleur humaine ne peut nous tuer, ou qu’un coup de poing n’a rien d’amical.

    Quand on ne nous dit rien, on ne comprend rien. C’était peut-être différent pour d’autres, mais Seth était comme ça. Il lui fallait entendre la vérité pour la vivre, recevoir le mensonge en pleine face pour le subir. Il était ainsi, on ne le changerait plus, quand bien même de nombreuses personnes avaient essayé avant Dawn.
    Il en savait quelque chose et sous ses yeux, le visage d’un autre professeur se grava. Celui-là n’avait pas les cheveux rouges ni les yeux verts. Il était aussi sombre qu’un corbeau. Ses lèvres, deux plumes…

    Qu’il fallait oublier, effacer de sa mémoire. Qui sait si le gamin ne reviendrait pas montrer à Dawn des images qu’il ne devrait jamais voir. Ethan, ou la réelle forme du loup-garou. Tout cela devait rester secret, pour l’éternité. Et même s’il était ingrat de sa part d’écouter les secrets de Dawn sans dire les siens, il ne pouvait faire autrement. Pour le bien de Dawn et pour sa propre sauvegarde, il devait garder l’un et l’autre au plus profond de sa conscience. Et peut-être oublier Ethan, une fois pour toute.

    « Joshua. Qui était-il, pour toi ? Et…Quelle est cette histoire qu’il te racontait ? »

    C’était franc, mais il le fallait. Comme on tire sans douceur sur un sparadrap qui colle trop à la peau, ou quand on donne une gifle pour réveiller quelqu’un qui se serait évanoui. Car ce que le Gamin leur avait fait endurer relevait plus de la perte de conscience que d’autre chose. C’était comme leur faire boire un mélange de GHB après les avoir attachés à la même machine pour qu’ils échangent leur rêve. Une mauvaise expérience.
    Mais Dawn contre le torse de Seth, ça donnait une lueur d’espoir au second. Au fond, peut-être qu’il suffisait de cela pour qu’enfin l’élève daigne lui apporter le peu d’attention qu’il Le vent, pour sa part, tentait de s’imposer à nouveau dans le tableau. Il soufflait bas sur le terrain de quidditch, rappelant au professeur qu’il était là pour une toute autre chose, à la base. Il voulait se rappeler son passé, son talent, sa passion. Peut-être pourrait-il la montrer à quelqu’un, un jour. Et peut-être que quelqu’un le reconnaîtrait, lui, la nouvelle et vite oubliée vedette d’une équipe…

    Que le temps changeait vite.
    Et que la chaleur le réchauffait. Que ce silence l’apaisait. Il voyait dans les yeux de l’autre que la panique s’achevait, il sentait dans son corps que la paralysie lui rendait les commandes de ce qu’il était. Ce fut un frisson qui lui rendit pour de bon le droit de bouger, de remplir entièrement ses poumons d’un air saturé du parfum de Dawn qu’il rendait à la nature sous forme d’un nuage opaque.
    Les secrets qui se confiraient cette nuit seraient comme leurs soupirs. Visible un instant, libre une seconde. Puis ils s’envoleraient et personne ne les verrait plus jamais.
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Dawn Souless

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MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Mar 24 Jan - 23:13

    Il le détestait d'ignorer - il le détestait de tout ignorer et de sembler pourtant tout savoir, de s'approprier et de faire sortir par ses lèvres ce fantôme de voix, au son duquel Dawn s'était endormi un soir il y a longtemps. Il lui en voulait. Revenir ainsi sur ses traces, de façon si évidente, tenter de comprendre même - pourquoi ? Cela avait été évident à l'époque, pour Dawn ; lorsqu'il n'arrivait pas à dormir, il suffisait de s'envelopper dans une couette, d'aller voir Joshua. C'était facile. Ç’avait été facile cette nuit-là de traverser les couloirs en silence, avec seul derrière lui le bruissement parfois de la couette sur le sol, lorsqu'il ne parvenait plus à la retenir autour de lui. Ç’avait été facile parce qu'il lui suffisait de savoir que Joshua serait éveillé, jouerait du violon, qu'il n'aurait qu'à entrer. La peur de déranger ne lui semblait plus qu'une délicate politesse, un recours de dernière minute pour justifier son égoïsme. Pour rien au monde il n'aurait voulu ne pas être avec lui cette nuit-là ; pour rien au monde il n'avait voulu être celui qui avait partagé ses derniers instants. Comment avait-il pu s'endormir ?
    Dawn détestait Seth parce que le professeur lui rappelait tous ses regrets de cette nuit-là ; il lui rappelait qu'il se détestait. Et il en voulait à Joshua, aussi, confusément, avec cette honte de haïr ceux qui sont morts. Peut-être aussi ne comprenait-il pas, pas encore, pas avant d'avoir retrouvé cette silhouette couronnée de pourpre dans un cimetière non loin de là, pourquoi Joshua l'avait choisi lui, avait choisi cette nuit pour partir, et se rappeler à sa vieille amie.
    Une main glissait dans ses cheveux. Ce jour-là ces bras qui l'entouraient. Pourquoi n'a-t-il rien vu ? Pourquoi a-t-il été si égoïste ? Est-ce que Joshua a vraiment compris - est-ce qu'il a compris, quand Dawn a murmuré qu'il ne se préoccupait pas du devenir de cet idiot professeur que l'homme venait de chasser, que c'était pour Joshua et non cet autre que le garçon s'inquiétait ? Il aurait dû insister - il aurait dû lui parler, lui demander, lui dire qu'il ne voulait pas qu'il parte. Lui ne voulait pas que ce soit du sable, ni même poussière, que les os de l'homme fondent peu à peu au fond d'un trou sans lumière. Joshua aurait dû être immortel, Joshua aurait dû être inattaquable, inextinguible comme un feu sans fin.
    Tout le monde n'a pas la chance d'être maudit des dieux.

    « Si tu ne me racontes rien, je ne peux rien savoir, Dawn. Joshua. Qui était-il, pour toi ? Et…Quelle est cette histoire qu’il te racontait ? »

    Pour Seth, c'était une autre forme de malédiction ; et Dawn releva tout à coup la tête vers lui, s'écarta, juste un peu, assez pour le regarder. Et il restait près de lui pourtant, assez pour sentir encore la chaleur qui émanait de lui, s'y réchauffer peu à peu comme l'on sent la vie revenir dans un corps endormi. Quelque chose tout à coup changeait dans le regard de l'étranger, puisqu'après tout pour Dawn Seth n'était plus que cela, un homme qui lui était étranger, quelque chose s'y modifiait et s'y perdait dans le passé. Le jeune garçon secoua la tête, doucement, fit valser ses mèches rouges un peu dans les tourments de l'écharpe blanche.

    « Je ne veux rien vous dire. »

    La voix était basse, le regard un peu grave aussi, comme l'on raisonne un adulte qui se blesse pour rien. Il pencha un peu la tête en arrière, un sourire sur ses lèvres, peut-être amer, peut-être doux aussi un peu, peut-être triste. Dire les choses... Dire les choses avait toujours été dangereux - au commencement était le Verbe. Il n'y avait rien auparavant, car le Verbe était créateur d'existence ; peut-être que s'il le taisait, il pourrait étouffer encore sa tristesse, sa douleur, la silhouette qui revenait dans ses rêves, sa rancune envers eux aussi. Il s'était approché pourtant de la formulation comme s'il s'était approché d'un gouffre, et à présent il reculait, pour éviter d'y tomber, après avoir longuement regardé dans le vide. Le vertige l'avait pris, et il reculait, se rattrapait. La vie de Dawn était une valse ; les pas ne se suivaient pas, s'alternaient, se reprenaient, tournaient en cercle. Il se détournait, une fois de plus, évitait, par lâcheté. Toutes les lignes du monde n'y feraient rien - ce n'était que de la lâcheté.
    Il voulait aussi comprendre. Seth avait ces ombres dans ses yeux, et Dawn avait vu aussi sa terreur, son désespoir, puissant, cette sensation de finitude qui l'avait étreint tout entier. Le sourire s'attardait sur ses lèvres, soigneusement, comme avec application. Il s'écarta un peu, retrouva le vide immense du terrain de Quidditch, le vertige du bord du ravin. Il aurait vacillé - son regard se posa sur le professeur qui lui faisait face.

    « Je dois tout vous dire et vous ne dites rien... Ce n'est pas juste. »

    Tout alors se résumait à C'était Joshua - car Seth avait raison : c'était tout. Il l'aurait sans doute détesté plus encore s'il avait été au courant de tout, et il se serait détesté s'il avait partagé avec quelqu'autre le secret de ce qui s'était dit cette nuit-là. C'était sacré.
    Le garçon s'assit sur le sol froid, frissonna un peu en sentant l'humidité sous lui, et releva la tête vers son aîné.

    « On a pas mal de temps avant l'aube, professeur. Vous pouvez me raconter tout ce que vous voulez. »

    Il avait placé sur le mot "professeur" une légère emphase, comme une infime moquerie - comme si, après cette nuit, après cet échange détestable, il n'y avait plus qu'à attendre simplement le retour à la normale. Et il n'y avait sans doute, en effet, plus qu'à l'attendre. Il replia ses genoux, croisa les bras sur eux pour y appuyer sa joue.
    Peut-être se raviserait-il dans quelques minutes, dans quelques heures ou quelques jours, plus aussi peut-être, et parlerait-il de Joshua à cet héritier qui lui était si étranger. Mais il revoyait pour l'instant ces regrets dans les yeux dont le bleu semblait singulièrement assombris ; il gardait le silence.

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Seth Ezekiel
Prof. Sortilèges et EnchantementsProf. Sortilèges et Enchantements
MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Mer 25 Jan - 6:49

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    « Humph ».

    Ou le soupir que la nuit froide vous arrache, elle et le refus de conversation d'un p'tit gars dont la langue s'était pourtant déliée, doucement c'est vrai, peu à peu, il l'accorde, mais déliée tout de même.
    Ce petit soupir, et le haussement d'épaule qui s'en suit, signe que Seth est las, qu'il n'arrive pas à suivre les vas et viens, les sauts et soubresauts d'un garçon aux humeurs changeantes. C'était ainsi, s'il n'y comprenait rien et qu'on ne prenait pas la peine de lui expliquer quoique ce soit, il resterait tardivement dans cette nuit trop noire, perché trop loin au-dessus du sol, l'air trop absent pour que cela soit réel.

    Mais cela tenait trop de l'impatience, il en avait vaguement conscience. On ne peut converser avec qui ne sait parler, on ne peut s'approcher de qui s’en va. Etait-il seulement question d'envie? Sous ses paupières, Seth souriait.

    Vous a-t-on déjà parlé du grand méchant loup?
    On lui avait posé la question, un jour. L'attitude de Dawn, en cet instant, était la même que celle de cette fille, il y a longtemps, qui le regardait dans la bibliothèque avec son sourire mi-figue mi-raisin.
    Le livre qu'elle avait posé sur la table, sous le nez de Seth, voulez dire qu'elle savait mieux qu'il ne saurait jamais.
    Le problème était seulement que l'histoire se répétait, encore et encore.

    « Je dois tout vous dire et vous ne dites rien... Ce n'est pas juste. »

    Seth posa ses pieds sur le sol, pour de bon, encré pour ne pas avoir à tomber, bien qu'il resta assis sur le manche du balais, les mains étroitement serrées au bois vernis qui, sous le ciel sombre, paraissait briller comme les multiples éclats dans les yeux de Seth.

    « On a pas mal de temps avant l'aube, professeur. Vous pouvez me raconter tout ce que vous voulez. »

    C'était une phrase presque identique qui avait fait naître, sur les lèvres de Seth, le sourire qu'il gardait encore en ce moment. Ce bon vieux sourire omniprésent, incassable, intraitable, inébranlable, se sourire si sincère et pourtant si vide de sentiments en cet instant. Les habitudes ont la vie longue. Cette petite intonation sur le mot qui désignait son statut, cet air narquois de défit perpétuel, et cette sensation pourtant si réelle que l'autre n'a pas tant envie de savoir, ou plutôt de comprendre ce qu'il a vu.

    « Dis, Dawn. Peux-tu essayer de me croire, si je te dis que j'ai toujours peur du grand méchant loup, et ça depuis ce fameux jour que tu m'as vu vivre? Peux-tu m'appeler par mon prénom, maintenant que tu sais que je suis toujours un gosse traumatisé? »

    Enfant. Ou le mot qui se lisait si bien sur Seth et dans le moindre de ses faits et gestes. Comment Dawn avait-il pu manquer ce détail, ce petit plus qui provoquait une telle ressemblance entre le professeur mort et celui qui, là, sur son balais, semble peiner à s'endormir le soir sans une veilleuse? C'était là l'unique point commun, finalement.
    Enfant. Ils l'étaient, l'un comme l'autre, Joshua avec son violon et ses airs de gosse constamment perdu et abandonné, et Seth, sous son air joyeux bambin, qui cache des peurs incroyable derrière son masque souriant.

    « Tu veux que je te le raconte, n’est-ce pas ? Pourquoi il était là, ce loup-garou. Pourquoi j’étais plaqué au sol, pourquoi le gâteau, pourquoi les bougies, pourquoi j’ai la voix qui tremble quand j’en parle et pourquoi, si soudainement, j’ai refermé ma main sur mon talisman en parlant ? »

    Et c’était le cas. Sa main droite, gantée, étoilée par ce gant qui était de fabrication ancienne mais qui n’était qu’une preuve, elle aussi, de l’astre qu’il avait été s’était refermée comme un piège à loup sur ce collier que le professeur gardait caché chaque jour sous ses pulls. Seul le lacet dépassait, comme en cet instant, le petit bout de bois enfermé, caché dans sa main tremblante.

    Et son regard qui s’ancre dans celui de Dawn. A quoi bon garder ce secret de polichinelle si Dawn a déjà tout vu ? Mentir ? C’était peut-être presque aussi atroce que de devoir boire cette immonde potion chaque jour que Dieu fait.
    Sa voix tremblait, même en énonçant ce fait il ne pouvait s’en empêcher.

    « J’ai eu quatorze ans, ce fameux jour. D’où le gâteau, d’où la présence de mes frères que tu as peut-être pu apercevoir, je ne sais pas. D’où la joie de ma mère, la gaité de la soirée à venir. J’ai eu quatorze ans, et mes frères, alors que je n’avais pas encore soufflé la bougie, ont dû se ruer sur moi, m’écarter de ma mère que j’allais peut-être tuer. M’écarter de cette vitre où tu as cru voir un loup-garou, mais qui n’était qu’un reflet, Dawn. Un reflet de moi, prêt à fracasser ces vulgaires bouts de verres pour me faufiler vers la forêt et rejoindre les miens qui m’appelaient. Quatorze ans, et nuit de pleine lune, et père absent parce qu’il se sentait coupable de m’avoir transmis son sang qui fait de moi ce que je suis, et de ce talisman ta seule protection. »

    Le tout, c’était de dire les mots vite, de ne pas s’arrêter pour réfléchir, de raconter les images comme ils les avaient vues tous les deux, au même instant, alors qu’elles étaient si lointaine dans le temps.
    Il y avait tant d’années maintenant, que cela n’était plus arrivé, si bien que des fois, en regardant cette potion qu’il lui arrive trop souvent de tenir en main, Seth se demande s’il n’a pas juste rêvé, si ce tatouage dans son dos a une quelconque réelle utilité, si son talisman n’est pas juste un pendentif comme un autre, si tout est vrai, ou faux.

    « Et toi, Dawn, as-tu peur du grand méchant loup, maintenant ? »

    La question, même elle, tremble encore, comme ses lèvres qui sourient encore, qui n’ont pourtant aucune raison de le faire.
    Il regarde le gamin, avec un air de défit qui tient plus de Dawn que de lui-même, juste une façade qui donne un peu de courage, qui lui donne l’air de savoir ce qu’il dit.

    « Ce n’est arrivé qu’une fois, si tu veux savoir. Joshua et moi, nous t’avons tous les deux racontés un secret. C’est le sentiment que j’ai, maintenant que j’ai vu par ses yeux, ressenti comme il a ressenti. Je comprends pourquoi c’était toi, et personne d’autre, Dawn. »

    Dans tes yeux tremble la confiance, comme dans ma gorge tremble ma peur.
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Dawn Souless

Identifiant Joueur
Âge: Dix-neuf
Sexe: Je serais capitaine
Localisation: Ici
MessageSujet: Re: If it was you? - {Dawn & Seth} Mer 25 Jan - 8:27

    Il suffisait, à présent, de se laisser bercer. Son corps replié créait, juste un peu, cette infime impression de chaleur qui leur manquait, et il resserrait un peu ses genoux contre son torse, entourait ses jambes de ses bras, faisait glisser ses mains dans les manches de son pull pour les soustraire à l'air de la nuit. Ses doigts se pressaient, s'enserraient les uns contre les autres, tandis qu'il regardait Seth. L'homme, debout à ses côtés, devait avoir si froid - et pourtant il souriait. Il semblait à Dawn que son professeur, aussi bleu que Joshua avait été rouge, différemment des autres, de façon plus sombre, plus brûlante, n'était plus qu'à peine discernable sur ce fond de nuit. A cette heure les éclairages du terrain de Quidditch n'y pouvaient rien, et l'adolescent en était presque surpris lorsqu'il gardait son regard posé sur lui. Le soupir étira ses lèvres en un rire silencieux, moqueur peut-être, sans violence. Peut-être l'adolescent prenait-il plaisir à le tester, à tourner autour de lui sans cesse, à tenter de déterminer s'il valait cet héritage ou non, l'héritage de celui qu'il avait tant et tant respecté. Et, enfin, il parlait.

    Dawn avait peut-être autant souhaité entendre l'histoire de Seth que Seth avait désiré entendre l'histoire de Dawn - non, celle de Joshua. C'était bien différent ; Dawn n'avait été qu'une page, qu'une ligne sans doute dans l'histoire de cet homme, et lui-même n'avait pas lu l'ouvrage entier. Il ignorait d'ailleurs s'il aurait ou non souhaité le lire - il lui semblait encore alors qu'il n'était rien, presque rien, un de ces grains de ce sable qui tournoyaient autour de Joshua. Il écoutait l'histoire de l'autre, ses paroles déformées par l'incessant sourire qui ornait ses lèvres - ce sourire que Dawn regardait.

    « Dis, Dawn. Peux-tu essayer de me croire, si je te dis que j'ai toujours peur du grand méchant loup, et ça depuis ce fameux jour que tu m'as vu vivre? Peux-tu m'appeler par mon prénom, maintenant que tu sais que je suis toujours un gosse traumatisé ? »

    Fichu Gamin. A bien y réfléchir, ç’avait été désastreux, n'est-ce pas ? Et dans les yeux de Dawn tout à coup de nouveau il y avait de la méfiance, cette méfiance instinctive qui vous envahit lorsqu'un inconnu vous dit qu'il est semblable à vous, qu'il est quelqu'un que vous pouvez comprendre, qu'il ressent des choses qui ne vous sont pas, elles, inconnues.
    Un enfant. Ce n'était pas l'apanage des hommes, mais l'apanage de Dawn seul, cet enfant qui semblait fée parfois, qui s'abîmait aussi dans le plaisir des corps trop souvent pour la sauvegarde de sa vertu ; il semblait pur pourtant.
    C'était cela. Seth et Joshua également - ils avaient cette même pureté, cette étonnante innocence trompée identique dans le regard, malgré les tâches qu'ils portaient en eux. Joshua avait été plus maculé que Dawn ne saurait jamais l'être, et Seth était... Jamais pourtant on n'avait vu de prunelles si différentes ; la couleur n'avait rien à voir, pas plus que leurs lèvres, les lèvres de Seth, si promptes à sourires, les lèvres de Joshua, closes lorsqu'il jouait du violon. Leurs prénoms aussi étaient comme de saints ; issus de cette Bible à laquelle Dawn ne croyait pas, instinctivement, comme par sauvegarde. L'on refuse de croire à ce que l'on a toujours haï, depuis e début. Enfants.
    Un gosse traumatisé. Les yeux clairs quittèrent le sourire, remontèrent vers les yeux qui l'observaient - pourquoi Seth semblait-il si joyeux ? Qui avait-il de si horrible dans ce souvenir, qu'il doive se raccrocher à une grimace souriante pour le cacher ? Dawn en sixième année n'était pas un élève si doué, et le cours sur les loups-garous à coup sûr n'avait pas su éveiller son imagination, ni même son intérêt. Et lui n'avait pas su interpréter les signes.

    « Tu veux que je te le raconte, n’est-ce pas ? Pourquoi il était là, ce loup-garou. Pourquoi j’étais plaqué au sol, pourquoi le gâteau, pourquoi les bougies, pourquoi j’ai la voix qui tremble quand j’en parle et pourquoi, si soudainement, j’ai refermé ma main sur mon talisman en parlant ? »

    Étonnamment ce fut à cet instant, quelques secondes seulement avant que l'autre ne le lui dise, ne lui libère ce secret dans le vide du stade rempli d'eux seulement, que le garçon comprit. Ses lèvres s'entrouvrirent, et il se redressa, un peu, instinctivement, comme sous une volonté brusque. Il ne voulait plus qu'il le lui raconte, non - il ne voulait plus qu'il le lui dise, qu'il partage son secret, parce qu'il avait l'impression que derrière le sourire qui se figeait sur ses traits, Seth s'écroulerait un peu. Avec combien de personne avait-il déjà partagé son secret ? Quels étaient ceux qu'il avait choisi, pour qui s'était-il trahi ? Il n'y avait que des questions, et ce geste interrompu alors que Seth parlait encore.

    « J’ai eu quatorze ans, ce fameux jour. D’où le gâteau, d’où la présence de mes frères que tu as peut-être pu apercevoir, je ne sais pas. D’où la joie de ma mère, la gaité de la soirée à venir. »

    Dawn baissa les yeux, pour se soustraire peut-être à la douleur du souvenir. Il avait été là, spectateur, à la place de Seth, il avait ressenti le désespoir et la terreur, tous ces sentiments mêlés qu'il n'avait plus à discerner à présent que l'instant avait cessé, toute cette horreur - et pourtant cela commençait si bien, une fête d'enfant, de si jeune adolescent. A cette époque le garçon qui se brisait avait deux ans de moins que lui, et voilà - il se brisait.

    « J’ai eu quatorze ans, et mes frères, alors que je n’avais pas encore soufflé la bougie, ont dû se ruer sur moi, m’écarter de ma mère que j’allais peut-être tuer. »

    C'était d'une violence inouïe, ces mots tout à coup, cette simplicité avec laquelle il les prononçait, cette bonne grâce incongrue et feinte aussi peut-être, sans doute, le mot tuer. Dawn baissa les yeux, de nouveau, vers l'herbe, pour cacher son désarroi et ses yeux qui brillaient tout à coup un peu trop. La suite... La suite n'était qu'évidence, énoncé de faits qui allaient de soi. Toute l'atrocité de cette logique, prononcée sous un sourire tremblant.

    « M’écarter de cette vitre où tu as cru voir un loup-garou, mais qui n’était qu’un reflet, Dawn. Un reflet de moi, prêt à fracasser ces vulgaires bouts de verres pour me faufiler vers la forêt et rejoindre les miens qui m’appelaient. Quatorze ans, et nuit de pleine lune, et père absent parce qu’il se sentait coupable de m’avoir transmis son sang qui fait de moi ce que je suis, et de ce talisman ta seule protection. Et toi, Dawn, as-tu peur du grand méchant loup, maintenant ? »

    Il le regarda, redressa son regard pour l'observer. Il n'y avait aucune trace de rien dans ses yeux - l'attente, simplement, que l'homme termine son histoire, que le gamin achève sa confession.

    « Ce n’est arrivé qu’une fois, si tu veux savoir. Joshua et moi, nous t’avons tous les deux racontés un secret. C’est le sentiment que j’ai, maintenant que j’ai vu par ses yeux, ressenti comme il a ressenti. Je comprends pourquoi c’était toi, et personne d’autre, Dawn. »

    Il pâlit - cela ne se terminait pas comme il s'y serait attendu, même si, sans doute, il ignorait ce à quoi il aurait dû s'attendre. Il ne s'était attendu à rien, ou peut-être à tout sauf à cela. La voix les unifiait de nouveau comme un nous, et les joues de Dawn perdaient toute couleur, ce n'était plus que la chair blanche d'une pêche mordue. Il baissa la tête, cacha son visage entre les replis de son écharpe, pour échapper aux paroles qui trouaient son cœur, aussi sûrement, avec la même précision, qu'un chirurgien, qu'un loup-garou qui mord pour tuer. Dawn, lui, ne mourait pas. C'était injuste.

    T'es beau comme un cri silencieux, vaillant comme un métal précieux

    Il se leva, vacillant presque, audacieux aussi, car avec assez d'audace pour enlacer celui qui venait de lui avouer être un loup-garou. Il l'entourait de ses bras, se dressait sur la pointe de ses pieds, pour mieux protéger son grand corps d'homme fait, et son sourire qui tremblait, celui d'un enfant. Il s'écarta, au bout d'un instant, comme ayant oublié je ne sais quoi, sortit sa baguette magique qui ne lui revenait qu'à l'instant à l'esprit, et murmura un sort indistinct. Il l'avait appris en cours d'Enchantement, et c'était le même sort que celui qui animait les bougies flottantes dans la Grande Salle de Poudlard en Angleterre - une bougie, minuscule, flottait juste à côté d'eux, éclairait l'obscurité du stade à peine, comme un cadeau d'anniversaire, en retard de tant d'années.

    « J'ai pas peur, Seth. »

    Un coin de ses lèvres remonta, et son regard était posé sur la chandelle qui brûlait. Alors qu'il n'avait pas encore soufflé la bougie... La confiance, oui, dans ses yeux. Il ôta son écharpe, un peu, manqua de l'enflammer par maladresse, et soupira un peu de soulagement lorsqu'il se souvint que ce feu-là ne pouvait pas provoquer d'incendie. Et puis il la passa au cou du professeur, un peu, du garçon de quatorze ans.

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If it was you? - {Dawn & Seth}

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